Journée mondiale de la lutte contre le Sida : inégalités et manque de préparation

Par Catherine Fiankan-Bokonga,

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Les services de lutte contre le Vih ont subi de graves perturbations en 2020 suite à l’annonce de la pandémie de Covid-19 et la fermeture de nombreuses frontières. Si les progrès réalisés jusqu’à présent ne sont pas exploités, 7,7 millions de décès surviendront au cours de cette décennie.

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Depuis mars 2020, la lutte contre le Sida est entrée en concurrence avec celle contre la Covid-19. Les professionnels de la santé espèrent que les progrès accomplis, au cours des 40 dernières années, ne seront pas perdus, sinon 7,7 millions de décès liés au sida surviendront au cours de cette décennie. Les experts considèrent que si le monde met en œuvre la stratégie mondiale de lutte contre le sida 2021-2026, au moins 4,6 millions de vies peuvent être sauvées. En juin, les États membres des NationsUnies (Onu) sont convenus d’une nouvelle approche : lutter contre les inégalités, combler les lacunes dans l’accès aux services liés au Vih d’ici 2025 et espérer atteindre l’objectif mondial de mettre fin au sida d’ici 2030.
Dommages causés par la Covid-19
Les dommages causés aux programmes de lutte contre le Vih par la pandémie varient selon les pays. Ils ont été particulièrement importants au cours des six premiers mois de la crise. Les personnes vivant avec le Vih ont été exposées à un risque élevé de morbidité et de mortalité à cause de la Covid-19. Les services de réduction des méfaits pour les personnes usagères de drogues ont été interrompus dans près des deux tiers (65 %) des 130 pays. Les programmes de circoncision masculine médicale volontaire ont eux aussi été gravement perturbés en 2020. Ils ont été manqués dans 15 pays prioritaires d’Afrique orientale et australe. Le rythme des tests de dépistage ainsi que celui des diagnostics de Vih ont diminué presque uniformément. Moins de personnes vivant avec le Vih ont commencé un traitement en 2020 dans 40 des 50 pays qui ont communiqué ces données. Le nombre de personnes vivant avec le Vih et recevant une thérapie antirétrovirale n’a augmenté que de 1,9 % entre janvier et juin 2020, passant de 25,5 millions de personnes à 26,0 millions de personnes. À la fin du mois de juin 2021, on comptait 28,2 millions de personnes vivant avec le Vih sous traitement dans le monde.
Inégalités
Le Vih profite des inégalités au sein des sociétés pour se développer. Selon le Forum économique mondial, la pandémie a fait reculer l’égalité de genre d’au moins une génération.
Les inégalités sous-jacentes sont aussi constatées au travers de l’impact de la Covid-19, de la tuberculose, du paludisme, d’Ebola, du choléra et d’autres maladies infectieuses. Plusieurs populations clés, notamment les professionnels du sexe, les consommateurs de drogues injectables, les détenus, les transgenres, les homosexuels et les autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, sont exposées à un risque accru de contracter le Vih et d’autres infections potentiellement mortelles en raison de leur marginalisation dans la société, de la discrimination et la violence qu’elles subissent, et des lois qui cherchent à punir leurs actes. Une nouvelle analyse réalisée par l’Onusida montre que les données communiquées par de nombreux pays semblent sousestimer la taille des populations clés. Ainsi, des dizaines de millions de personnes dans le plus grand besoin sont laissées sans aide.
Afrique subsaharienne
En Afrique subsaharienne, les adolescentes et les femmes sont les plus infectées par le Vih. Cependant, les hommes de cette région sont moins susceptibles d’être atteints par les services de dépistage et de traitement. La pauvreté et le manque de scolarisation sont d’autres obstacles redoutables aux services de santé et de lutte. Des preuves substantielles montrent que l’autonomisation des adolescentes et des jeunes femmes peut non seulement réduire leur risque de Vih, mais aussi conférer un large éventail d’avantages sociaux et de santé tout au long de la vie. L’éducation, en particulier, réduit la vulnérabilité tout en aidant à construire des sociétés fortes et résilientes.
Risques accrus durant la pandémie
Des preuves, en provenance d’Afrique du Sud, du RoyaumeUni et des États-Unis, indiquent que les personnes vivant avec le Vih qui contractent la Covid-19 courent un risque accru de forme grave de la maladie et de décès. Il n’y a aucune preuve que les personnes atteintes par le Vih puissent avoir des effets indésirables aux vaccins contre la Covid-19. Selon, l’Onusida, la pandémie est une occasion sans précédent de tirer les leçons du passé. Elle permet de mobiliser les investissements nécessaires à la mise en place d’un cadre mondial complet permettant de mettre fin aux inégalités, au Sida et de se préparer aux pandémies à venir.

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