Introduction de la langue maternelle dans l’enseignement: L’importance relevée, le Bénin dans l’expectative

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Un rapport de la Banque mondiale met en exergue l’importance de la langue maternelle dans l’enseignement. Il s’agit d’une problématique qui refait surface au regard du handicap que constitue son absence pour la construction du savoir chez l’enfant. Au Bénin, en dépit des efforts consentis pour baliser le terrain à l’introduction des langues maternelles dans le sytstème éducatif formel, les fruits peinent à tenir la promesse des fleurs.

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Enseigner aux enfants dans une langue qu’ils utilisent et comprennent le mieux, est un gage pour l’amélioration du système éducatif. Tel est le message de la Banque mondiale. « Plus de la moitié des élèves du primaire dans le monde sont confrontés à la pauvreté des apprentissages parce qu’ils sont incapables de lire et de comprendre un texte simple à l’âge de 10 ans. Leur capacité à réussir à l’école et à investir en eux-mêmes et dans leur avenir en tant qu’adultes est compromise », relève dans son rapport l’institution de Bretton Woods avant d’indiquer que l’une des raisons de cette situation est que jusqu’à 37 % des enfants scolarisés dans le monde reçoivent un enseignement dans une langue qu’ils ne parlent pas à la maison et qu’ils n’utilisent et ne comprennent pas bien.

Le Bénin n’est pas étranger à un tel diagnostic et a démarré lors de la rentrée scolaire 2013-2014, l’expérimentation de l’introduction des langues maternelles dans l’enseignement avec une trentaine d’écoles pilotes sur l’ensemble du territoire national. Mais le projet n’a pas fait long feu. Aujourd’hui, les efforts se poursuivent avec l’éducation non formelle, c’est-à-dire l’alphabétisation dédiée aux adultes.
La Banque mondiale souligne que les élèves apprennent à lire et à écrire en faisant correspondre les sons et les symboles d’un système d’écriture aux mots qu’ils ont appris dans la langue de leurs parents. Plus leurs capacités linguistiques orales sont bonnes, plus ils apprennent à lire rapidement et facilement. Ainsi, lorsqu’ils sont confrontés à une langue inconnue en classe, les progrès deviennent quasiment impossibles. Et c’est en partie pour cette raison que dans certains pays, de nombreux élèves ne savent lire aucun mot et ne connaissent que quelques noms de lettres dans la langue qu’ils doivent apprendre. « J’ai eu la chance d’encadrer des apprenants. Et lorsque tu arrives à expliquer à l’enfant dans sa langue maternelle, il comprend mieux qu’en français. Donc, si on pouvait faire la jonction entre ces deux langues, cela ne serait que bénéfique pour l’apprenant», déclare Jonas Gangnito, un acteur de l’alphabétisation. C’est dire que le Bénin a encore du chemin à faire pour relever le défi de l’introduction des langues maternelles dans le système éducatif formel. « Au plan patrimonial, il est dit que les peuples ne peuvent se développer dans la langue d’autrui », fait remarquer Marcel Zounon, directeur de l’Ensemble artistique national. De toute façon, les experts de la Banque mondiale sont formels.
Lorsque les élèves reçoivent un enseignement dans la langue qu’ils parlent et comprennent bien, ils apprennent à lire mieux et plus vite. Ils sont également mieux placés pour apprendre une deuxième langue, pour maîtriser d’autres contenus scolaires tels que les mathématiques, les sciences et l’histoire, et pour développer pleinement leurs capacités cognitives. Les enfants qui apprennent dans leur langue maternelle sont également plus susceptibles de s’inscrire et de rester à l’école plus longtemps. Les politiques efficaces en matière de langue d’instruction améliorent l’apprentissage et la progression scolaire et réduisent également les coûts nationaux par élève, ce qui permet une utilisation plus efficace des fonds publics pour améliorer l’accès et la qualité de l’éducation pour tous les enfants.
Le rapport présente des approches réussies. On y relève quelques sstratégies à savoir : enseigner aux enfants dans leur langue maternelle dès l’éducation de la petite enfance et au moins jusqu’à la fin de l’école primaire ; utiliser la langue maternelle pour l’enseignement des matières scolaires autres que la lecture et l’écriture ; introduire toute langue s

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upplémentaire en tant que matière en mettant l’accent sur les compétences linguistiques orales ; et continuer à utiliser la langue maternelle pour l’enseignement sous une forme ou une autre, même lorsqu’une autre langue devient la langue officielle d’enseignement.