Joël Ahofodji, responsable du projet  »50 millions de femmes ont la parole’’pour l’Afrique de l’Ouest:« Promouvoir l’autonomisation des jeunes filles et des femmes par les Tics »

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Un outil visant à promouvoir l’autonomisation et l’entrepreneuriat féminin via la toile. La Plateforme ‘’50 millions de femmes ont la parole’’ se propose de relever ce défi. Joël Ahofodji, responsable du contenu de la plateforme pour l’Afrique de l’Ouest, explique les avantages pour la gent féminine.

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La Nation : La Cédéao en union avec le gouvernement du Bénin a procédé récemment à l’installation de l’équipe-pays dans le cadre du projet ‘’50 millions de femmes ont la parole’’. Quel message les femmes entendent-elles véhiculer à travers cette plateforme?

Joël Ahofodji : La problématique d’un développement socio-économique durable et équilibré dans un espace communautaire sécurisé et stable qui offre des facilités pour l’épanouissement des peuples de nos Etats membres, a toujours été la principale préoccupation au cœur des programmes régionaux initiés par l’autorité des chefs d’Etat et de gouvernement, et mis en œuvre par la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) depuis sa création en 1975. Cet objectif ne peut être atteint sans l’élimination des disparités et inégalités qui handicapent certaines couches sociales, notamment les femmes et les enfants.
Le projet ‘’plateforme 50 millions de femmes ont la parole’’ est une initiative de la Banque africaine de développement mise en œuvre en Afrique de l’Ouest par la Cédéao, au niveau de l’Afrique centrale et Australe par le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) et au niveau de l’Afrique de l’Est par la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est. C’est une initiative qui vise à promouvoir l’autonomisation des jeunes filles et des femmes par l’utilisation des technologies de l’information et de la communication.

Comment cela va-t-il fonctionner?

Il s’agit de mettre en place un outil technologique qui va fonctionner comme un réseau social, et sur cette plateforme, nous aurons la possibilité d’avoir toutes les informations qui peuvent aider les jeunes filles et les femmes à créer leurs entreprises, à rester dans le monde des entreprises et à développer leurs entreprises. Nous aurons également d’autres informations, notamment celles portant sur les exemples de réussite ou tout ce qui peut motiver les jeunes filles et les femmes à s’investir dans le développement personnel, à quitter l’informel pour le formel et à prospérer dans le monde des affaires. Ces efforts doivent s’observer dans chacun des pays du continent africain.

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Quelle sera la mission de l’équipe-pays ?

Nous avons installé l’équipe chargée de gérer ce projet au Bénin afin qu’elle puisse nous aider à avoir toutes les informations nécessaires pour la mise en œuvre de la plate-forme. Cet outil doit pouvoir aider les femmes et les jeunes filles du Bénin qui sont dans le monde de l’entreprise et qui veulent prospérer à avoir les informations utiles à leur business d’une part, mais également des informations liées aux sources de financement et aux formations d’autre part. La plate-forme sera également d’une grande utilité pour les partenaires au développement, les banques, les institutions de microfinance ou financières qui veulent promouvoir l’entrepreneuriat féminin. Toutes les informations concernant le Bénin sont sur la plate-forme et il en sera de même pour tous les autres pays qui y figurent à savoir le Burkina Faso, le Mali, le Nigeria…..
Tous les pays africains auront donc des informations importantes et crédibles, susceptibles d’aider les femmes à sortir de leur situation de précarité en entreprenant, ainsi que les jeunes filles qui veulent se lancer dans le monde des affaires. La disponibilité de ces informations provenant de tous les pays membres de la plateforme facilitera le réseautage et le partenariat. Du Bénin, on n’aura plus besoin de se déplacer à Kigali pour savoir comment on investit ou comment on fait des affaires. Du Kenya, l’opératrice économique n’aura plus besoin de venir au Bénin pour trouver un partenaire dans le domaine de la production du beurre de karité par exemple ou de l’ananas. La plateforme va fonctionner comme un réseau social, offrira des ouvertures aux opératrices économiques de chaque continent et facilitera le développement des affaires.

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Quel lien peut-on établir avec les‘’50 millions de femmes’’et les objectifs de développement durable ?

Les Objectifs de développement durable (Odd) donnent une priorité à l’aspect genre et tout ce qui converge vers la promotion et l’autonomisation de la femme. Cinquante millions, ce n’est qu’un objectif premier que nous nous sommes fixé, parce que nous avons estimé que pour le début de ce projet, nous devons essayer d’atteindre 15% des femmes du continent africain. C’est en estimant ce pourcentage que nous sommes arrivés au chiffre de cinquante millions. Nous pouvons aller plus loin si tous les Etats se mobilisent pour participer à la réalisation de cette plate-forme. Si le Nigeria seul arrive à dépasser ce chiffre alors qu’il y a d’autres pays peuplés comme l’Afrique du Sud où les femmes entrepreneures sont plus présentes, nous pouvons rapidement dépasser ce plafond et cela va accélérer la mise en œuvre de cette initiative.

Comment pourra-t-on apprécier les impacts de ce projet sur les pays ?

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Nous sommes à l’ère des nouvelles technologies. Il suffit d’un clic pour avoir les statistiques de femmes qui visitent ces plateformes, qui ont pu avoir des financements grâce à elles et qui ont pu établir des partenariats avec des partenaires d’affaires dans la sous-région. C’est un outil technologique qui nous permettra d’avoir des résultats concrets. Le tout dépendra des efforts de sensibilisation et de communication que tous les pays auront déployés en faveur des utilisatrices de la plateforme et des entrepreneures africaines à l’utiliser comme un outil de réseautage.

Quelle doit être l’attitude des jeunes filles désireuses d’entreprendre pour bénéficier de ces avantages ?

Cette plateforme va fonctionner comme un réseau social et les jeunes sont beaucoup plus dynamiques sur les réseaux sociaux. Nous sommes appelés à faire de la sensibilisation afin de toucher davantage notre cible, entre autres les femmes entrepreneures, femmes rurales ou toutes autres catégories qui peuvent par le biais d’un portable accéder à la plate-forme, en vue du développement du monde des affaires?

Propos recueillis par Maryse ASSOGBADJO