Grève des enseignants dans l’Atacora-Donga: Misère des élèves et impuissance des autorités

Par Kokouvi EKLOU,

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Grève des enseignants dans l’Atacora-Donga: Misère des élèves et impuissance des autorités

Jamais une grève n’a été autant suivie dans les départements de l’Atacora-Donga. Les autorités en charge de l’Education en font l’amère expérience. Les écoles sont désertes…

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Collège d’enseignement général Brignamaro de Kérou, vendredi 13 novembre dernier. Aucune âme sur la cour si ce n’est le véhicule du directeur de l’établissement à l’abri. En l’absence d’enseignants en grève les élèves ont été forcés à rester à la maison. La veille, certains ont bénéficié des largesses d’enseignants vacataires débonnaires pour se retrouver dans les classes fermées, ces temps-ci. «Jusqu’à hier seuls les vacataires ont travaillé mais aujourd’hui la grève est suivie intégralement. Les syndicalistes les ont renvoyés à la maison», se désole Eric Lafia, directeur de ce collège créé en octobre 2007 et comptant 779 élèves.
Un peu plus loin, dans d’autres localités de la commune, le spectacle est le même. S’étendant aux autres communes du département de l’Atacora. De Kérou à Ouassa-Péhunco et Kouandé, les usagers de l’école ont déserté les enceintes des établissements. Jamais une grève n’a été autant suivie dans les écoles, reconnaît Jean Douakoutché, directeur départemental des Enseignements maternel et primaire. Avouant l’impuissance des autorités à l’endiguer quoique leur engagement à voir les enfants retournés dans les classes, soit sauf. Elles sont loin les années où des campagnes de sensibilisation faisaient leur miracle, se rappelle le directeur qui indique que même à Boukombé d’où il est originaire, la grève a la dent dure. Avec la tournure que prennent ces mouvements de grève, son homologue de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle estime qu’il faut mettre un bémol d’autant plus que des efforts ont été consentis par le gouvernement pour ne pas priver les enfants de cours. Dans cette ligne, il cite l’engagement du gouvernement à concéder aux enseignants l’indice 1.25 querellé depuis 2012 et intégré dans les statuts particuliers. Et équivalent à 19.6 milliards de F CFA. Des acquis qui sont loin d’émousser les ardeurs des syndicats qui s’attendent à ce que le gouvernement s’engage à procéder à la signature des deux projets de décrets portant statuts particuliers des enseignants du primaire et du secondaire et de la formation technique et professionnelle. Une entreprise qui engagerait près de 160 milliards de francs CFA du Trésor public. Si les violons peinent à s’accorder dans ce bras de fer entre les syndicats et le gouvernement, il n’est pas exclu une radicalisation de la grève dans les jours à venir, selon Jean Douakoutché qui invite les enseignants à avoir à cœur l’avenir des élèves, relève de demain?

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