Gestion des risques et catastrophes: L’assurance comme une priorité, selon le professeur Théodore Adjakpa

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Gestion des risques et catastrophes: L’assurance comme une priorité, selon le professeur Théodore Adjakpa


La gestion des risques et catastrophes nécessite des mesures souvent négligées ou inconnues de la population. Celles-ci sont relatives à l’introduction de l’assurance pour la réinstallation des sinistrés, selon Théodore Tchékpo Adjakpa, professeur à l’Université d’Abomey-Calavi, spécialiste de la gestion des risques et catastrophes.

LIRE AUSSI:  Pour viol : Emmanuel Amoussouchatigre écope de 10 ans de prison

L’introduction de l’assurance dans la gestion des risques et catastrophes est une nécessité pour sauver les sinistrés. C’est la position du professeur Théodore Tchékpo Adjakpa, de l’Université d’Abomey-Calavi. Selon lui, l’assurance est indispensable dans la gestion des risques liés aux changements climatiques. « C’est une mesure qu’on doit imposer si nous parlons de la gestion des changements climatiques, de sensibilisation, de prévention, de prévision ….», a-t-il expliqué, invitant les Béninois à la culture de l’assurance. « Nous devons enseigner la culture d’assurance pour attirer l’attention des gens sur l’importance des assurances. C’est déterminant surtout avec les changements climatiques et leurs effets pervers aujourd’hui où vous pouvez tout perdre avec les inondations qui détruisent les champs et la sécheresse qui peut tout brûler. Vous avez investi de l’engrais, vous avez investi pour récolter et la sécheresse vient détruire toutes vos récoltes. Qui va payer alors les frais pour que vous puissiez continuer vos activités ? », s’est-il demandé.
«La culture de l’assurance n’est pas développée chez nous au Bénin. Ici, on ne connait que l’assurance moto, l’assurance véhicule. Rares sont ceux-là qui assurent leurs maisons », a ajouté l’enseignant d’Université. Il y a lieu, selon le professeur Théodore Adjakpa, avec les inondations et les effets néfastes du changement climatique, d’introduire les assurances dans la gestion des risques et catastrophes. «C’est très important, parce que l’assurance permet de réinstaller le sinistré qui, à l’occasion d’une inondation, a perdu tous ses biens, ses habitations, son champ, son bétail, les engins de pêche…». Les sinistrés ont besoin de cette assurance pour qu’après les inondations, ils soient réinstallés pour continuer à nouveau leurs activités», conseille Théodore Adjakpa.
En se référant aux Etats-Unis, il souligne que le rôle des assurances lors du passage du cyclone Rita a été important. Dix milliards de dollars ont été débloqués par les assureurs pour assurer les dommages économiques liés à cette catastrophe. Contrairement aux pays pauvres, les biens des habitants sont assurés. Ces derniers sont remboursés d’une partie importante des dommages occasionnés par une catastrophe naturelle. « Nous pouvons le faire aussi ici parce que avec les changements climatiques où nous ne maîtrisons rien des conséquences, notamment comment les inondations et la sécheresse vont venir et quels doivent être les effets, il faut vraiment des structures d’assurance pour pouvoir réinstaller les gens», a-t-il martelé. Le paysan, le fonctionnaire d’Etat, quiconque, selon l’enseignant, peut payer son assurance parce que tout le monde peut être victime.
Il y a lieu, au regard de l’importance des assurances, que les agriculteurs ou leurs coopératives relèvent ce défi pour amoindrir les conséquences des risques et catastrophes s’ils surviennent dans un contexte de changement climatique où rien n’est plus sûr. Car, après le risque, il faut réparer les dommages causés aux sinistrés. Et c’est là où les assureurs doivent travailler.

LIRE AUSSI:  Front d’action des syndicats de l’éducation: Les porte-parole Eric Péthos et Jean Adadja suspendus