Jean Claude Houssou, ministre de l’Energie: « L’énergie est un catalyseur des activités économiques»

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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En tournée de mise en service d’installations énergétiques dans le septentrion, le ministre de l’Energie, Dona Jean Claude Houssou, a présenté la vision du gouvernement pour le secteur dont il a la charge, le vendredi 23 août dernier, à Malanville. Au terme de trois jours de périple, le ministre a inauguré trois postes de transformateur électrique réalisés respectivement dans les communes de Bembèrèkè, Kandi, Malanville par la Communauté électrique du Bénin (Ceb) dans le cadre du programme d’Initiative régionale pour l’énergie durable (Ired). Ce qui renforce le dispositif énergétique du Bénin et constitue une révolution dans la région nord où l’usage des groupes électrogènes ne sera plus de mise.

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La Nation : Monsieur le ministre, que peut-on retenir de votre tournée de trois jours dans le nord du Bénin?

Jean Claude Houssou : Je puis vous dire que le gouvernement a mis en place depuis 2016 un programme d’action digne du nom avec une ambition jamais égalée. Cette tournée dans le nord est une étape importante dans la mise en œuvre effective de ce plan d’action. Ce que nous avons vu, ces trois derniers jours, est édifiant en ce sens que réellement, nous sommes dans le cadre d’un aménagement intelligent, concret, efficace et réel du territoire et particulièrement dans le secteur de l’énergie. Pendant ces trois jours, nous avons inauguré huit installations nouvelles de plus de 27 milliards de F Cfa au total. Cela montre la détermination du chef de l’Etat, à travers son gouvernement, à réellement concrétiser la promesse qu’il avait faite, lors de son investiture, le 6 avril 2016. Elle consiste à garantir l’énergie et l’eau à l’ensemble de ses concitoyens à l’horizon 2021. Nous sommes ici pour montrer que cette volonté se concrétise au fur et à mesure.
Je soulignerai également que, dans la mise en œuvre de ce plan dans le domaine de l’énergie, le gouvernement fait feu de tout bois. A la fois, on s’occupe du réseau conventionnel mais également du réseau non conventionnel pour que les coins reculés n’ayant pas pu avoir accès à l’énergie conventionnelle aujourd’hui, puissent voir leur quotidien amélioré.  

Quelles sont les localités qui bénéficient désormais de l’énergie électrique ?

Il s’agit de Zougou-Pantrossi, Bouanri, Koaratégui, Madécali, Angaradébou. Mais également, à travers ces cinq localités que je viens de citer, nous avons trois mini-centrales solaires qui sont opérationnelles et qui permettront aux populations d’être plus sécurisées à travers la lumière. Ce qui constitue un catalyseur de tout ce qui est activité génératrice de revenu tout en améliorant les conditions de vie des populations. Celles-ci pourraient avoir désormais des revenus plus importants grâce à leurs activités. Si je suis soudeur, menuisier, tailleur, artisan…, ces moyens énergétiques vont permettre d’accélérer mes moyens de développement. Dans les témoignages que nous avons eus, lors de nos passages dans les localités, un soudeur l’a même évoqué en disant qu’avant, lorsqu’il reçoit des avances de travail, il réfléchissait sur comment il va acheter le gas-oil. Ça, c’est terminé et il était très content.
A côté de ces mini-centrales solaires photovoltaïques, vous n’êtes pas sans savoir que le gouvernement veut avoir un mix énergétique responsable, en donnant une place de choix aux énergies renouvelables. Nous avons eu des extensions réseau de à partir des réseaux conventionnels de la Communauté électrique du Bénin et de la Société béninoise d’énergie électrique qui nous ont permis de corriger certaines anomalies dans des localités qui voyaient passer au-dessus de leur tête des lignes électriques mais sans jamais en bénéficier.

Qu’en est-il du programme Ired ?

Nous avons lancé officiellement une opération d’envergure dans notre pays. Ce qui me fait parler d’une préoccupation d’aménagement du territoire. Les souffrances qu’ont connues les populations de l’Alibori et du Borgou pendant des décennies en matière énergétique sont désormais terminées. A travers l’Initiative régionale d’énergie durable (Ired) de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), des investissements de près de 25 milliards F Cfa ont servi à créer à Bembèrèkè, Kandi et à Malanville des postes haute tension avec des transformateurs. Ceux-ci permettent de descendre les puissances et les potentiels pour arriver au niveau des installations de la Sbee, afin que la population puisse en bénéficier quotidiennement et de manière stable. C’est la première fois dans notre pays, en tout cas dans le Nord, qu’on voit un dispositif de ce niveau mis en œuvre avec un tel investissement. Ce qu’il faut noter, c’est qu’en dehors de la population qui va effectivement en bénéficier, on n’est plus obligé de prendre des groupes électrogènes pour alimenter les villes de Kandi, Malanville, Bembèrèkè, c’est simplement l’énergie produite soit à Maria Gléta à Calavi, soit en importation du Nigeria ou du Ghana qui viendra directement ici. C’est une avancée qui permet de créer les conditions de disponibilité énergétique favorable pour les industriels en vue d’un développement économique durable de cette région du septentrion. Je peux dire, sans risque de me tromper, que les conditions sont réunies pour un développement durable, inclusif et permettre une industrialisation de cette région.

Quelle garantie, en effet, pour ces infrastructures ?

Ces infrastructures de dernière génération, de dernière technologie, numérisées intégralement permettront d’avoir 25 ans d’avance sur nos besoins, ce qu’on n’a pas pu faire pendant des décennies. Nous avons toujours couru après la demande, où les besoins ont crû bien avant les investissements qui n’ont pas été au rendez-vous. Le gouvernement a décidé de changer de paradigme, donc d’inverser la façon de considérer les choses en anticipant désormais sur nos besoins futurs. A Bembèrèkè, Kandi, Malanville, les installations flambant neuves que vous voyez garantissent nos besoins pendant les 25 ans à venir.

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