Gouvernance du Bénin pour 2021-2026: Les grandes attentes du nouveau quinquennat

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Asphaltage sur l'axe Erevan_Marina hotel

Dans quelques jours, le président réélu du Bénin, Patrice Talon, prêtera serment pour entamer son second mandat. Un mandat dit d’accentuation du développement qui aura l’avantage de disposer d’un répertoire des besoins essentiels et des grandes attentes des populations pour les cinq prochaines années.

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Axes routiers, travaux de pavage, asphaltage, bitumage de routes, fibre optique, assainissement, électrification, construction et réhabilitation de palais royaux, de marchés modernes, de commissariat, camps militaires, stades, adduction en eau potable, construction de pistes rurales…

On peut, en s’appuyant sur les doléances des maires des 77 communes du Bénin, dresser un répertoire presque exhaustif des besoins des populations béninoises pour les années à venir. La tournée présidentielle à l’intérieur des communes, organisée peu avant la présidentielle d’avril, a eu le mérite de révéler les besoins spécifiques des populations.

On sait donc, à des détails près, ce qui manque du Nord au Sud du pays, et ce nouveau mandat qui se veut celui du développement, d’après les promesses du duo Talon-Talata au cours de la campagne électorale, est destiné à y apporter des solutions.
« Matéri a vu beaucoup de choses se faire ailleurs et attend avec foi et impatience son tour. Les réformes en cours lui font garder l’espoir d’un nouvel élan pour accélérer son plan de développement », espérait Robert Wimbo Kassa, maire de Matéri. Parakou, pour sa part, s’interroge sur son port sec, le sort de son aéroport et la situation du Coteb.

Cette ville attend toujours du gouvernement un stade digne du nom, avec une attention particulière au chômage des jeunes et l’autonomisation des femmes. Rallier la commune de Kérou est un exercice bien difficile. Le maire Hermann Imali Djetta porte comme principale doléance la réalisation de voies d’accès et de circulation à l’intérieur de la commune.

A cela s’ajoutent le manque d’enseignants et/ou de salles de classe, des besoins en centres et personnel de santé, la quête d’eau par endroits… Les besoins des populations semblent presque partout les mêmes.
Adjohoun a besoin des ouvrages de franchissement pour rallier plus facilement la commune d’Abomey-Calavi située à moins de quinze minutes de route.

A Aplahoué, le maire et ses administrés souhaitent, entre autres, la modernisation de l’administration territoriale, l’amélioration des conditions de vie des populations, la réalisation des infrastructures sociocommunautaires…

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Le développement, ça y est ?

Les quinze jours de mobilisation des électeurs pour les faire adhérer aux projets de société des trois duos en lice ont été une occasion pour largement évoquer le développement. Et c’est bien le duo Talon-Talata qui aura le plus évoqué ce terme au cours de la campagne. « Le développement, ça y est ».

C’était là, l’un des slogans de campagne de l’équipe du président sortant qui n’a pas hésité à expliquer un peu partout dans le pays, que le temps sera désormais à la satisfaction des besoins des Béninois et que le mandat à venir est celui du développement.
En tournée des semaines plus tôt dans le pays, le président sortant, réélu par K.O., n’avait lui-même eu de cesse de rappeler que le Bénin a pris un nouvel envol.

Le Bénin, pays riche, cela est aussi possible. « Dans chaque secteur d’activité, les choses ont commencé à bouger et je vous en félicite. Nous sommes capables de changer ce pays pour devenir riches… Un pays développé, cela se construit. Depuis quelques mois, nous avons compris que le développement est possible », indiquait le président dans l’une des communes à l’occasion de sa tournée. « Le mérite est à vous. Mon rôle a été de vous forcer la main et de vous obliger à donner le meilleur de nous-mêmes et à vaincre nos travers.

Notre pays n’est plus le même. Il a commencé à changer», soulignera-t-il par ailleurs. « Le Bénin est guéri de sa maladie…tout ce qui nous a manqué depuis des décennies (eau, routes, électricité, écoles, santé, les infrastructures,) devient petitement réalité», poursuit-il. « Plus jamais, le Bénin ne retournera en arrière… notre responsabilité, c’est de mettre le pays en chantier…

On peut constater que le Bénin a pris son envol… Le Bénin est un autre pays », dira Patrice Talon sous les ovations des populations partout à l’intérieur du pays.

