Inauguration du «pôle Mésofinance», d’Orabank Bénin: L’accès au financement bancaire devenu une réalité pour les petites entreprises

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le Bénin dispose depuis mercredi 3 février de son tout premier pôle Mésofinance. L’initiative portée par Orabank Bénin avc l’appui de l’Agence française de développement et de l’Union Européenne vise à offrir des possibilités de financement aux entreprises de petites tailles afin d’accroître leur contribution au développement.

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Les Très petites entreprises (Tpe), les Petites entreprises (Pe) occupent une place de choix dans le tissu économique du Bénin. Logées pour la plupart dans le secteur informel, ces entreprises vivent dans une sorte d’isolement qui les éloigne à la fois des établissements bancaires et des institutions de microfinance. Pourtant, ce sont «des créateurs de richesses qui expriment d’importants besoins de financement». C’est la raison pour laquelle Orabank Bénin avec l’appui de ses partenaires comme l’Agence française de développement (Afd) et l’Union Européenne, à travers le Projet d’appui à la mésofinance (Pameso), a décidé de proposer une offre de services adaptés dénommée Mésofinance.

Pour Rizwan Haider, directeur général d’Orabank Bénin, «Il s’agit d’une innovation et d’un concept unique», mais aussi de la première unité bancaire dédiée exclusivement au financement des petites entreprises. A travers ce pôle, pense ce dernier, «Orabank entend accompagner les petites et très petites entreprises afin de faire d’elles, de véritables entités structurées, performantes et pérennes».
La finalité du projet, soutient-il, c’est d’améliorer l’accès au financement bancaire de ces petites unités fragiles «qui exercent majoritairement dans le secteur informel et représentent cependant plus de 98% du tissu économique béninois». Pour leur permettre de bénéficier de cette offre unique, la banque met à leur disposition son réseau d’agences constitué d’une vingtaine de représentations un peu partout sur l’étendue du territoire national. Rizwan Haider invite alors les prestataires de services, entrepreneurs agricoles ou de l’agro-business, ceux du secteur des BTP ou autres secteurs d’activités connexes, les commerçants du secteur formel ou informel à saisir cette opportunité qui leur ait offerte et qui leur est proposée sous forme de solutions adaptées à leur secteur d’activités et besoins. «Notre offre de service et de financement est diversifiée, n’hésitez pas à les découvrir au niveau du Pôle Mésofinance», lance-t-il.
L’Agence française de développement y a joué un rôle de première place, dira pour sa part sa directrice. Catherine Bonnaud indique que «Les partenaires que nous sommes, (Afd et Union Européenne) ont pris des risques pour accompagner le secteur bancaire en s’appuyant sur le principe que l’appui au secteur privé, en particulier dans l’accès aux financements des plus petits opérateurs économiques … contribue à lutter contre la pauvreté et à réduire les inégalités». Une conviction que partage entièrement Catherine Barbero de l’Agence des banques populaires pour la coopération et le développement.

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Amorcer l’essor des petites et très petites entreprises

Satisfait de l’aboutissement du long processus qui a conduit à l’inauguration de ce pôle, le premier du genre au Bénin, Yves Gillet, chef de coopération de la Délégation de l’Union Européenne appuie de son côté qu’au «cours de ces dernières années, les efforts entrepris au Bénin pour promouvoir les micros, petites et moyennes entreprises sont largement concentrés sur la microfinance». Dans le même temps, observe-t-il, «les méso-entreprises ne font pas partie de la clientèle qualifiée parce qu’elles sont à la fois trop grandes et trop indépendantes pour bénéficier des garanties communautaires, trop petites pour fournir au prêteur les mêmes types de garantie que les entreprises de plus grandes tailles».
Il se réjouit donc de l’heureuse issue des engagements pris et martèle «la ferme volonté de son organisme de lutter contre cette forme croissante d’exclusion financière». Les raisons de cet engagement de l’Union Européenne, il les résume en trois points à savoir primo, que ce segment a un fort potentiel de développement au Bénin, tant pour l’emploi que pour la croissance économique. Secundo, il note un meilleur accès aux sources de financement avec un impact immédiat sur ces types d’entreprises. Tertio enfin, Yves Gillet soutient que «des appuis financiers permettent à ces entreprises d’être plus structurées et modernisées, de rejoindre le secteur formel et de renforcer ainsi la structure économique du pays».
Il réitère alors l’espoir attendu de ce couplage Pameso-Orabank et voudrait surtout compter avec le professionnalisme de Orabank et le dynamisme de ses responsables pour l’atteinte des objectifs fixés. Lesquels objectifs devraient être atteints dans un cadre de travail adéquat. Le pôle inauguré mercredi 3 février est logé sur un espace total d’environ 115 m², composé d’un hall avec un bureau d’accueil, de quatre bureaux destinés aux chargés de clientèle et gestionnaire de portefeuille, d’un bureau du responsable du pôle, d’une salle de réunion et d’autres salles connexes.