Inondations dans le Mono: Au moins 7 morts et d’importants dégâts matériels

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Phénomène cyclique, le débordement du fleuve Mono a encore fait parler de lui, en cette année 2019, à travers des inondations d’une rare ampleur. Les territoires du département du Mono, qui ont été largement touchés par lesdites inondations,ont enregistré au moins sept décès par noyade et d’importants dégâts matériels. Mais le plus difficile reste la reconstruction des habitations détruites et la gestion du quotidien des sinistrés.

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Sur 61 villages constituant le territoire d’Athiémé, ce sont en tout 59 qui ont été touchés par la dernière inondation due au débordement du fleuve Mono monté jusqu’à 8,5 m. L’ampleur des dégâts liés à l’inondation, cette année, fait froid dans le dos. 9 258 ménages ont été recensés sinistrés, et la plupart de leurs habitations ainsi que leurs greniers et champs de diverses cultures ont été détruits. Des infrastructures socio-communautaires n’ont pas été épargnées. Des écoles, des centres de santé et des pistes rurales ont été remplis d’eau au point d’être déclarés hors d’usage pendant plusieurs semaines.
Un peu plus loin, Grand-Popo enregistre la même scène de désolation caractérisée par des dégâts matériels autant considérables qu’à Athiémé. Chez les communautés Xwla et Xwela,ce sont 43192 ménages qui ont été dénombrés sinistrés. Cet état de choses débattu souvent à la Conférence administrative départementale ne manque pas d’intégrer la situation de la commune de Lokossa où les arrondissements de Ouèdème et de Houin ont été durement éprouvés. Il faut signaler qu’en plus d’Athiémé, de Grand-Popo, et de Lokossa, les autres communes du département du Mono à savoir Bopa, Houéyogbé et Comé ont aussi vécu l’inondation mais dans une moindre mesure. En somme, les territoires du Mono ont été largement touchés et le bilan global fait état, entre autres, de sept personnes ayant trouvé la mort par noyade, selon des sources de la préfecture qui ajoutent que
1 433 habitations ont été détruites ainsi que des centaines d’hectares d’exploitations agricoles. Mais les dégâts ne sont pas limités aux localités du Mono. Les eaux qui ont commencé par déborder depuis mi-octobre ont atteint le Couffo. Dans ce département,ce sont les communes de Dogbo et Djakotomey, qui ont payé le prix fort. Pour le cas de Dogbo notamment, les sinistrés ont été obligés de tout quitter pour aller séjourner au siège de l’arrondissement de Dévé.

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Reconstruire les habitations

Depuis quelques jours, c’est la décrue. Il a atteint 2,33 m, le samedi 14 décembre dernier au niveau de la berge d’Athiémé.
Toutes choses devant faire penser au retour des sinistrés dans leur village,leur milieu naturel de vie. Mais ils ne sont que quelques-uns à avoir entamé effectivement le chemin de retour. Pour le plus gros effectif encore présent sur les sites d’accueil, l’idée reste une vue de l’esprit. Habitations, greniers et exploitations agricoles étant détruits y compris le point d’eau de boisson et autres, il ne leur reste plus aucun espoir. « Les sinistrés sont des gens complètement démunis qui menaient déjà une vie précaire. Sans assistance, ils ne pourront pas s’en sortir », expliquent des autorités communales. Au dire du maire de Lokossa, Pierre Awadji, c’est au gouvernement de venir en aide pour la reconstruction des habitations détruites. « La mairie ne peut offrir aux sinistrés que des vivres et des non vivres », confie-t-il. Abondant dans le même sens, ses homologues d’Athiémé et de Dogbo appuient que les budgets des communes ne peuvent servir à reloger les sinistrés. Ce qu’il leur reste à faire, selon eux, c’est de lancer des appels au secours. « C’est maintenant que les eaux se retirent que le plus dur commence », martèlent-ils à l’endroit des partenaires au développement de leurs communes respectives.
Anani Hlondji, maire de Grand-Popo pense, quant à lui, qu’il est temps de solliciter également la contribution des autorités du barrage de Nangbéto
pour la réparation des dégâts résultant des inondations. A l’en croire, c’est une piste plausible que le gouvernement devrait explorer. Les eaux du fleuve Mono étant poussées de leur lit non seulement par les pluies mais surtout du fait des lâchers du trop-plein d’eau au niveau du barrage de Nangbéto.

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Saisir les opportunités

Parallèlement aux requêtes visant à garantir la survie aux sinistrés des réflexions se mènent en vue de faire des inondations non plus une source de malheur mais une opportunité de développement. C’est le cas, par exemple, à Athiémé où le conseil communal et l’association de développement sont les porte étendards de la nouvelle vision. Laquelle a eu l’adhésion des partenaires au développement du Mono, dont l’édition 2019 de leur forum s’est tenue mercredi 10 décembre dernier à la préfecture de Lokossa. A l’issue des assises, il a été retenu de faire des inondations des opportunités de développement. Et joignant l’acte à la parole, la délégation d’Athiémé conduite par le maire Saturnin Dansou s’était rendue au forum avec un projet de création d’étangs piscicoles et d’érection de restaurants en vue du développement de l’écotourisme. Le reboisement des territoires ainsi que le développement de la riziculture et la production du cacao sont d’autres projets de résilience qui se mettent en place à Athiémé et sur d’autres terres hydromorphes du département. Le forum des partenaires au développement a pour but de réunir les conseils communaux et des Ptf pour échanger sur le financement des projets de développement.

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