Grand prix de la littérature 2019: Cinq catégories sélectionnées, trois primées

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Le grand prix de la littérature édition 2019 a livré son verdict à la faveur d’une soirée de célébration des talents, vendredi 27 décembre dernier à Cotonou. Trois des cinq genres littéraires retenus ont été primés à l’occasion. Le jury ne s’est pas abstenu de justifier le niveau relativement bas des œuvres des auteurs béninois.

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Les talents de la littérature béninoise ont été célébrés, vendredi dernier, à travers différents prix. Cinq genres à savoir le roman, la poésie, le conte, la nouvelle et le théâtre ont été sélectionnés pour être primés. Mais seulement trois prix ont pu être décernés sur les cinq œuvres normalement attendues. Ils sont attribués dans les catégories conte, nouvelle et théâtre, selon les mots du jury présidé par Fernand Nouwligbèto. Dans la catégorie conte, c’est l’oeuvre Sitou et la rivière de la nudité de Anna Baï Dangnivo publiée chez Christon éditions qui a reçu le grand prix littéraire 2019. Dans la catégorie nouvelle, l’œuvre primée est Le traquenard amoureux de Roger Ikor Agboho Glèlè, publiée aux éditions Plumes soleil. Le grand prix littéraire dans la catégorie théâtre a été attribué à Sèdjro Giovanni Houansou, auteur de La rue bleue publiée aux éditions du Flamboyant.
« Il y a des catégories dans lesquelles aucun prix n’a été attribué », avise Fernand Nouwligbèto, président du jury, avant de livrer les observations de celui-ci. « L’écriture poétique est encore peu connue et maîtrisée, la poésie n’est pas l’art d’aller à la ligne, elle implique un état d’âme particulier et un travail profond sur la langue qui puise dans le lot d’images, le rythme,… les ressources nécessaires à l’expressivité …. Certaines œuvres se présentent comme des ramassis de bonnes intentions ou des condensés de morale. Certes, la littérature ne rejette pas l’éthique mais elle est d’abord esthétique, travail constant sur la langue. Le style de certains auteurs est expressif d’un travail d’écriture précipitée, improvisée et hâtive», a détaillé le président du jury, Fernand Nouwligbèto. « Sur les quinze œuvres en lice, sept ont été éditées en 2019, parfois à quelques semaines de la date de clôture des dépôts de candidatures au concours », a-t-il ajouté. Des observations positives, selon ses expressions, on retient que les œuvres primées ont été toutes éditées par des maisons d’édition locales. C’est une preuve, soutient-il, que les maisons d’édition locales sont capables de révéler des écrivains béninois de talent. « La fabrication matérielle des livres édités localement connaît une amélioration progressive qu’il faut saluer. Les œuvres primées ont des qualités éditoriales appréciables même si nombre d’insuffisances persistent telles que la qualité du papier parfois en deçà de la moyenne, les défauts dans la mise en page, les problèmes d’encrage, les nombreuses fautes de langue et de style…», fait-il constater.

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Doléances, engagement

L’état de la littérature béninoise tel que relaté par les acteurs nécessite la prise en compte des doléances formulées par ceux-ci. Outre ce que pense le président du jury, Fernand Nouwligbéto pour améliorer le grand prix de la littérature, Habib Dakpogan ajoute, entre autres, que l’Etat devrait adopter la politique nationale du livre et de la lecture et que tous les acteurs doivent être formés. Il sollicite par ailleurs l’appui de l’Académie des arts ainsi que l’accompagnement des autorités pour la promotion des centres et espaces culturels.
Toutes ces doléances sont bien notées par le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean Michel Abimbola, qui s’est engagé à jouer sa partition pour mieux écrire le Bénin. «Détecter, célébrer et promouvoir les talents, c’est l’une des missions importantes du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts. Cette mission se traduit dans le champ de la culture, en dehors du Grand prix littéraire du Bénin, par un projet cher au chef de l’Etat : les Classes culturelles. La promotion de l’excellence est clairement inscrite dans le Programme d’action du gouvernement à travers son Pilier 3 consacré au volet social de l’action publique. Le défi d’améliorer les conditions de vie des populations intègre la mise en place d’un dispositif pour la promotion des vocations et des talents artistiques, et le Grand prix littéraire du Bénin est l’une des plus importantes réponses du gouvernement dans le domaine spécifique de la littérature», a-t-il rassuré.Rappelons que chaque auteur primé part avec un chèque de deux millions de francs Cfa.

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