Haut-commissariat à la sédentarisation des éleveurs: Adamou Mama Sambo pour un agropastoralisme apaisé

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Adamou Mama Sambo

Le Conseil des ministres du mercredi 30 juin a nommé Adamou Mama Sambo, haut-commissaire à la sédentarisation des éleveurs à la présidence de la République. L’une des plus importantes missions de cette personnalité sera de travailler pour un agropastoralisme apaisé ; ce qui passe entre autres par la sédentarisation des éleveurs.

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Adamou Mama Sambo n’a pas été promu haut-commissaire à la sédentarisation des éleveurs par hasard. «Il s’y connait bien. Il connait bien le milieu et c’est pour cela qu’il a bénéficié de la confiance du chef de l’Etat et son action va consister entre autres à discuter avec les éleveurs, les communautés et les amener à adhérer à cette cause pour à la fin, produire des résultats au bénéfice de tous». Ces explications de Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement, tendent à lever un coin de voile sur un pan du cahier des charges du haut-commissaire à la sédentarisation des éleveurs. Il ressort de ses explications que le gouvernement est s’engagé dans une réforme structurelle de certaines pratiques dont celles liées à la transhumance. Le fait pour les éleveurs de se déplacer dans notre pays comme dans la sous-région, est une pratique qui a parfois généré des conséquences lourdes pour les populations, qu’il s’agisse des agriculteurs et ou des éleveurs, indique-t-il. En quête d’une démarche visant à améliorer ces pratiques, il serait pertinent de mettre en place un mécanisme qui fasse qu’à terme, l’on parvienne à la sédentarisation des éleveurs, soutient le porte-parole du gouvernement. C’est pourquoi, en dehors de toutes les actions menées jusque-là pour contenir les effets et les affres de la transhumance transfrontalière, le chef de l’Etat a jugé opportun de mettre en place un haut-commissariat pour s’en charger. Il revient donc à Adamou Mama Sambo d’engager les discussions avec les acteurs et de les amener à adhérer à la démarche que prône le gouvernement, pour un changement de comportement. Il devra aussi les sensibiliser et leur montrer les vertus de l’option que propose le gouvernement.
La nomination n’est en fait qu’un acte parmi tant d’autres posés par le chef de l’Etat et son gouvernement depuis plusieurs années pour en finir avec les conséquences fâcheuses de la transhumance. Pour la campagne de transhumance nationale 2020-2021, le gouvernement soucieux de préserver la cohésion sociale avait pris des mesures urgentes visant à atténuer la récurrence de ces antagonismes. A cet effet, il avait été décidé de procéder, à l’acquisition et à la mise en place de 350 tonnes d’aliments de bétail à coût réduit, grâce à une subvention de 50 % accordée par l’Etat d’une part, et à la réalisation de 20 forages pastoraux à buts multiples avec abreuvoirs, d’autre part. Ces actions seront suivies d’autres mesures à moyen et long termes, l’objectif visé étant de trouver une solution durable à la transhumance, avait fait savoir le gouvernement à l’époque. Il s’agira notamment de la facilitation de l’accès des organisations de producteurs au microcrédit et au Fonds national de développement agricole, l’appui à la mise en place des parcelles fourragères pour soutenir l’élevage des ruminants et l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan triennal de gestion de la transhumance.

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Des mesures pertinentes

Pour rappel, le gouvernement avait pris de nouvelles options, dans l’optique de mettre un terme aux conflits autour de la transhumance. La décision prise à cet effet pour réorganiser la transhumance des animaux à l’intérieur du territoire national propose deux zones. La première part de la côte jusqu’à la latitude nord de la commune de Dassa-Zoumè et est dorénavant réservée aux seuls troupeaux d’éleveurs nationaux établis au Bénin. La seconde va de la latitude sud de la commune de Glazoué et s’étend jusqu’aux frontières nord de notre pays et est également réservée aux mêmes cheptels. Les mesures énergiques prises par le gouvernement, ces trois dernières années, ont permis de limiter considérablement les effets pervers de la transhumance. Ainsi, le nombre de victimes est en baisse continue. Avec la nomination d’un haut-commissaire à la sédentarisation des éleveurs, on se rend compte que l’option du chef de l’Etat d’en finir avec les problèmes liés à la transhumance s’est matérialisée une fois de plus. Pour ce qui est du profil du nouveau haut-commissaire, il semble bien qu’il y ait trop peu à dire.
Docteur vétérinaire, Adamou Mama Sambo, ambassadeur de la Fondation des savanes ouest-africaines (Fsoa) dont il a été administrateur, est aussi un fin connaisseur des questions relatives à l’alimentation animale au Bénin. Il a été conseiller technique à la transhumance du président Boni Yayi et président de la Cellule nationale de coordination nationale de l’Association pour la promotion de l’élevage au sahel et en savanes du Bénin. Pendant longtemps, il s’est imposé comme l’alternative pour mettre un terme à la rivalité destructrice entre les Gando et les Boo de la commune de Kalalé, mais aussi un acteur engagé pour la cause d’un agropastoralisme apaisé. Et comme pour donner la preuve que le chef de l’Etat vient de replonger le poisson dans son milieu naturel, il n’y a qu’à relire ces propos de Adamou Mama Sambo qui confiait dans un entretien aux médias son vœu pour une transhumance apaisée. « Il faudrait qu’on continue à sensibiliser les acteurs. Nous, nous le faisons mais il faut qu’on puisse poursuivre. Il faut qu’au niveau de l’Etat central, en termes d’investissements pour le pastoralisme, pour l’aménagement des aires de pâturages et des couloirs de passage et les infrastructures en hydrauliques pastorales, il y ait des efforts dans ce sens, des efforts financiers et que les acteurs puissent accompagner en termes de dialogue à travers un changement de mentalités et de comportements pour faire évoluer notre élevage et l’adapter aux réalités actuelles du monde avec le poids démographique et la pression sur le foncier », soutenait-il?

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