Journée mondiale de l’hépatite au Bénin: Le cri de cœur de la Société civile aux députés

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Plusieurs Organisations de la Société civile organisent depuis mardi dernier, une Quinzaine d’actions urgentes contre l’hépatite B. Lesquelles actions s’inscrivent dans le cadre de la Journée mondiale de l’hépatite au Bénin. Ces acteurs de la Société civile ont marché hier mercredi 29 juillet, sur l’Assemblée nationale pour attirer l’attention des députés sur les ravages de cette maladie silencieuse et la nécessité pour eux de doter le Bénin d’une loi pour la freiner tant soit peu.

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La déclaration de plaidoyer de la coalition des Organisations de la Société civile à l’endroit de la Représentation nationale lue par le professeur Nicolas Kodjoh, hépato-gastro-entérologue et point focal Bénin de lutte contre l’hépatite, a été on ne peut plus claire. Elle met le doigt sur la plaie et la nécessité d’une action urgente et énergique pour lutter contre l’hépatite au Bénin.

Selon Nicolas Kodjoh, l’hépatite est une inflammation des cellules du foie qui peut être causée par des produits toxiques, une consommation excessive d’alcool, certains médicaments, une obésité, un trouble du système de défense de l’organisme. Elle constitue la première cause de mortalité et de morbidité de l’adulte dans de nombreux pays africains dont le nôtre.
Au Bénin spécifiquement, les hépatites chroniques B et C sont les plus répandues. 9,9 % de Béninois sont porteurs chroniques d’hépatite virale B, selon une enquête diligentée par le ministère de la Santé en 2013. Le Bénin dénombre près de
1 400 000 malades d’hépatite dont 990 000 personnes infectées par l’hépatite B et plus de 400 000 par l’hépatite C.
A en croire le point focal Bénin de lutte contre l’hépatite, le risque élevé d’une infection à plus grande échelle dans le pays est dû à la forte possibilité de propagation rapide de la maladie dans le pays en raison de la promiscuité, des pratiques à risque, du contexte socio-culturel et des conditions d’hygiène qui favorisent la transmission verticale de la mère au nouveau-né et la transmission horizontale de la maladie dans les familles et dans les communautés à partir des personnes malades vers les sujets sains, notamment entre enfants. C’est donc un véritable problème de santé publique, l’hépatite B. Il ne saurait laisser personne indifférente.

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Kyrielle d’actions

C’est conscient de cette situation que la coalition des OSC représentée par l’Ong Autre vie, l’Ong Bénin santé et le Point focal Bénin de lutte contre les hépatites a décidé d’initier une kyrielle d’actions dont une sensibilisation à l’attention des autorités étatiques et particulièrement, la Représentation nationale sur les enjeux de l’hépatite au Bénin. Ces acteurs de la Société civile ont marché hier sur l’Assemblée nationale. Dans la déclaration de plaidoyer, ils invitent les députés à doter le Bénin d’une loi sur les hépatites, notamment le dépistage obligatoire des femmes enceintes au plus tard au sixième mois de la grossesse pour empêcher la transmission de la mère au nouveau-né, le dépistage et au besoin la vaccination des populations à risque. Les OSC plaident par ailleurs, pour la mise en place d’un programme national et un plan stratégique de lutte contre l’hépatite qui réponde aux réalités vécues par les citoyens béninois et le dépistage et le traitement gratuit à tous les niveaux des malades.
Recevant la déclaration de plaidoyer, le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, Falilou Akadiri a trouvé noble le combat de cette coalition des OSC. Car, avoue-t-il, l’hépatite est une maladie dangereuse. Il encourage ces acteurs à poursuivre les actions de lutte contre ce fléau.
Falilou Akadiri a promis de rendre compte à qui de droit avant de souligner que les députés ne manqueront pas de rester sensibles à leur cri de détresse.
Signalons que la coalition d’Ongs a installé un stand hier sur l’esplanade de l’Assemblée nationale et a organisé le dépistage gratuit au profit d’une centaine de personnes.