Gestion des ressources halieutiques et océanographiques: Le Bénin accélère le processus pour la protection des Amp

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Des élus locaux, pêcheurs et autres acteurs impliqués dans la gestion des océans et des Aires marines protégées (Amp) prennent part depuis jeudi 26 décembre à un atelier d’échanges. La rencontre se propose de partager avec eux des études réalisées sur les Zones marines d’importance écologique et biologique et les amener à mieux s’impliquer dans la création des Amp.

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L’atelier d’échanges organisé par le point focal de la Convention d’Abidjan au Bénin et la coordination du Projet de gestion intégrée de la zone marine et côtière constitue un pas décisif vers la création des Aires marines protégées (Amp) et leur protection à travers l’adhésion du Bénin au réseau ouest africain de protection des Amp. Mais avant, il faut restituer aux participants, qui sont pour la plupart des élus locaux, pêcheurs et populations des communes côtières du Bénin (Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Podji, Ouidah, Grand Popo) et des acteurs impliqués dans la gestion des océans, le rapport descriptif des zones marines d’importance écologique et biologique du Bénin.
« Le ministère du Cadre de vie a travaillé en synergie avec les acteurs impliqués dans la gestion des océans pour identifier les zones marines d’importance écologique et biologique et le rapport descriptif est disponible. Nous sommes là pour partager le contenu de ce rapport », explique Faustine Coovi Sinzogan, point focal de la Convention d’Abidjan au Bénin et coordonatrice du Projet de gestion intégrée de la zone marine et côtière. Cet atelier est organisé pour aussi échanger avec les acteurs impliqués dans la gestion des océans sur les activités relatives à la protection des Amp, indique-t-elle. Il s’agit aussi d’identifier les Zones marines d’importance écologique et biologique et de préparer les participants à la création des Amp. La rencontre constitue aussi un tremplin pour échanger avec les autorités locales des cinq communes côtières sur la création des Amp, pour être en phase avec l’une des priorités du Programme d’action du gouvernement à savoir la valorisation des côtes pour en faire une valeur ajoutée, poursuit Faustine Coovi Sinzogan.

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Des siècles de pression

Dr Christian Adjé, océanographe et gestionnaire des ressources marines prend également part aux travaux. Selon lui, les écosystèmes marins et côtiers du Bénin ont subi pendant des siècles la pression des activités socioéconomiques qui se réalisent sur l’espace maritime. « Les ressources marines décroissent tous les jours» et si rien n’est fait, le Bénin court des risques, analyse le chercheur. Certains pays, pour mieux faire face à cet état de choses, ont adhéré à la Convention d’Abidjan qui aide à faire une gestion durable de ces ressources marines. Le Bénin n’en est pas encore là, mais y travaille activement, reconnait-il. La Convention a d’ailleurs accordé des financements au pays pour réaliser certaines études dont l’identification des zones écologiques et biologiques et l’état de l’environnement marin et côtier. L’atelier de trois jours qui s’est ouvert ce jeudi se veut aussi un cadre pour partager avec les acteurs invités, le contenu de ces études et recueillir leurs observations. Plus que des observations, ce sont des amendements qui ont été apportés par ces derniers, souligne Dr Christian Adjé. Sur les deux sites d’intérêt identifiés, les pêcheurs notamment ont souhaité une réduction pour leur laisser plus de marge de manœuvre.
Akuété Assèvi, chef d’arrondissement d’Avlo, dans la commune de Grand-Popo estime cette thématique d’intérêt pour la commune qui a beaucoup à y gagner. « Il s’est agi ici d’identifier les aires marines protégées, de valider le processus par lequel l’Etat béninois doit adhérer au réseau des Amp de l’Afrique de l’Ouest », laisse-t-il entendre. « Grand-Popo a beaucoup à gagner dans l’identification des Aires marines protégées. Il y a la bouche du roi et le site de Donaten. Sur ce site, nous avons des ressources immenses, les tortues, les baleines et d’autres espèces halieutiques qu’il faut forcément protéger », plaide l’élu d’Avlo. « Nous exploitons exagérément les ressources. Si les Etats africains ne se préoccupent pas de cette situation, nous aurons des espèces qui vont disparaître », s’inquiète le chef d’arrondissement d’Avlo. L’intérêt pour Grand-Popo, c’est de faire en sorte que ces aires marines protégées deviennent réalité, s’est-il engagé.

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