Huguette Akplogan Dossa, point focal du Réseau des femmes leaders africaines: « Les femmes doivent faire la politique autrement »

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Huguette Amoussou

Amener les jeunes femmes béninoises à faire la politique autrement afin de leur permettre de repartir sur de nouvelles bases et impacter davantage leurs pays. C’est le défi que s’est lancé le Réseau des femmes leaders africaines qui anticipe déjà sur les prochaines élections législatives. Huguette Akplogan Dossa, point focal dudit réseau au Bénin et ancienne coordonnatrice du réseau Social watch, explique l’enjeu.

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La Nation : Le Réseau des femmes leaders africaines a animé, mardi 17 avril dernier, une conférence-réseaux sur le thème ‘’Femme, engagement, militantisme et stratégies politiques ». Qu’est-ce qui sous-tend cette initiative ?

Huguette Akplogan Dossa : Je fais un clin d’œil à toutes les braves femmes béninoises qui se battent pour se positionner dans l’arène politique, pour participer à la prise de décisions. Cette conférence est la leur. Elle vient à point nommé, en cette veille des préparatifs des élections législatives où l’Assemblée nationale se bat pour une meilleure représentativité des femmes à l’hémicycle et dans les instances de prise de décisions au plan national. La conférence-réseaux intervient dans le cadre des activités du Réseau des femmes leaders africaines. Nous avons fait recours à l’expertise d’une femme politique béninoise résidant en France qui partage ses expériences avec nous. Nous nous sommes vues dans l’obligation d’ouvrir son carnet d’adresses aux jeunes femmes béninoises, parce que nous avons constaté que depuis quelque temps, les organisations de la société civile organisent des formations au profit des jeunes femmes pour les outiller sur les notions de militantisme, de leadership et d’engagement politiques. Nous voulons accompagner ce mouvement pour susciter davantage l’engagement des jeunes femmes.
La politique n’est pas un jeu pour tous. Comment se fait-elle? Quelle idéologie doit-on suivre pour la faire et quels moyens doit-on mettre en place pour y arriver ? Avec notre invitée, nous avons appris les vraies facettes de la politique. Le panel constitué d’analystes et de contradicteurs a apporté également son éclairage sur le thème de la conférence, notamment ses connaissances de la politique française et européenne, tout en faisant la comparaison entre notre manière de faire la politique au Bénin et celle des pays occidentaux. Cet exercice aidera la jeunesse féminine béninoise à tirer leçon des différentes pratiques entre les pays et à relever les erreurs des aînés en la matière.

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Le thème militantisme et engagement politiques des femmes sonne comme un refrain dans le rang des féministes. Quelle est la particularité de cette conférence ?

Nous voulons montrer le vrai visage d’une femme en politique. Comment se comporte une femme en politique ? Comment choisit-elle son bord politique ? Comment choisit-elle sa vision en politique et par quelle méthode de travail arrive-t-elle à s’imposer dans son registre politique ? Ce sont autant de préoccupations qui ont fait objet de cette conférence. Nous voulons amener nos dirigeants, à travers les voix que porteront désormais les femmes, à comprendre que la politique n’a rien à voir avec ce que nous avons fait jusque-là. La politique repose sur un certain nombre d’idéaux et un courant économique qui la soutiennent. Nous avons longtemps calqué les modèles politiques sur ce qu’ils ne devraient pas être. La politique doit être faite autrement.

Comment peut-on arriver à entraîner les femmes dans ce mouvement, si elles-mêmes sont toujours réticentes sur le terrain politique ?

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La réticence des jeunes femmes vient du fait qu’elles voient des pratiques qui n’honorent pas leurs aînées et les hommes politiques. Cette conférence nous donnera les instruments nécessaires pour mieux faire la politique désormais. La relève politique féminine sera le porte-voix des femmes et sortira de l’ornière, celles qui peinent à prendre le pli. Le Réseau des femmes leaders africaines va poursuivre les initiatives dans cette lancée.

Quelles sont ces pratiques dont vous parlez ?

Ces pratiques concernent les nuisances, les coups bas, les intrigues politiques. En termes techniques, on parle d’armes non conventionnelles en milieu politique. A cela s’ajoute le pouvoir de l’argent qui limite les ardeurs de certaines femmes.

Cette conférence est-elle déjà un moyen pour votre réseau d’accroître le nombre des femmes au sein des instances ?

Dans le mandat décerné à ce réseau au plan international et notamment dans chaque pays africain, il y a également la mission de motiver les femmes à mieux s’orienter en politique, à mobiliser leurs ressources pour aller en campagne autrement, à savoir se positionner dans leurs partis politiques et à définir des stratégies politiciennes et politiques qui les amènent à gagner et à s’imposer dans leurs milieux respectifs. Si elles choisissent de faire la politique, cela signifie qu’elles créent une nouvelle famille et pour vivre en harmonie dans cette famille, elles doivent pouvoir s’imposer, se faire accepter et savoir utiliser leurs propres moyens pour ne pas être écrasées. Je crois fortement en la nouvelle génération de femmes politiques et en la relève.