Inondation à Mahuklo à Pahou: Les populations appellent à l’aide

Par Ariel GBAGUIDI,

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Innondation à Pahou

Envahies depuis plus d’une semaine par les eaux de la rivière de Hêvié, les populations de la cité Mahuklo à Pahou (Ouidah) non loin du pont de Hêvié, crient leur désarroi et appellent les autorités au plus haut niveau à l’aide.

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Des habitants, bagages sur la tête, abandonnant leurs maisons. Des enfants portés sur les épaules par leurs parents qui bravent la hauteur des eaux. Femmes enceintes et personnes du troisième âge obligées de retrousser leurs pantalons et pagnes pour traverser les eaux. C’est la situation qui prévaut depuis plus d’une semaine, dans les rues et ruelles de la cité Mahuklo, une localité de l’arrondissement de Pahou, commune de Ouidah. Ce quartier, traversé par un canal naturel d’écoulement des eaux de pluie quittant la voie bitumée Pahou-Ouidah centre et environs vers la rivière de Hêvié, et situé à quelques centaines de mètres du pont de Hêvié, est inondé.
Ce sinistre remonte au dimanche 11 juillet dernier, où les populations ont été surprises par la présence des eaux dans leurs maisons, du salon à l’arrière-cour, après seulement quelques heures de pluies diluviennes. Les rues et ruelles du quartier sont méconnaissables. Les imprudents glissent dans les nids de poules et les malchanceux se font mordre par des serpents qui ont élu domicile sous les eaux. « C’est du jamais vu ici ! Ce n’est pas la première fois que nous sommes inondés mais c’est la première fois que nous voyons autant d’eaux», a déclaré Aholou Gérôme
Lokossou, président de l’association de développement de la cité Mahuklo, vendredi 16 juillet dernier. Tout crispé, il informe que la majorité des habitants ont dû quitter leurs maisons. Ceux qui n’ont nulle part où déménager, sont contraints de vivre dans ces eaux du matin au soir avec les risques courus. Mathieu Déguénon, agent commercial dans une société de la place et propriétaire terrien à Mahuklo, n’a pas voulu abandonner sa maison. «Nous sommes-là, nous sommes dedans. Depuis ma maison, vous pouvez voir Hêvié. C’est juste la rivière qui nous sépare…», témoigne le pasteur sinistré. Outre la cité Mahuklo, plusieurs autres quartiers proches de la rivière subissent le même sort.

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Causes

« C’est à cause de la réalisation du pont de Hêvié que nous vivons cette situation », déclare Mathieu Déguénon, soutenu par Aholou Gérôme Lokossou et Bernard Allognon, un autre sage du quartier. Ces derniers affirment que la circulation des eaux est bloquée à cause des travaux de réalisation de la seconde partie du pont de Hêvié. Sur le chantier du pont en question, l’on remarque que le lit de la rivière est remblayé aux trois quarts. La partie non remblayée laisse alors passer une faible quantité d’eau. A en croire les sinistrés, des démarches ont été menées vers les autorités locales ; malheureusement, déplorent-ils, ces sollicitations sont restées sans suite. Informé de l’inondation, le chef d’arrondissement de Pahou, Gislain Fidégnon, dit avoir effectué la démarche nécessaire. « Je suis allé sur le terrain, j’ai fait le constat et j’ai rendu compte au maire. Le maire a promis d’envoyer son directeur des services techniques », a déclaré l’élu local joint par téléphone.
Une dernière situation explique ces inondations constatées dans le quartier, selon les populations. « Au moment de la réalisation de la voie inter-Etats, un grand réceptacle d’eau de pluie a été réalisé au bord de la voie. Mais à notre grande surprise, le domaine de ce réceptacle a été vendu et un bâtiment plus clôture ont été érigés sur une partie du site. Donc, le chemin de passage des eaux est fermé. Conséquence : toutes les maisons environnantes sont inondées en période de pluie », assure le président de l’association de développement de la cité Mahuklo.
Sur la clôture dont il parle, l’on a pu lire la mention « à démolir». C’est la mairie qui a écrit cela, renseigne Aholou Gérôme Lokossou. A l’époque, détaille-t-il, l’association avait mené des démarches envers les autorités locales. Il informe que le maire lui-même s’était déplacé, et la mairie avait estimé qu’une partie de l’infrastructure privée est à démolir. L’association a aussi saisi le ministère du Cadre de vie par écrit. Mais rien n’a changé, déplore Aholou Gérôme
Lokossou. Interrogé sur ce dossier, le chef d’arrondissement de Pahou apporte sa part de vérité. « Il y a deux bas-fonds dans la zone : un petit et un grand. S’il y a inondation, c’est parce qu’au moment où la route était en chantier, les gens avaient voulu drainer les eaux collectées par les caniveaux vers le grand bas-fond. Ce sont les sages du quartier, eux-mêmes, qui ont dit non que cela va leur créer de problème au fil des années, que les eaux soient drainées ailleurs. C’est comme ça que les gens ont drainé les eaux vers le petit bas-fond… », affirme Gislain Fidégnon.

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Secours

En attendant que le dossier des deux bas-fonds ne soit clarifié, les populations souhaitent l’intervention des autorités au plus haut niveau pour une solution à court terme à cette situation. « Nous lançons un appel au gouvernement. Qu’il vienne à notre secours. Les enfants ne peuvent pas rester à la maison, bientôt ils vont commencer les classes et voilà la situation que nous vivons », plaide Mathieu Déguénon. « Nous appelons les ministres de la Décentralisation, du Cadre de vie et des Affaires sociales.

Qu’ils viennent constater l’étendue des dégâts. Nous ne savons plus à quel saint se vouer… », renchérit Bernard Allognon. Comme solution dans l’immédiat, les populations de la cité Mahuklo souhaitent l’ouverture d’une bonne partie de la rivière au niveau du pont de Hêvié. Ce qui permettra aux eaux de circuler normalement afin que la vie reprenne dans les maisons, rues et ruelles inondées.