Gestion du pays à l’ère de la Rupture: Les Fcbe dénoncent les incohérences du Nouveau départ

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le Bénin va mal à l’ère de la Rupture. C’est du moins ce que constatent les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), depuis l’investiture du président Patrice Talon. Elles ont organisé une conférence de presse, mercredi 17 août au palais des Congrès de Cotonou, pour dénoncer le malaise social que le pays connait depuis peu.

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La sortie médiatique des Fcbe commençait déjà sans doute par faire des impatients. Cette force politique brise enfin le mur du silence pour dénoncer ce qu’elle considère comme ‘’les errances’’ du pouvoir actuel. A travers la conférence de presse que ses membres ont animée, mercredi 17 août, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) entendent remuer le couteau dans la plaie, afin d’attirer l’attention du gouvernement actuel sur le malaise social qui frappe le pays.

Du tableau peint par les conférenciers, il ressort que le navire Bénin est en train de tanguer à l’heure du Nouveau départ. Et si des réformes urgentes ne s’opèrent pas dans l’immédiat, il risque de chavirer les mois à venir. Cette analyse trouve sa pertinence, selon les Fcbe, dans la situation socio-économique et politique peu reluisante du pays.
A en croire Eugène Azatassou, coordonnateur national de l’alliance Fcbe, «des faits persistants montrent que, si on n’y prend pas garde, le Bénin pourrait voir son climat social se détériorer et basculer à la dictature; toute chose qui n’est pas souhaitable. Nous devons tirer la sonnette d’alarme pour que le gouvernement actuel se corrige».

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Des faits susceptibles

Au nombre des faits susceptibles d’accentuer la tension sociale, il dénombre fondamentalement la répression du mouvement estudiantin, les braquages répétés, la morosité ambiante…. Ce qui dérange surtout les conférenciers est que le président de la République, Patrice Talon, présente l’image d’un chef d’Etat qui place l’intérêt personnel au détriment de celui du peuple.
Pour eux, la nouvelle gouvernance repose sur cette vision qui accorde peu de place pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations. A titre illustratif, ils évoquent «l’acharnement contre la vision qui a prévalu dans le pays de 2006 à 2016, et qui était portée sur l’intérêt général et la justice sociale…». Mieux, poursuivent-ils, l’actuel régime semble remettre en cause tous les efforts du régime sorti. Sur ce point, les Fcbe indexent «l’investissement prioritairement dans les domaines où l’Etat avait des conflits avec le secteur privé». Ils en arrivent à la conclusion que la nouvelle ligne de conduite du pays n’augure pas d’un climat apaisé. Au nombre des dérapages observés dans ce sens, ils soulignent «la répression brutale des mouvements de protestation découlant de la gouvernance actuelle ». Autant d’égarements que les conférenciers trouvent préjudiciables pour le développement du pays.
«Ne nous faisons point d’illusion, l’orientation politique, économique et sociale du pouvoir du Nouveau départ est lourde de conséquences néfastes pour le pays et va appauvrir davantage nos populations et mettre en cause les libertés démocratiques chèrement acquises à la Conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990», avertit Eugène Azatassou.
Les conférenciers ne se sont pas limités à ce diagnostic. Tour à tour, les figures de proue, présentes à la conférence de presse, à savoir Amos Elègbè, Alassani Tigri, Gustave Sonon, Valentin Djènontin, Yacoubou Touré se sont relayés au pupitre pour faire part de leurs appréciations de la gestion du régime de la Rupture. Ils notent un certain nombre d’incohérences susceptibles d’assombrir l’horizon du Bénin. Outre la question des ‘’braquages répétés’’, ces ténors des Fcbe ont également abordé plusieurs autres sujets d’actualité. Entre autres, la gestion des véhicules d’occasion, celles relatives à la filière coton et au port de Cotonou.
La seule priorité pour cette alliance de partis, c’est le Bénin, ont-ils martelé, mettant au passage l’accent sur leur attachement aux valeurs démocratiques. Là-dessus, avertissent-ils, le gouvernement du Nouveau départ doit revenir à de meilleurs sentiments en prônant notamment le respect des libertés individuelles, civiles, militaires et collectives. Les conférenciers l’exhortent par la même occasion à revoir ses copies, notamment sur les plans socio-économiques et politiques au risque de conduire le pays dans le décor?