Journée internationale de la paix: « Travailler à maintenir l’état de paix est un défi collectif », dixit Ralmeg Gandaho

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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La célébration de la Journée internationale de la paix, vendredi 21 septembre dernier, coïncide avec le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme (Dudh). « Le droit à la paix: 70 ans après la Déclaration universelle des droits de l’Homme », un thème sur lequel le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres invite les citoyens du monde à méditer pour une paix durable. Pour sa part, le président de l’Ong ‘‘Changement social Bénin’’, Ralmeg Gandaho, exprime à travers cette interview son opinion sur la manifestation de la paix et appelle à travailler pour la maintenir au Bénin.

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La Nation : La paix au Bénin, comment la percevez-vous en tant qu’Ong défendant les droits humains ?

Ralmeg Gandaho : Il suffit de se référer au message du secrétaire général des Nations unies pour comprendre que 70 ans après la Déclaration universelle des droits de l’Homme (Dudh), c’est l’occasion sur le plan mondial d’apprécier le niveau de la célébration de la dignité humaine. Cette appréciation, sans trop vite aller en besogne et au regard du quotidien des citoyens du monde, laisse croire que la dignité humaine est en génuflexion. Donc, le défi reste entier. Pour en revenir au contexte du Bénin, si la paix est considérée comme l’absence de guerre, on peut dire que le Bénin est un pays de paix. Mais si vous demandez à chaque individu comment il apprécie la paix, il vous dira que la paix pour lui c’est lorsqu’il n’a pas de souci pour assurer la satisfaction de ses cinq besoins fondamentaux et ceux de sa famille. De ce point de vue, si vous interrogez chaque Béninois, il vous dira oui, le Bénin n’est pas en guerre, mais nous avons l’impression chacun d’être en guerre pour notre survie.

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Qu’est-ce qui sous-tend votre position ?

La question de la paix devient une question sensible qui interpelle sur le niveau de célébration de la dignité humaine depuis 1990. Avons- nous suffisamment travaillé pour le progrès ? Avons-nous suffisamment travaillé pour la satisfaction des droits sociaux et économiques ? Ne perdons pas de vue que les classements récurrents au niveau des Nations unies par rapport à l’indice du développement humain du Bénin ont prouvé, ces dernières années, que nous avons stagné après les 157e et 167e rangs. On n’a jamais pu faire des prouesses, on rivalise de médiocrité avec beaucoup d’autres pays qui stagnent là aussi. Les évaluations mondiales montrent combien nous avons des défis à relever par rapport à la dignité humaine, par rapport à la paix en chacun de nous.

Visiblement, vous dénoncez une situation de malaise ?

C’est vrai que dans la Constitution, des droits fondamentaux ont été consacrés. Le Bénin a aussi adhéré à beaucoup d’instruments internationaux, mais ce qui n’est pas vrai et qui reste un défi pour nous tous, c’est qu’à ce jour nous n’avons pas travaillé à partager les valeurs et principes au nom desquels le Bénin a adhéré à ces instruments. On n’a pas travaillé à les partager avec tous les Béninois et pour cela, nous avons ouvert la brèche, depuis 30 ans, à tout marchandage d’illusion. Je crois que nous avons le défi d’inviter les Béninois à célébrer un peu les droits de l’Homme. C’est un défi concernant la mobilisation des jeunes autour des questions pertinentes de leur développement.

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Que préconisez-vous alors ?

21 septembre, Journée de la paix et 70 ans de la Dudh, nous ne prenons pas en fait les articles comme étant des incantations, nous les prenons comme étant inhérents à la dignité humaine, inhérents à l’existence humaine. Et de ce point de vue, pour autant que nous soyons humains, nous allons travailler davantage à ce que les valeurs humaines et les principes que véhiculent ces articles de la Dudh soient célébrés, tant par les politiques que par les commerçants.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné d’après vous ?

En 30 ans, le recul qu’on a observé est dû à un défaut de militantisme, nous n’avons pas eu des citoyens moulés, outillés aux droits fondamentaux consacrés dans la Constitution. Nous n’avons pas eu des personnes en mesure d’exiger leur satisfaction, nous n’avons pas rendu les citoyens eux-mêmes acteurs, participants à l’effectivité de leurs droits. Nous avons organisé une démocratie élitiste, nous avons voulu construire un Etat de droit entre élites et nous avons échoué.
Le défi aujourd’hui, c’est de rendre accessibles les droits, le contenu des articles et le contenu des droits fondamentaux, de rendre effective la jouissance des dispositions de l’article 40 de la Constitution pour tous les Béninois. Ceux-là qui ont engendré notre Constitution de 1990 ont compris que sans une effectivité de son article 40, l’Etat de droit sera un vain mot et c’est le cas actuellement. Donc, il faut savoir là où l’on a trébuché et prendre la patience de reconstruire et d’espérer des résultats à moyen et à long termes. Partant de l’hypothèse que les réformes lancées et l’engagement politique qu’il y a aujourd’hui sont pour une restauration de la démocratie béninoise, je voudrais inviter les artisans à l’œuvre à intégrer le volet participatif. Car, sans une participation des principaux bénéficiaires, l’effectivité serait impossible. C’est un défi collectif que de travailler à maintenir l’état de paix au Bénin.

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Propos recueillis par Alexis M. METON