Jouissance des droits sexuels: La déviance fatale

Par Désiré GBODOUGBE,

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Les droits sexuels autorisent tout individu qu’il soit jeune, adolescent ou adulte à disposer de son corps et à jouir pleinement de son sexe. Malgré les garde-fous mis en place  par les spécialistes de la santé, il n’est pas rare de constater une certaine déviance fatale aux jeunes. Quelles sont les conséquences liées à l’abus desdits droits ?

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Les droits sexuels sont déduits des droits de l’homme. Au nombre de ces droits, on peut citer le droit à l’autodétermination sexuelle, c’est-à-dire que l’individu peut et a le droit de déterminer lui-même sa sexualité. Benjamin
Koudjanou, de l’Association béninoise de la promotion de la famille, affirme que cela signifie qu’on décide soi-même de la façon dont on veut vivre sa sexualité. Ainsi, tout acte sexuel, quel que soit l’âge de l’individu, doit être librement consenti, c’est-à-dire que personne ne peut obliger quelqu’un à des actes sexuels. L’autre droit lié à la sexualité est le libre choix de son partenaire, ajoute-t-il. Ici, personne ne peut vous reprocher ou vous discriminer en raison de votre sexualité. Il s’agit aussi du droit au mariage ou au refus du mariage. Autrement dit, tout individu a le droit de décider lui-même s’il veut se marier, avec qui et quand. Personne ne peut le forcer à se marier contre son gré. Il peut aussi décider de ne pas se marier. Ainsi, on peut divorcer si l’on veut après le mariage. Conformément à la Charte des droits en matière de sexualité et de reproduction, l’individu figure au cœur du développement et il est reconnu l’importance qu’il y a à créer un environnement favorable dans lequel chacun peut jouir de tous ses droits sexuels afin de prendre activement part aux processus de développement économique, social, culturel et politique. La sexualité est un aspect de la vie humaine et sociale qui implique toujours le corps, l’esprit, la politique, la santé et la société. Les droits sexuels sont des droits humains fondamentaux fondés sur la liberté, la dignité et l’égalité inhérentes à tous les êtres humains.
Au nom de ces droits et bien d’autres liés à la sexualité, l’on assiste dans nos lycées et collèges, voire nos universités à une nouvelle pratique sexuelle où chacun y va de son gré, quitte à faire des victimes parmi les filles. Pour avoir de bonnes notes dans les universités, pour avoir de bons postes dans les sociétés ou dans l’administration publique, il faut simplement baisser la culotte. Cette liberté n’est pas sans effet sur la vie sexuelle des jeunes filles.

Conséquences liées à l’abus sexuel

La pauvreté est à la fois une cause et une conséquence de la mauvaise santé sexuelle et des inégalités et exclusions fondées sur la sexualité. Le lundi 29 janvier 2018, le ministère des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle a dévoilé la fiche statistique départementale des cas de grossesses enregistrés en milieu scolaire au titre de l’année scolaire 2016-2017. Selon le document publié par les services de ce ministère, l’année scolaire 2016-2017 a enregistré au total 2763 cas de grossesses sur
301 821 filles inscrites. A l’analyse de ce tableau récapitulatif, c’est le département des Collines qui vient en tête avec 472 cas de grossesses. Le département du Couffo ferme la marche avec 17 cas de grossesses dans ses collèges et lycées. De tels chiffres sur les cas de grossesses en milieu scolaire en une année démontrent l’ampleur de ce fléau qui hypothèque l’avenir des jeunes filles.
Par ailleurs, les statistiques de santé dans la sous-région font état de 22 millions d’avortements non sécurisés. Ces avortements sont pratiqués dans le monde chaque année et contribuent pour environ 13% à la mortalité maternelle totale. Une telle situation pose le problème de la protection de l’enfant en matière de sexualité.
Or, l’article 5 de la Convention des droits de l’enfant dispose qu’il incombe aux parents ou autres personnes légalement responsables de l’enfant de donner à celui-ci, d’une manière qui corresponde au développement de ses capacités, l’orientation et les conseils appropriés à l’exercice de ses droits. Ainsi, les niveaux de protection liés à sa participation à des activités qui risquent de le mettre en danger diminueront selon sa capacité évolutive.
En outre, le principe de capacité évolutive de l’enfant associe le respect de l’enfant, sa dignité et son droit à être protégé contre toutes formes de danger, tout en reconnaissant la valeur de sa contribution à sa propre protection.
Le droit d’être protégé et d’obtenir réparation contre toutes les formes de violences et de préjudices corporels est à la base des droits sexuels. Tous les enfants et adolescents ont le droit d’être protégés contre toutes les formes d’exploitations dont l’exploitation sexuelle, la prostitution des enfants et toutes les formes d’abus, de violence et de harcèlement sexuels.
Aussi, les droits sexuels ne devraient-ils pas conduire la jeunesse à une déviance dont les conséquences sont immenses.

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