Investir dans l’éducation préscolaire est indispensable pour développer le capital humain du Bénin

Par Collaboration extérieure,

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L’éducation en tant que droit fondamental permet à une personne de développer sa personnalité et son identité, ainsi que ses capacités physiques et intellectuelles. Elle offre aux jeunes enfants une variété de programmes qui contribue à l’éveil moteur, socioaffectif et intellectuel, permettant ainsi à chaque enfant de développer son autonomie. Plus spécifiquement, l’éducation préscolaire joue un rôle important dans le développement de l’enfant, car elle détermine les caractéristiques de la personne en devenir.

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Des travaux de recherche ont mis en évidence les bienfaits de services préscolaires de qualité dans le développement des capacités cognitives, linguistiques, arithmétiques et motrices, quelles que soient les conditions de vie de l’enfant. Des programmes d’enseignement préscolaire de qualité permettent de rendre les systèmes éducatifs plus efficaces et efficients, parce que les enfants participant à ces programmes préscolaires sont bien préparés pour les enseignements dispensés dans les premières années du cycle primaire. Dans les pays où un grand nombre d’enfants participent aux programmes préscolaires, ils sont considérablement plus nombreux à avoir acquis les compétences minimales à la fois en lecture et en mathématiques à la fin de leurs études primaires.

Etat de l’offre préscolaire au Bénin

L’éducation préscolaire reste sujette à de nombreux défis au Bénin. Ce sous-ordre du secteur de l’éducation est caractérisé aujourd’hui par une offre insuffisante malgré les efforts engagés par le gouvernement. Par ailleurs, les enfants sont exposés à une éducation de moindre qualité par manque d’enseignants, d’infrastructures scolaires et de matériels pédagogiques et ludiques, ce qui n’est pas de nature à faciliter la réalisation de l’ODD4.
L’offre préscolaire provient non seulement du public mais aussi du secteur privé ainsi que des communautés. Les enfants qui en bénéficient sont peu nombreux, le plus souvent issus de zones urbaines et de milieux sociaux favorisés.
Cinq (5) départements sur 12 ont des Taux Bruts de Pré-Scolarisation (TBPS) inférieurs à la moyenne nationale. La différence entre les extrêmes est considérable, notamment de 21 points de pourcentage entre la Donga (27 %) et l’Alibori (6 %).
Entre 2020 et 2021, le secteur de l’enseignement maternel a amorcé une amélioration de ses performances en matière d’offre. Le nombre d’écoles maternelles publiques et privées est passé de
2 829 en 2020 à 3044 en 2021 contre 2866 en 2019. Le privé contribue à la dynamique de ce niveau d’enseignement.
En 2021, 46 % des écoles maternelles ouvertes relèvent du privé avec 30 % des effectifs contre respectivement 42% et
34 % en 2019.
Le TBPS a évolué en dents de scie entre 2017 et 2021 passant de 16,1 % à
15,9 % malgré l’engagement national de porter le Taux Brut de Préscolarisation (TBPS) à 25 % en 2021 et à 33 % à l’horizon 2030.

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Evolution des allocations du préscolaire

