Grogne dans le secteur de l’éducation: L’Intersyndicale de la maternelle et du primaire menace

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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L’Intersyndicale de la maternelle et du primaire attend beaucoup des négociations entre le gouvernement et les Centrales et Confédérations syndicales qui s’ouvrent ce mardi 30 janvier. Elle menace de durcir son mouvement de grève de 72 heures en cours dans le sous-secteur des enseignements maternel et primaire depuis deux semaines, si ses revendications ne sont pas satisfaites.

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Quatre points phares meublent la plateforme revendicative de l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (Imp) qui réunit soixante-quatre syndicats des enseignements maternel et primaire. Il s’agit, en premier point, de la prise et la jouissance des arrêtés d’applications des avantages à incidences financières contenus dans le décret 2015-593 du 21 novembre 2015 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du premier degré. Il y a ensuite la finalisation de la situation de reversement des enseignants communautaires détenteurs des diplômes du baccalauréat ou du Brevet d’études du premier cycle (Bepc), des éducateurs/éducatrices et occasionnels sans contrat et ceux ayant de contrat ; le règlement définitif de la question de la coordination entre la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et le Fonds national de retraite du Bénin (Fnrb). Le quatrième point concerne la relecture du décret n°2015-373 du 24 juin 2015 portant régime juridique d’emploi des agents contractuels de l’Etat. 

La satisfaction de ces quatre revendications est non négociable avant toute suspension du mouvement de grève d’avertissement de soixante-douze heures déclenchée depuis la semaine dernière par l’Imp et qui amorce sa deuxième semaine ce mardi 30 janvier, soulignent les responsables de l’Intersyndicale. Ils l’ont martelé, ce lundi 29 janvier, à la faveur d’une conférence de presse qu’ils ont animée dans les locaux de l’Ecole primaire publique de Kandévié à Porto-Novo. Maxime Agossou-Vè, Fabrice Hounsounou et Jean-Pierre Koucou respectivement premier et deuxième porte-parole et organisateur de l’Imp, sont revenus de long en large sur les quatre revendications prioritaires de leur creuset. Les conférenciers relèvent que sur les quatre points, trois ne nécessitent pas de décaissement de fonds immédiat par le gouvernement. Ils en veulent pour preuve la revendication concernant les statuts particuliers. Ce que veulent les enseignants est que le gouvernement signe les arrêtés d’application, au nombre de huit au total. Le paiement des avantages pourraient suivre après. Les conférenciers disent ne pas comprendre l’hésitation du gouvernement à prendre lesdits arrêtés d’application, alors qu’il a reçu depuis plusieurs mois, le rapport de la commission interministérielle chargée d’évaluer l’incidence financière des arrêtés d’applications des avantages à caractère financier dans le décret n°2015-593 du 21 novembre 2015 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants de l’enseignement du premier degré.

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Vague d’indignations

Même indignation de l’Intersyndicale contre le silence du gouvernement face aux souffrances qu’endurent les éducateurs/éducatrices et autres enseignants occasionnels, au nombre de 1500, restés depuis onze ans sans salaire et sans contrat pour la plupart. Pis, se désolent les conférenciers, les avances sur solde de 33 000 F Cfa que ceux-ci reçoivent chaque mois ont été suspendus pour un prétendu contrôle. L’Imp exige le reversement de ces derniers surtout que l’audit a révélé que 900 dossiers sont bons et 600 mis de côté pour certaines irrégularités. Les conférenciers demandent au gouvernement de régulariser la situation des éducateurs/éducatrices et autres enseignants occasionnels dont les dossiers sont jugés favorables par la commission de contrôle.
S’agissant de la question du décret n°2015-373 du 24 juin 2015 portant régime juridique d’emploi des agents contractuels de l’Etat qui fâche aussi l’Imp, les conférenciers exigent la relecture de ce texte. Et cela, pour éviter à l’agent contractuel d’être en psychose permanente de perte d’emploi du fait de la nature du contrat de travail dont le renouvellement dépend du bon vouloir de l’Etat. L’Intersyndicale veut que le décret soit relu pour permettre aux enseignants contractuels d’avoir des contrats de travail administratif qui leur permet d’accomplir leur mission en toute sérénité. Ainsi, face à l’urgence des revendications, les conférenciers saluent la réouverture des négociations entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales qui s’ouvrent ce jour. Ils se réjouissent de l’organisation de cette rencontre mais s’offusquent de l’ordre du jour et qui semble esquiver les principales revendications de l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire. Maxime Agossou-Vè et ses collègues mettent en garde. Ils menacent de désobéir aux centrales et confédérations syndicales ils appellent à la suspension de la grève, si l’une de leurs quatre revendications est laissée en rade. Ils avertissent de poursuivre et de corser le mouvement de grève pour paralyser tout le sous-secteur de l’enseignement maternel et du primaire?