Gestion des collectivités locales: Les nouveaux édiles face aux défis de bonne gouvernance

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Finies les tractations et intrigues politiques. Les nouveaux conseils communaux font la dure mais exaltante expérience de la gestion des collectivités locales. A la faveur d’une tournée de prise de contact et de formation des maires et de leurs adjoints, le ministre en charge de la Gouvernance locale a mis un point d’honneur à leurs devoirs et responsabilités.

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« La baisse des revenus de nos communes, la complexité des règles de gestion, les sollicitations croissantes de nos administrés, le désarroi de certains de nos concitoyens face aux problèmes économiques sont autant de problèmes que les décideurs locaux doivent résoudre quotidiennement ». Cette déclaration de Taté Ouindéyama, maire de Natitingou et président en exercice de l’Association des communes de l’Atacora et de la Donga (Acad), témoigne de l’ampleur des défis qui incombent aux édiles de la Quatrième mandature de la décentralisation.
L’espérance et les attentes des populations pour le développement à la base sont grandes. La vision du développement des territoires doit s’aligner sur la dynamisation des administrations communales, les stratégies de mobilisation des ressources propres, l’appui à la promotion de l’économie locale, la réalisation et la répartition équitable d’infrastructures sociocommunautaires ainsi que l’ouverture des communes au monde extérieur, conçoit Lydie Déré Chabi Nah, préfet de l’Atacora.
Des enjeux qui appellent à l’esprit d’initiative et de responsabilité des nouvelles autorités locales pour constamment donner corps au principe de subsidiarité cher au secteur de la décentralisation et de la gouvernance locale. Les nouveaux maires qui n’ont pas le droit de décevoir leurs mandants semblent en avoir pleine conscience.

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Missions

Tout en rassurant de sa disponibilité et de celle des services de son département à accompagner les élus locaux, Alassane Séidou, ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale a saisi l’occasion de sa prise de contact avec les nouveaux élus pour insister sur les obligations qui sont les leurs dans leurs nouvelles charges. Le gouvernement compte sur les nouveaux maires, eux qui sont des relais incontournables afin que les actions de développement prospèrent et touchent la base, laisse-t-il entendre. Leur mission est d’une importance capitale pour la construction de la nation, en ce sens qu’ils sont les premières personnalités des communes, les responsables des conseils communaux et donc les chefs des administrations locales, explique-t-il.
Pour le ministre, toutes les actions des maires et de leurs adjoints doivent répondre à deux objectifs fondamentaux. Il précise : « Le premier, c’est de promouvoir la démocratie à la base : une démocratie inclusive et participative. Le second objectif, c’est de promouvoir le développement, satisfaire les besoins des populations, prendre et soutenir toutes les initiatives qui vont dans le sens de la création de la richesse et de la prospérité en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations ».
Pour réussir cette mission, les maires devront revoir la gouvernance. Celle qui était en place n’était « pas bonne », indique le ministre Alassane Séidou. Il appelle les tout nouveaux maires de l’ère du Nouveau départ à rompre avec les anciennes habitudes peu orthodoxes qui avaient cours dans les communes.

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Sous le signe de la bonne gouvernance

La nouvelle mandature des élus communaux est placée sous le signe de la bonne gouvernance, selon le ministre de la Décentralisation qui insiste sur la gouvernance politique, administrative, financière, participative ainsi que le genre.
Par rapport à la gouvernance politique et participative, les organes de prise de décision: conseil communal ou municipal, conseils d’arrondissement, conseils de village ou de quartier de ville doivent tenir régulièrement leurs sessions et en informer les populations de l’ordre du jour en amont ainsi que des décisions prises en aval.
« On ne peut pas tenir clandestinement des réunions du conseil communal, ce n’est pas normal; et c’est le droit de la population de participer à ces séances », martèle Alassane Séidou. Aussi, souhaite-t-il que les relations entre les maires et la tutelle s’améliorent et soient apaisées.
En ce qui concerne la gouvernance administrative, les élus doivent s’inscrire dans la dynamique de respecter l’organigramme-type de l’administration communale, en faisant en sorte que les chefs des services soient des cadres de catégorie A. La mise sur la compétence augure de la performance au niveau des services, selon l’autorité de tutelle. Les recrutements fantaisistes, politiques et laxistes créent des charges inutiles pour les administrations locales et sont à proscrire. « Dans certaines communes, les deux tiers du personnel ne servent à rien parce qu’ils n’ont aucune compétence et il n’y a pas souvent une adéquation profil-poste », relève le ministre.
En termes de gouvernance financière, le respect des procédures et du cadrage des dépenses éligibles s’avère nécessaire pour une gestion optimale des ressources et met les élus à l’abri des ennuis, selon Alassane Séidou. Les ressources du Fonds d’appui au développement des communes (Fadec) ne doivent pas, par exemple, servir à construire des résidences, à acheter des véhicules, souligne-t-il.
Les femmes doivent être souvent impliquées ou au cœur des décisions prises au sein du conseil communal, préconise le ministre.