Journée mondiale contre le travail des enfants: Croisade contre le phénomène

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La communauté internationale a célébré, ce mardi 12 juin, la Journée mondiale contre le travail des enfants. Au Bénin, la direction générale du Travail a marqué l’évènement par une sensibilisation à Cotonou à l’endroit des auteurs, avec le soutien de l’Unicef. Le constat sur le terrain renseigne que les acteurs de la chaîne de protection ont encore fort à faire pour arriver à bout du phénomène.

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Zongo. Ce mardi aux environs de 11 heures. Sur un grand immeuble en chantier, en face du port sec du même quartier, le petit B. Oussou et son compagnon de fortune, D. Oussoukpèvi, âgés d’une dizaine d’années environs, étaient à pied d’œuvre. La couleur blanchâtre que laissent les traces de ciment sur leurs têtes montre bien à quel point ces deux gamins sont habitués aux chantiers de construction de bâtiments. Difficile d’affirmer s’ils s’y adonnent à cœur joie ou à contrecœur. Toujours est-il, qu’ils en font leur job, en bravant le trajet Cotonou- Porto-Novo, chaque semaine dans le souci de réunir quelque 3000 F Cfa à la fin de la semaine pour survivre.
Ces deux garçons issus de familles résidant à Porto-Novo, ont largement dépassé l’âge de la scolarisation. Tous deux n’ont d’autres occupations que les chantiers. Ce tableau illustre bien la triste réalité du travail des enfants au Bénin.
La visite surprise de la direction générale du Travail (Dgt) à
Zongo, ce mardi, montre bien qu’elle ne s’est pas trompée de cible. En dehors de ces cas, plusieurs autres petits commerçants ont été croisés dans le même quartier.
Selon la directrice générale du Travail, Mireille Adankon Lègba, la lutte contre le travail des enfants révèle un paradoxe au Bénin. « En dépit des actions de lutte, le phénomène ne régresse pas. Bien au contraire, la tendance est encore haussière », se désole-t-elle.
L’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) estime à environ 52 % le nombre d’enfants exploités économiquement au Bénin en 2014, contre 34 % en 2008. Selon les données du Bureau international du travail (Bit), en 2013, le nombre d’enfants travailleurs étaient de 168 millions. On estime à 7008, le nombre d’enfants exploités économiquement en 2013 dans les marchés Dantokpa à Cotonou, Arzèkè à Pararkou, Ouando à Porto-Novo.
C’est pour toucher sur la fibre sensible des parents par rapport à la nécessité de faire jouir les enfants de leurs droits que la Dgt entourée des cadres de l’Office centrale de protection des mineurs (Ocpm), des inspecteurs, des assistants sociaux et autres acteurs de la chaîne de protection des enfants, se sont mobilisés dans le cadre de la Journée mondiale contre le travail des enfants afin de sensibiliser les auteurs de ces actes. L’édition de cette année est placée sous le thème, « Sécurité, santé au travail pour les jeunes travailleurs ».
Pancartes en main, ils ont parcouru les carrefours, les rues, les maisons, les ateliers, les points de vente à Zongo pour passer leurs messages. « Les enfants à l’école, les adultes au travail », « L’exploitation économique des enfants est un crime », « Non à la présence des enfants dans les chaînes de production », tels sont les messages de sensibilisation portés à l’attention des parents.
Le travail des enfants porte atteinte au développement de la nation. « Le travail des enfants n’honore pas notre pays ; il est urgent que nous prenions les taureaux par les cornes », explique Raymond Zounmatoun, directeur des normes du travail. Le travail des enfants est défini comme un travail effectué par un enfant en dessous de l’âge légal de 14 ans au Bénin. Il s’agit d’un travail qui nuit à son développement ou à son bien-être. Il est prévu et puni par la loi. Ceux qui se rendront coupables de rébellion aux sensibilisations subiront la rigueur de la loi, avertit-il. La sensibilisation se poursuit demain à Missèbo et à St Michel.

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