Gouvernance politique: au Bénin Y a-t-il péril en la demeure ?

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Il n’y a pas péril en l’édifice démocratique au Bénin. Si ce n’est une stratégie politicienne bien connue consistant à peindre en noir les choses, la fameuse tactique séculaire dite d’opposition pour se poser. A l’analyse, cette récrimination lancinante laissant croire que la démocratie est en recul actuellement au Bénin, parait plus une vue de l’esprit que des allégations reposant sur des faits probants, et on s’en rend compte nettement avec un peu de recul. Rien de bien méchant voire normal lorsque cette tactique n’a cours qu’au sein du microcosme politique national, et consistant à faire entendre son désaccord et quelques fois à pouvoir exister politiquement. Mais lorsque les frontières nationales sont franchies, c’est considérer qu’un rubicond de trop est franchi. Il en est ainsi, sans doute, de la saisine récemment par certaines obédiences politiques d’une instance régionale au prétexte d’ «inquiétudes sur la gouvernance électorale» au Bénin, tirant motif du nouveau code électoral. Tant et si bien qu’il faille exposer les désaccords politiques au Bénin à l’extérieur de ses frontières ? N’est-ce pas aller vite en besogne ?

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Fair-play

Lorsqu’on se revendique démocrate, il y a un minimum de fair-play à observer. Et les exigences qu’on est amené à avoir des autres, l’on est tenu de s’y conformer aussi. Cette exigence doit amener en effet certains politiques à retenir que le code électoral qui fait tant couler de salive a été voté suivant la procédure régulière en la matière et de la façon la plus démocratique qu’il soit. D’où vient alors l’idée de contester cet instrument qui va faire force de loi après promulgation ? Il y a, dans cette affaire, comme un round illégitime, car intervenant après les débats au Parlement, pour au mieux influencer la Cour constitutionnelle ou alors contester une loi à laquelle certains partis politiques, habitués au laxisme passé, ont du mal à se conformer. Et face à la contrainte, ils font savoir comme les Forces cauris pour un Bénin émergent, notamment, que certaines réformes contenues dans le Code électoral sont attentatoires aux normes démocratiques. A propos de normes démocratiques, elles ont bien prévalu en avril 2017 lors du vote sur le projet de révision de la Constitution : 60 députés ont favorablement voté pour cette révision sur un total de 83 députés. Il n’a manqué que 3 voix pour sa prise en compte. Il en a été ainsi quand il s’est agi de la proposition de loi portant révision technique de la Constitution : alors même qu’un séminaire a été organisé et que toutes les tendances ont été consultées et ont admis l’importance de cette révision chirurgicale, 19 députés de l’opposition, en toute légitimité dirait-on, y ont fait obstacle. Dans ce cas comme dans le premier, la majorité soutenant l’action du pouvoir à l’Assemblée nationale s’est inclinée face à ce qu’il convient de qualifier de force de la minorité, qui n’est pas négligeable, car elle peut parvenir à opérer des blocages. Il est étonnant que cette minorité ne veuille pas valider le même fair-play en ce qui concerne le code électoral et crie au « recul démocratique » comme bien souvent lorsqu’une loi est votée contre son avis. Il y a incontestablement comme une manœuvre visant à intoxiquer l’opinion nationale et internationale pour ne pas révéler ses propres fragilités que ledit code tend à exposer.