Impact de la sécheresse dans les prochaines années: L’Onu alerte!

Par Alexis Meton,

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Secheresse

La journée mondiale de la sécheresse célébrée, jeudi 17 juin, reste un moment de grande réflexion à l’Organisation des Nations Unies. Dans un communiqué signé de Mami Mizutori, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe à l’occasion, on retient que la sécheresse risque d’être la prochaine pandémie.

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La question de la sécheresse fait l’objet de toutes les attentions au niveau de l’Organisation des Nations Unies. Dans un communiqué signé de Mami Mizutori, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la sécheresse, l’agence des Nations Unies chargée de la gestion des risques de catastrophe a averti que la sécheresse affecte plus de personnes que toute autre catastrophe à évolution lente et qu’elle déterminera le cours du développement humain dans les années à venir, alors que l’urgence climatique s’aggrave. « La sécheresse est sur le point de devenir la prochaine pandémie et il n’existe aucun vaccin pour la guérir. La sécheresse a touché directement 1,5 milliard de personnes jusqu’à présent au cours de ce siècle et ce nombre va augmenter de façon spectaculaire à moins que le monde ne s’améliore dans la gestion de ce risque, ne comprenne ses causes profondes et ne prenne des mesures pour les arrêter », a indiqué Mami Mizutori.
La conséquence, souligne Mami Mizutori, est que la plupart des pays du monde vivront avec un stress hydrique dans les prochaines années avec la demande qui dépassera l’offre pendant certaines périodes. Elle explique que la sécheresse est un facteur majeur de la dégradation des sols et de la baisse des rendements des principales cultures. En raison du changement climatique, ajoute-t-elle, la modification du régime des pluies et la plus grande variabilité des précipitations constituent un risque pour 70 % de l’agriculture mondiale alimentée par la pluie. « Le réchauffement de la planète menace de multiplier le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable et à l’assainissement, ce qui accroît la propagation des maladies, le risque de déplacement et le potentiel de conflit pour les ressources en eau limitées », précise le communiqué.

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Des dommages sous-estimés

Dans un rapport spécial sur la sécheresse 2021, élaboré par une équipe d’experts, mandatée par le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, il a été indiqué que les sécheresses ont toujours fait partie de l’expérience humaine, mais les dommages et les coûts qui en résultent sont sérieusement sous-estimés. Cela est dû, selon les experts, à des impacts étendus et en cascade qui ne sont souvent pas explicitement attribués aux effets d’entraînement de la sécheresse. Ledit rapport appelle à la mise en place d’un nouveau mécanisme mondial pour aider les pays à faire face à la nature transfrontalière du risque de sécheresse par le biais d’une gouvernance renforcée du risque, de partenariats et d’innovations au niveau régional et d’une action fondée sur le risque au niveau communautaire. Il préconise également la mise en place de partenariats nationaux pour la résilience face à la sécheresse, qui mobiliseraient les partenaires des secteurs public et privé et de la société civile et s’emploieraient à assurer une liaison transparente entre les niveaux national et local.
« Une meilleure compréhension des risques systémiques complexes et une meilleure gouvernance des risques peuvent conduire à une action efficace contre les risques de sécheresse. Les partenariats pour la résilience face à la sécheresse aux niveaux national et local seront essentiels pour gérer la sécheresse dans un monde en réchauffement où les précipitations deviendront de plus en plus imprévisibles et nécessiteront des solutions pratiques pour résoudre des problèmes tels que la déforestation, l’utilisation excessive d’engrais et de pesticides, le surpâturage, la salinisation, l’engorgement et l’érosion des sols. Un mécanisme de gestion de la sécheresse aux niveaux international et national pourrait aider à faire face à la nature complexe et en cascade du risque de sécheresse », recommandent les experts de l’Onu.
Il faut dire qu’au Bénin, les autorités ont connaissance des impacts de ce phénomène. La célébration dans la commune d’Agbangnizoun de cette journée dédiée à la lutte contre la désertification et la sécheresse prouve tout l’intérêt que le Bénin accorde à une alternative pour réduire les dégâts éventuels qui menaceraient les populations.