Invalidation de l’année et exclusion d’étudiants à la Flash: Autorités rectorales et étudiants défendent leurs positions

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Reçu dimanche sur l’émission radiodiffusée « Eclairage » de la chaîne de radio Bénin, Brice Sinsin, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, donne des explications sur la crise qui sévit sur le campus d’Abomey-Calavi et signifie l’impossibilité pour lui de revenir sur la décision d’exclusion de 21 étudiants prise par le conseil pédagogique de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (Flash). Selon lui, aucun texte ne l’autorise à le faire. De l’autre côté, les étudiants jugent ces décisions arbitraires et plaident pour qu’elles soient rapportées.

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Le sort des étudiants de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines (Flash) semble scellé pour le compte de l’année académique 2015-2016 et les 21 responsables d’étudiants dont l’exclusion a été prononcée ne doivent plus rien espérer. C’est la position de l’administration universitaire.

Cette impossibilité pour le professeur Brice Sinsin, recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, de revenir sur l’exclusion et sur l’annulation de l’année académique à la Flash se justifie. Selon lui, aucun texte ne l’autorise à revenir sur les décisions du conseil pédagogique d’une faculté. Il n’a pas ce pouvoir, semble faire savoir Brice Sinsin. Dès cet instant, les mis en cause ne peuvent pas s’attendre à une annulation de la sanction dont ils ont écopé pour des faits graves.
Par rapport à l’invalidation de l’année académique, il fait aussi savoir sa position. A l’en croire, « l’année académique 2015-2016 à la Flash est une année spéciale ». En effet, c’est une année qu’on a tenté de sauver vu qu’avec les arrangements, elle a démarré à mi-mars 2016 pour prendre fin en décembre, explique-t-il. Dans ces conditions, aucune perturbation n’est à tolérer, semble indiquer le professeur Brice Sinsin. Car en, sauvant pour cette faculté l’année académique 2015-2016, c’est l’année 2016-2017 qui a été amputée de 3 mois. Et avec les perturbations enregistrées au cours de l’année 2015-2016 sous sa version remodelée, on ne peut plus la retoucher. Car, dans le cas contraire, on risque d’être conduit à blanchir l’année académique 2016-2017 qui n’a même pas encore démarré.
Or, poursuit le recteur, avec les perturbations de l’année en cours, on ne peut plus rien y faire. Mieux, il importe de sauver la nouvelle année en octobre normalement en invalidant celle en cours tout simplement. «On n’aurait fini avec les perturbations d’années académiques pour avoir des années normales», argumente-t-il.
Par ailleurs, Brice Sinsin rappelle les mesures prises et les rencontres initiées par le conseil pédagogique et le rectorat avec les responsables d’étudiants. Mais regrette-t-il, les étudiants n’ont pas cru devoir comprendre. Entre autres, il a été décidé que soit organisée, en lieu et place d’une session de rattrapage, une session de rachat. Cela a été matérialisé par un arrêté rectoral. « On ne parle pas de rattrapage parce que le règlement pédagogique l’interdit », justifie Brice Sinsin. C’est pour harmoniser les pratiques et les terminologies, renchérit-il. On en était là quand des responsables des étudiants de la Flash ont décidé de perturber le déroulement des examens pour les boycotter, rappelle-t-il encore. «Jusqu’au 31 juillet, tous les examens programmés ont été boycottés», signale Brice Sinsin ajoutant que l’on ne peut qu’invalider l’année.

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L’appréciation des responsables d’étudiants

Comme pour réagir contre l’appréciation des autorités de l’UAC et de la Flash, les responsables d’étudiants ont fait savoir leur position, vendredi 5 août dernier à travers une sortie. On retient qu’ils n’entendent pas démordre. En effet, les responsables d’étudiants des trois associations à savoir, la Fédération nationale des élèves et étudiants du Bénin (Fneb) et l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) et l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb) actives sur le terrain estiment que ces décisions sont prises pour les intimider et les manipuler. Dès lors, ils disent leur détermination à rester sereins sur leurs revendications majeures. Celles-ci se rapportent à l’organisation de la session de rattrapage à la Flash, la levée de la sanction d’exclusion des étudiants identifiés comme responsables du boycott des examens de fin d’année à la Flash. A cela s’ajoutent le paiement des bourses, l’amélioration des conditions de vie et de travail.
Et pour protester une fois encore contre ces décisions, les trois responsables Boris Akpè, Emmanuel Assimada et Lucien Nicolas Zinsou ont rendu publique une motion de paralysie des activités académiques. Selon eux, cette paralysie concerne non seulement l’Université d’Abomey-Calavi mais entraînera aussi les autres universités publiques du Bénin.
Selon Daniel Etou, l’un des responsables d’entités de la Flash frappé par la sanction d’exclusion, on peut toujours sauver l’année académique en cours. Par son argumentaire, il distingue deux types d’approches. D’une part, il évoque l’approche mathématique sur la base de laquelle les autorités trouvent qu’il n’est plus possible de sauver l’année. D’autre part, il évoque l’approche dite académique, selon ses termes. Penchant pour cette deuxième approche, il soutient que c’est encore possible de sauver l’année académique en cours.
Il dit ne pas comprendre les décisions d’exclusion d’étudiants et d’invalidation de l’année académique en cours.

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Surprise

Sur la base de ses explications, il fait référence à la correspondance du doyen de la Flash en réponse à leur demande d’organiser une seconde session. Dans cette correspondance en date du 4 juillet dernier, rapporte-t-il, ce dernier a demandé que les mouvements de débrayage soient suspendus au plus tard le 8 août et qu’à défaut, l’année serait déclarée blanche.
En outre, rappelle Daniel Etou, à la réunion du Comité de direction du 27 juillet, le recteur n’a pas évoqué ces questions. Mais, relève-t-il, grande a été sa surprise de lire sur les réseaux sociaux, le mardi 2 août, l’invalidation de l’année académique et l’exclusion des étudiants. Et le mercredi 3 août, le doyen même anime une conférence de presse pour annoncer les deux décisions. Selon lui, la date du 8 août n’étant pas atteinte avant ces décisions, il estime que le doyen n’a pas respecté ce que lui-même a écrit dans sa correspondance du 4 juillet. Selon lui, le doyen devrait attendre la date du 8 août et constater que les mouvements ne sont pas levés avant d’invalider l’année. «On ne peut pas sacrifier l’avenir de 60 000 étudiants», se plaint Daniel Etou avant d’inviter les autorités à revoir leur copie.
Abondant dans le même sens, les responsables des trois associations d’étudiants font un clin d’œil au chef de l’Etat pour qu’il fasse revoir les choses. Mais le recteur Brice Sinsin soutient que personne ne peut plus rien. A défaut, on ne serait plus dans le monde académique, fait-il savoir.