Gestion rationnelle de la transhumance au Bénin: Une étude lancée sur les potentialités fourragères

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Gaston Doussouhoui

Disposer d’un outil fiable pour une meilleure gestion des ressources alimentaires du bétail transhumant. C’est la finalité de l’étude financée par l’Uemoa et qui porte sur l’évaluation des potentialités fourragères au Bénin. Ladite étude a été lancée, mardi 4 mai dernier, par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche à l’occasion d’un atelier de cadrage qui a réuni les différentes parties prenantes.

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16 mois pour disposer de statistiques exactes sur la disponibilité des ressources fourragères au Bénin, connaître les lieux de concentration, préciser l’effectif des ruminants…; l’étude de l’évaluation des potentialités fourragères au Bénin est ainsi lancée.
Pour Akpo Yao, directeur de l’Elevage, cette étude marque une nouvelle ère dans la dynamique de gestion des ressources alimentaires du bétail sur parcours naturel. A l’en croire, l’effectif des ruminants au Bénin est estimé à 2 millions 500 mille têtes de bovins et 3 millions de têtes de petits ruminants. « Leur alimentation est constituée à plus de 80 % de fourrages et la recherche des ressources fourragères est l’un des principaux facteurs qui conduisent les éleveurs à effectuer des déplacements réguliers. Une bonne gestion de la mobilité du bétail passe aussi par une meilleure connaissance des potentialités fourragères », a expliqué Yao Akpo. L’étude vient donc à point nommé pour contribuer à régler les risques et difficultés liés à la transhumance. Gaston Zossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, s’est réjoui que cette étude se tienne dans le cadre de l’adoption par le Bénin de la sédentarisation des espèces ruminantes. Car le Bénin entend assurer une gestion plus rationnelle des ressources pastorales en se basant sur les potentialités naturelles. Cela explique l’intérêt de l’Exécutif béninois pour l’évaluation des potentialités fourragères au Bénin. Yawovi Bathassi, Représentant résident de l’Uemoa au Bénin, a d’ailleurs salué le gouvernement béninois pour l’aboutissement des formalités de mise en œuvre de cette étude.

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Il rassure:
« La commission de l’Uemoa s’engage à porter une attention particulière à l’évolution et aux résultats des études ». Il n’est pas question que les chiffres soient biaisés ou que les travaux soient bâclés. Le ministre Gaston Dossouhoui a invité les experts à une étude approfondie pour des résultats fiables. Dans le cadre des travaux, des équipes seront déployées sur le terrain pour rassembler les données nécessaires. Il est prévu, entre autres, des séances de renforcement de capacités sur les techniques de collecte de données et la mise en place d’un système de suivi-évaluation.

Une étude déterminante

Depuis quelques années, l’élevage des ruminants est confronté à des difficultés dans la sous-région ouest-africaine du fait de l’état de plus en plus dégradé et incertain des ressources. Ce qui impacte la survie du bétail. Préoccupé par le sujet, la Commission de l’Uemoa a accordé un financement à hauteur de 300 millions francs Cfa à l’ensemble des trois pays côtiers que sont le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire pour réaliser des études sur les potentialités fourragères. Il est question, indique Yawovi Bathassi, de disposer d’un outil fiable pour une meilleure gestion des ressources alimentaires du bétail transhumant.

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Pour Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche, il s’agit d’un chantier très attendu. L’autorité rappelle que les crises pastorales récurrentes, depuis quelques années, ont atteint des proportions inquiétantes. L’incertitude autour des ressources alimentaires et les perturbations climatiques aggravent la situation en ce sens qu’elles impactent la production des ruminants dans la région en général et au Bénin en particulier. Cette étude est donc déterminante pour la bonne gestion de la transhumance.

« Avec les résultats de cette étude, nous aurons une idée nette des potentialités fourragères afin d’éviter les concentrations inutiles de bétail dans les zones inappropriées. Ce qui va réduire les conflits entre agriculteurs et éleveurs qui, ces dernières années, ont été récurrents», a ajouté Nassirou Lawani, président de la Plateforme nationale des organisations paysannes et des producteurs agricoles du Benin.