Gouvernance au Bénin: L’ère de la Rupture, le temps des femmes

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La promotion de la femme s’améliore au Bénin. Ces dernières années, on a vu des femmes, dont le parcours force respect et admiration, occuper de hautes fonctions. Nul doute que les années à venir seront plus prospères pour la femme béninoise dont la présence dans les sphères de décision va grandissante.

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« Là où l’on prend les grandes décisions, on n’entend jamais les femmes », chantait, il y a quelques années, le célèbre musicien béninois Danialou Sagbohan, un peu comme pour inciter les parents à envoyer les filles à l’école pour leur avenir et pour servir leur peuple. L’appel de l’artiste a-t-il été entendu ? Difficile de répondre déjà par l’affirmative. Ce que l’on peut avancer, sans risque de se tromper, c’est que ces dernières années, notamment sous l’ère de la Rupture, la situation de la femme s’est améliorée. Tout au moins du point de vue de sa représentativité.
Deux femmes sont désormais présidentes d’institutions de la République. A la présidente de la Haute cour de justice, Cécile Marie José de Dravo Zinzindohoué, s’est jointe, il y a peu, dans ce cercle restreint, la magistrate Ismath Bio Tchané Mamadou promue à la tête de la Cour des comptes. La cartographie de la promotion et de la valorisation de la gent féminine ne se limite pas à ces deux personnalités. Une autre femme béninoise fait parler d’elle depuis peu et sera davantage pour les cinq prochaines années sous les feux de la rampe. Il s’agit de l’actuelle et bientôt ancienne vice-présidente de l’Assemblée nationale Mariam Chabi Talata. Première femme vice-présidente du Parlement, elle vient d’inscrire son nom en lettres d’or dans les annales de l’histoire. On retiendra en effet de dame Talata qu’elle est la première femme élue vice-présidente de la République.
Plusieurs autres femmes sont promues au sein des institutions de la République, même si elles n’en sont pas présidentes. L’Exécutif comporte cinq femmes dont les profils, les uns aussi distincts que les autres, ne font que renforcer l’admiration que l’on peut leur témoigner. Il s’agit de Véronique Tognifodé Mêwanou, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Éléonore Ladékan Yayi, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Shadiya Assouman, ministre de l’Industrie et du Commerce, Adidjatou Mathys, ministre du Travail et de la Fonction publique, et Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation.

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Des parcours qui forcent l’admiration

La cerise sur le gâteau viendra avec le prochain Parlement. Pour la neuvième législature qui s’installera en 2023, il faut espérer au moins 24 femmes. Une femme sera positionnée par circonscription électorale. De quoi faire jubiler les féministes et susciter dans leurs rangs satisfaction et soulagement. « En 2023, quand nous irons aux élections législatives, il y aura au minimum 24 femmes à l’Assemblée nationale. Ce sera inédit. Comme si ça ne suffisait pas, en ce qui concerne la promotion de la femme, c’est sous le mandat du Président Patrice Talon que, pour la première fois dans notre histoire, une femme a été élue première vice-présidente de l’Assemblée nationale ». Ce sont là, les mots de Mariam Chabi Talata épouse Zimé Yérima, jeudi 8 avril dernier, en pleine campagne électorale dans la commune de Sèmè-Podji pour le compte de l’élection présidentielle 2021.
Cécile Marie José de Dravo-Zinzindohoué est la seule femme membre de la sixième mandature de la Cour constitutionnelle. Docteur en Droit, commissaire-priseur près les Cours d’appel du Bénin et juriste de haut niveau, elle justifie d’une grande expérience universitaire (Université d’Abomey-Calavi et Université de Parakou) où elle a été professeur-assistant de droit, chef département de la formation continue pendant cinq ans. Elle a également occupé d’autres fonctions administratives comme par exemple celles de Conseiller technique juridique à l’ex-ministère de l’Environnement, de l’Habitat, et de l’Urbanisme. Elle a été ainsi chargée de mission de 1990 à 1993 au ministère de la Fonction publique, du Travail et des Affaires Sociales, chef division du service des Contentieux au ministère de la Fonction publique et des Affaires sociales et expert du Bureau international du travail.
Sa consœur Ismath Bio Tchané épouse Mamadou a elle aussi un parcours impressionnant. Elle était avant sa nomination, présidente de la Chambre des comptes de la Cour suprême. Elle est entrée dans le corps de la magistrature, le 26 décembre 1988. Elle a fait ses premières armes par les fonctions de juge au Tribunal de première instance de Cotonou. C’est surtout en tant qu’Agent judiciaire du Trésor (Ajt) du ministère de l’Economie et des Finances qu’elle a beaucoup fait parler d’elle et de son amour pour le travail bien fait, sa rigueur et son pragmatisme, avant de rejoindre la Cour suprême en qualité de conseiller puis présidente de la section des collectivités locales le 31 décembre 2013. Le 1er juillet 2016, elle est nommée pour assurer l’intérim du président de la Chambre des comptes après le départ à la retraite de ce dernier. Ismath Bio Tchané Mamadou a assuré ses fonctions d’intérimaire jusqu’à sa confirmation à ce poste en Conseil des ministres le 25 juillet 2018, par le chef de l’Etat, sur proposition du président de la Cour suprême. Après quoi, elle sera promue à la tête de la Cour des comptes créée à la faveur de la dernière réforme constitutionnelle.

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Au prix du mérite…

Comme on le voit, les deux femmes présidentes d’institutions doivent leur promotion à leurs parcours et qualités exceptionnels et il en va de même pour leurs consœurs appelées au gouvernement, au Parlement, dans diverses sphères de l’administration publique et même dans l’administration privée. La promotion féminine ne s’est pas décrétée ex-abrupto. Elle suit des normes, répond à des règles et des exigences à telle enseigne que le curriculum vitae de chaque promue témoigne pour elle. Il y a quelques jours encore, le président Patrice Talon a fortement appuyé cette thèse en disant à la face du monde que la présidente de la Cour des comptes mérite bien sa promotion.
« Votre parcours vous donne le mérite de votre nomination. Veuillez ne pas avoir le complexe que c’est au profit de notre volonté de promouvoir la femme béninoise que vous avez été nommée comme présidente de la Cour des comptes. En tout cas, ce n’est pas ce qui m’a guidé pour vous proposer à la tête de cette institution qui vient de naître », a expliqué le chef de l’Etat. « Je vous réaffirme que je n’ai pas eu le choix, donc ce n’est pas ma volonté de promouvoir la femme qui a conduit à votre nomination. Vous ne m’avez pas laissé le choix. Votre parcours, votre position actuelle dans les institutions de la République ont été les seuls facteurs de votre nomination», a reconnu le président de la République. Ensuite, il partagera sa fierté « pour ce nouveau vent qui souffle et qui révèle de mieux en mieux la femme béninoise ». On a également vu le président Patrice Talon, tout au long de la campagne électorale, et bien après, reconnaître et magnifier la femme béninoise à travers son ex-colistière et désormais vice-présidente de la République, Mariam Chabi Talata épouse Zimé Yérima.