Journée internationale de l’homme: Une célébration peu connue du public

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Les hommes étaient à l’honneur 19 novembre dernier à l’occasion de la Journée internationale qui leur est dédiée. La célébration met en lumière les problèmes spécifiques auxquels ils sont confrontés. Au Bénin, elle est passée sous silence tout comme dans beaucoup d’autres pays africains.

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La journée internationale de l’homme est célébrée, chaque 19 novembre, depuis plusieurs années. En dépit de son envergure mondiale, cette célébration ne revêt aucun cachet spécial au Bénin. D’autres pays africains n’y taillent pas non plus une grande importance. Elle passe sous silence avec l’ignorance et l’indifférence des hommes eux-mêmes et des acteurs à divers niveaux.
Selon les Nations Unies, cette journée se focalise sur la santé des garçons, l’amélioration des relations entre les sexes, la promotion de l’égalité entre les sexes et vise à mettre en lumière des modèles masculins. C’est une occasion pour les hommes de mettre en évidence la discrimination à leur encontre et de célébrer leurs réalisations et leurs contributions, en particulier à la communauté, en matière de famille, de mariage, et de soins des enfants, selon les Nations Unies.
Mais les habitudes sociales sont si ancrées dans la célébration de la gent féminine que le sujet parait utopique pour des hommes. «Je ne suis pas au courant de cette journée. C’est la première fois que j’en entends parler. J’ai toujours entendu parler de la journée internationale de la femme », déclare Anselme
Noukoya, étudiant.
D’autres marquent plutôt une grande indifférence quant à l’existence d’une telle journée. «Je sais qu’une telle journée permettra de mettre en valeur l’homme, mais c’est vous qui m’informez de l’évènement aujourd’hui », confie Christophe Dossa, comptable.
Si la Journée internationale de la femme célébrée le 8 mars ou la journée internationale de la fille, commémorée le 11 octobre focalisent toutes les attentions, l’idée d’une journée en faveur des hommes reste encore incomprise de certains. « Je ne sais rien de cette journée, je n’ai aucune information là-dessus», lance Charbel Houémassou, étudiant, l’air étonné.
Pourtant, depuis plusieurs années, la gent masculine n’a cessé de la réclamer afin de mettre en exergue les exploits et vanter les mérites de l’homme comme à l’occasion du 8 mars. A quand notre journée ? s’interrogent certains. Célébrer la femme sans le faire autant pour l’homme est une injustice, commentent d’autres.

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Les hommes, victimes de violences

Beaucoup d’observateurs notent que la gent masculine est également victime de discriminations, d’inégalités, de préjugés et de violences. S’il est généralement admis que les violences sur les femmes sont tangibles, il faut noter également qu’il existe beaucoup d’hommes victimes, d’actes de violence de la part des femmes, des hommes particulièrement stigmatisés qui subissent silencieusement ce phénomène et éprouvent une honte à l’évoquer. Il n’est pas exagéré de dire que les hommes autant que les femmes sont victimes de violences et que ces victimes masculines se comptent surtout dans les ménages d’intellectuels.
Pour Michel Mèhinto, qui a soutenu sa thèse de doctorat sur les violences faites aux hommes, «Les hommes subissent les violences psychologiques, verbales, économiques, sexuelles et physiques ».
Le Bénin ne dispose pas encore officiellement d’une étude sur les inégalités masculines encore moins de statistiques sur les violences masculines. « Les hommes peinent tellement à dénoncer leurs bourreaux que le Bénin manque aussi de statistiques pour renseigner leurs cas», relève Michel Mèhinto.
Selon lui, « les violences masculines se passent dans un contexte d’incompréhension et de banalisation de la violence…». Il évoque aussi les préceptes culturels pour souligner la stigmatisation des hommes. «Les commandements traditionnels font que les hommes n’arrivent pas à dire sur la place publique qu’ils sont victimes de violences; ces préceptes culturels obligent les hommes à se dénigrer », relève-t-il.
Au Bénin, seuls quelques chercheurs et des cadres du ministère des Affaires sociales peuvent évoquer aisément l’existence de la journée internationale de l’homme. « Nous sommes heureux d’avoir une journée au nom des hommes. Si cela peut faire notre bonheur, ce serait bien. Il importe de promouvoir les droits des hommes à l’occasion de cette célébration et qu’elle prenne également l’allure d’une grande fête, car selon nos traditions, l’homme est le premier responsable du foyer », souhaite Alexandre Zondo, en service à la direction de la Prévention du handicap et de la réadaptation des personnes handicapées au ministère en charge des Affaires sociales.
Les promoteurs de cette journée ont encore à faire pour mieux la faire connaître.