En 2021, il est alloué au MEMP un budget de 126,2 milliards FCFA contre 118,9 milliards FCFA en 2020. Sur la base des estimations faites, le préscolaire bénéficie de 11,0 milliards FCFA en 2021 contre 10,7 milliards F CFA en 2020. Les allocations budgétaires au profit du préscolaire croissent moins vite que celles du MEMP. En effet, entre 2020 et 2021, le budget du MEMP a connu un accroissement de 6 % alors que celui du préscolaire s’est accru de
3 %. Il est à noter que depuis 2019, les allocations au préscolaire ont amorcé une hausse correspondant à un taux d’accroissement de 3,3 % entre 2019 et 2021 contre une baisse de
0,03 % précédemment observée entre 2017 et 2019.
La part du budget du préscolaire dans le Budget général connaît une baisse depuis 2020 passant de 0,67% à 0,66% en 2021 pour s’afficher à 0,61 % en 2022. La même tendance s’observe pour la part du budget du préscolaire dans le PIB qui passe de 0,12 % en 2020 à 0,11 % en 2021 et 2022.
Les allocations budgétaires au préscolaire nécessaires pour atteindre les objectifs du Plan Sectoriel de l’Education n’ont pas été mobilisées. De même, les actions prévues dans ce document n’ont été ni planifiées ni budgétisées pour être mises en œuvre. En effet, les PTA 2020 et 2021 du MEMP n’ont prévu que des sensibilisations des collectivités et communautés locales sur les questions de préscolarisation démarrées en 2020 pour se poursuivre en 2021. Aucune action spéciale de construction de salles de classe notamment dans les communes à faible taux brut de préscolarisation n’a été remarquée dans les budgets alloués à la maternelle. Les dépenses d’investissements à la maternelle qui devraient passer de 3701 millions FCFA en 2018 à 3848 millions FCFA en 2021, selon les prévisions du PSE, n’ont été que de 342 millions FCFA en 2018 contre 913,2 millions F CFA en 2017.
Pour l’exercice 2021, le MEMP a été doté de
126, 2 milliards FCFA avec 11,7 milliards FCFA de dépenses en capital, mais il n’a été identifié que 216 millions FCFA d’investissement dans le préscolaire. Le volume des crédits alloués au préscolaire dépend de l’importance du budget du MEMP puis de celui de l’Etat tiré du Produit Intérieur Brut (PIB) et du degré de priorité qui lui est accordé. En 2021, le préscolaire a reçu une allocation budgétaire de 11,0 milliards FCFA sur les 126, 2 milliards F CFA du budget du MEMP et de 216 millions F CFA de dépenses en investissement provenant entièrement de ressources extérieures. Sur les 2625 millions F CFA de dotations extérieures des dépenses en capital du MEMP, il n’est alloué au préscolaire que les 8,23 %. Sur le financement intérieur des dépenses d’investissement du MEMP, le préscolaire est laissé pour compte, le FADEC étant entièrement absorbé par le primaire.

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Décentralisation et éducation préscolaire

La dotation de 4320 millions FCFA de Fonds d’Appui pour le Développement des
Communes (FADEC) prévue pour être transférée aux communes sur la base de leurs besoins exprimés en salles de classe ne donne aucune précision sur le nombre de salles destiné au préscolaire. Un examen des dotations allouées au préscolaire révèle des disparités régionales. Pour exemple, le département du Zou couvre beaucoup plus d’écoles que le Littoral (262 contre 42 dans le Littoral) mais reçoit moins de transfert que le littoral (281 mille FCFA contre 368 mille FCFA pour le Littoral). Il en de même entre la Donga et l’Atlantique, entre les Collines et le Mono.

Pistes de plaidoyer pour une amélioration de l’éducation préscolaire

Au regard de l’immensité des défis à relever en vue d’assurer le développement du sous-secteur, il est recommandé que :
– le gouvernement œuvre à l’accroissement de la part du préscolaire dans le Budget de l’Etat pour atteindre au moins 1% ;
– le Comité de la Réforme Budgétaire du MEMP accorde plus de priorité aux investissements dans le préscolaire conformément aux ressources planifiées dans le Plan Sectoriel de l’Education ;
– la réalisation d’une recherche-action pour comprendre les facteurs expliquant les meilleurs résultats de la Donga afin de partager les leçons apprises et les bonnes pratiques avec les communes des autres départements ;
– la Direction de la Planification, de l’Administration et des Finances du MEMP et les responsables de programmes facilitent la traçabilité des ressources allouées au préscolaire lors de l’élaboration des Plans de Travail Annuel ;
– le MEMP accorde plus de priorité à la mise à disposition des écoles maternelles de matériels ludiques et à la formation continue des animateurs et éducateurs ;
– plus de priorité à la création et au fonctionnement des Centres Préscolaires Communautaires dans les communes en retard par rapport à l’accès au préscolaire ;
– plus d’ équité et d’efficience dans la gestion de la préscolarisation au niveau des communes.

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