Des réformes politiques à parfaire

L’un des mérites du Bénin, au titre des cinq dernières années, c’est d’avoir réussi à assainir l’arène politique.

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La réforme du système partisan lui a permis de tourner la page du multipartisme sauvage pour tendre vers de grands ensembles plus structurés. Les micro-partis politiques ont fait place, dans la douleur et parfois dans l’incompréhension, à de nouveaux regroupements politiques auxquels ont adhéré la plupart des animateurs de la vie politique.

Ainsi, à l’instar de certains pays, le Bénin peut disposer de courants politiques forts au sein desquels émergent de véritables acteurs politiques qui s’instruisent non plus des mauvais exemples et de la rue, mais plutôt à travers un parcours politique digne du nom.
Autre avantage, la diminution de la corruption électorale. Les gadgets électoraux, les vivres, et autres biens matériels offerts aux électeurs à la veille des confrontations électorales pour obtenir leur adhésion tend à disparaitre au fil du temps. On peut se réjouir de constater que le citoyen électeur opère de plus en plus son choix en toute conscience et en toute responsabilité.
Mais tout n’aura pas été parfait dans la mise en œuvre des réformes politiques.

Des fissures plus ou moins importantes se sont introduites et méritent, pour les années à venir, qu’on s’y penche afin que les nouvelles règles qui régissent la vie politique au Bénin fassent l’unanimité et emportent l’adhésion de tous.

Faire les choses mieux que par le passé

Tout au long de son périple dans les communes, le président Patrice Talon avait expliqué aux populations « Pourquoi l’argent ne circule plus… ».

Il a profité de sa tournée pour révéler aux populations que, pendant des lustres, une poignée de gens, « des privilégiés de la République» se sont donné le plaisir de prendre indûment l’argent public et d’en disposer à leur guise. Il a fait savoir que l’argent qui allait dans les poches de quelques individus sert désormais à bâtir le pays, à construire les routes, les écoles, les centres de santé, à rendre l’eau potable disponible un peu partout. Le sujet tient tellement à cœur au président Patrice Talon qu’il l’aborde à toutes les étapes de sa tournée.

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Il n’y a eu aucun abattement sur les salaires des fonctionnaires qui d’ailleurs sont tous payés et à temps. Dès lors, l’argent qui ne circule plus et pour lequel certains ne le portent pas doit rester dans les caisses de l’Etat et servira à financer l’action publique.
« Nous avons essayé de faire ce qui paraissait primordial. Ce régime n’a été que le détonateur de cette volonté de réforme. Le pays fonctionne mieux, l’administration s’améliore et les services de l’Etat aux populations se font mieux désormais. Nous sommes dans un pays désormais plus assaini… et même s’il manque encore beaucoup de choses, l’espoir est permis », soutient-il. Le président de la République est déterminé à changer le pays. « Nous devons faire les choses mieux que par le passé… Dans tous les domaines, quelque chose se fait.

Notre action commune nous a donné une autre mesure de la construction de notre pays… Ce qui se fait dans le pays n’a jamais été fait avec autant d’ampleur et à cette vitesse au cours d’un quinquennat, mais il reste beaucoup à faire », reconnaît-il. Pour lui, en effet, «ce pays a complètement changé en peu de temps et l’Etat joue son rôle vis-à-vis de chacun ».

Comme il se plaît à le dire, le terrain est balisé pour que pendant cinq ans encore, un autre Bénin émerge et s’érige à la satisfaction de tout le peuple. Les populations en rêvent avec lui et cela peut s’apprécier à l’aune de deux indicateurs. Le premier, c’est cette unanimité à réclamer sa candidature, il y a quelques mois et le second, c’est ce renouvellement avec une large approbation de son mandat pour que se poursuive en mieux, ce qui s’est fait jusque-là. Tout le challenge du nouveau quinquennat se trouve d’ailleurs là : parvenir à faire mieux et avec moins de douleur.