Gestion durable des déchets à Parakou: Un appui en perspective pour soutenir les réformes initiées

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Les bases du projet régional d’appui à la gestion durable des déchets et à la réduction des émissions des Upops et mercure dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) ont été lancées, les 10 et 11 mai derniers à Lomé, au Togo. Parakou, à l’instar de cinq autres villes de la sous-région, a été retenue pour en bénéficier. C’est pour accompagner les réformes que les autorités municipales ont initiées dans le domaine.

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La gestion des déchets reste une préoccupation fondamentale pour la plupart des pays. Au niveau de l’Uémoa, c’est en complément aux efforts que certaines de leurs villes ne cessent de déployer que le projet régional d’appui à la gestion durable des déchets et à la réduction des émissions des Upops et mercure est en train de prendre corps. Parakou fait partie des six villes de la sous-région ouest-africaine retenues pour bénéficier de sa mise en œuvre.

En effet, à la tête d’une importante délégation, le maire de la ville, Charles Toko, a pris part du 10 au 11 mai dernier au siège de la Boad à Lomé, à l’atelier régional de lancement de sa préparation. L’occasion lui a permis de faire l’état des lieux en matière de gestion des déchets à Parakou, troisième ville à statut particulier au Bénin. Outre les difficultés auxquelles son équipe et lui sont confrontés, ainsi que les perspectives, il a exposé les réels besoins de sa ville à l’institution bancaire. Les bonnes initiatives prises par la ville pour venir à bout de la gestion de ses déchets n’ont pas été occultées par Charles Toko. Toute délivrance d’un acte administratif au niveau de la mairie, des arrondissements et autres services de la ville de Parakou, à tout citoyen, est subordonnée au paiement de la redevance ou à la présentation de la quittance d’abonnement aux structures de pré-collecte des déchets. Toujours dans le cadre des réformes qu’il a initiées, le maire a également entrepris des démarches qui lui ont permis d’acquérir des tricycles et des engins lourds. Sur un besoin de 25 tricycles, la ville a déjà 18 en sa possession. C’est pour appuyer les Ong de pré-collecte qui, jusque-là, faisaient le travail avec leurs propres moyens. « L’expérience de Parakou a séduit plus d’un à Lomé », rapporte le conseiller technique à l’aménagement et à l’environnement du maire, Salifou Zimé Kpéra. « Les autres villes présentes l’ont trouvée courageuse », a-t-il poursuivi.
Selon Salifou Zimé Kpéra, le projet en gestation aura quatre volets. En premier lieu, il consistera en la mise en place des politiques et règlements, ainsi que des normes efficaces et cohérentes, dans le cadre de l’harmonisation de la promotion et de la bonne gestion des déchets. Grâce à la formation des acteurs de la gestion des déchets et l’opportunité qu’il leur offrira d’échanger des expériences avec leurs homologues des autres villes, le projet mettra ensuite l’accent sur le développement des capacités. Pour ce qui est de son troisième volet, un modèle économique suivant les spécificités de chaque ville au niveau des acteurs de la pré-collecte, de la collecte, du traitement et de la valorisation des déchets, sera proposé. Ainsi, il ne s’agira plus de jeter les déchets, puisqu’un intérêt économique est appelé désormais à se développer autour d’eux. Par ricochet, des emplois et de la richesse seront créés. Ce qui contribuera à la réduction de la pauvreté. La gestion des déchets exigeant la réalisation ou l’acquisition d’un certain nombre d’infrastructures, le quatrième volet du projet se traduira par leur construction et leur mise aux normes. Elles coûtent énormément cher et ne sont pas à la portée des villes. Le projet permettra leur implantation dans les villes où elles n’existent pas. Dans celles où elles sont une réalité, il faudra les mettre aux normes.
Le coût du projet est estimé à environ 49,5 milliards F Cfa pour toutes les six villes, dont 9,2 milliards comme contribution du Fonds pour l’environnement mondial. En tant que pays concernés, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Togo et le Sénégal y participeront à concurrence de 6 milliards en nature ou taxes. Décidée à accompagner les six villes dans l’élaboration et la mise en œuvre du projet, la Boad se chargera de mobiliser le reste du financement.
Les efforts fournis par la mairie de Parakou n’auront donc pas été vains. Comme elle, les villes de Thiès, Bamako, Ouagadougou, Niamey et Lomé se frottent aussi les mains. Pour elles, profile à l’horizon, une autre approche dans la gestion de leurs ordures.

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