Gestion des boues de vidange: Un nouveau départ, avec de nouvelles stations

Par Fulbert Adjimehossou,

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Station de traitement des boues de vidange de Kansounkpa

Bientôt, de nouvelles stations de traitement des boues de vidange (Stbv) seront fonctionnelles à Abomey-Calavi et Sèmè-Podji au profit du Grand Nokoué. Vidangeurs et société civile espèrent la fin des précarités et un nouveau départ avec le respect des normes.

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L’attente a été trop longue. Plus d’une décennie déjà que les vidangeurs espéraient de nouveaux trajets pour les eaux usées du Grand Nokoué, et des traitements plus sûrs. C’est enfin le cas. Wilfried Djimahloué est rassuré de l’annonce de la mise en service prochaine des deux stations modernes construites à Sèmè-Podji et à Abomey-Calavi. « C’est un soulagement. Nous avons souffert du manque de stations de traitement des boues de vidange dans le Grand Nokoué », rappelle le coordonnateur du Call Center Allo Vidange Bénin. En effet, depuis des décennies, Cotonou et Abomey-Calavi ne pouvaient vider leurs excreta que dans l’unique station de Sèmè-Podji qui, entretemps, a été confrontée à une surcharge et à l’érosion côtière. « Si vous vidangez une fosse à Godomey et que vous devez convoyer la matière à Sèmè-Podji sur l’unique station, c’est compliqué. Maintenant qu’il y a une station à Abomey-Calavi, on ne sera plus tenu de se rendre si loin. Le temps de transport est réduit. C’est en cela que la mise en service de ces deux stations viendra soulager nos peines », explique Wilfried Djimahloué. Cet acteur n’est pas le seul à se réjouir de ces infrastructures et de la nouvelle ère qui va s’ouvrir. « Si les réformes annoncées sont mises en place, le secteur de gestion des boues de vidange aura un nouveau visage d’ici un an », confie Albert Klotoe, président de l’Association des vidangeurs professionnels du Bénin.

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Modernes

A Abomey-Calavi, la station de traitement des boues de vidange s’étend sur près de 20 hectares à Kansounkpa. Fruit de la coopération allemande, c’est l’une des mesures prioritaires envisagées par le Plan directeur d’assainissement des eaux usées de Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Podji et Porto-Novo. L’’infrastructure a une capacité de 600 mètres cube/jour. La filière de traitement est structurée en trois grandes étapes : un dégrillage, un traitement primaire par lits de séchage plantés de macrophytes en deux dizaines de casiers, et un traitement secondaire des eaux usées par une série de lagunes. Tout ceci aboutira à un rejet strictement contrôlé et suivant les normes en vigueur, dans un exutoire, par voie de canalisation. Du côté de Sèmè-Podji, une autre station a été construite dans le cadre du Projet d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement des eaux usées urbaines (Peprau) sur financement de la Banque mondiale. Cette station est de nature à traiter une charge de plus de 500 mètres cubes par jour à l’horizon 2035. Une troisième station est en cours de construction à Parakou.

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Des attentes

La mise en service de ces Stbv est imminente. Lors du Conseil des ministres du 16 novembre 2022, le gouvernement a décidé de leur mise en affermage. « Il s’agit d’un partenariat public-privé faisant objet d’un cahier des charges précis. Ainsi, l’entreprise sélectionnée exploitera les stations en affermage contre redevances », renseigne le communiqué du Conseil des ministres. De leur côté, les acteurs espèrent être impliqués. « Il faut qu’on soit pris en compte dans le nouveau mécanisme en cours de déploiement. Nous voulons être associés aux réformes, ainsi avec le temps, s’il y a des insuffisances, on pourra ensemble les corriger», plaide Albert Klotoe, président de l’Association des vidangeurs professionnels du Bénin. Les vidangeurs veulent surtout que ces Stbv ne subissent pas le même sort que celle de Takon, au nord de Porto-Novo. « Nous espérons que ces stations seront bien gérées, bien entretenues et qu’elles recevront effectivement de la matière. De même, l’option de confier la gestion de ces stations à des fermiers est une bonne mesure. Nous espérons qu’il y aura un suivi à travers les cahiers des charges », martèle Wilfried Djimahloué.

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Plaidoyer des Osc

Le Cadre des acteurs non étatiques pour l’Eau et l’Assainissement (Canea) y voit de bons présages dans un contexte où le Bénin dispose d’une nouvelle loi sur l’hygiène publique. Ces Osc entendent oeuvrer pour que les
vidangeurs et les ménages se mettent au pas. «Nous faisons en sorte que les vidangeurs soient au courant des spécificités en cours, mais aussi des normes techniques et de sécurité à respecter au niveau des nouvelles stations de traitement des boues de vidange », souligne André Zogo, président du Canea. Des textes d’application, de même que la vulgarisation des dispositions et des réformes sont attendus. « Nous souhaitons plus de communication de la part des autorités. Il faut que tout le monde soit informé des exigences des nouvelles stations afin que chaque acteur puisse jouer son rôle », ajoute André Zogo qui espère que le secteur fasse sa mue et relève le défi de la valorisation des boues?