Journée mondiale de la population: Assouplir les mesures au profit de la santé sexuelle et procréative

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La communauté internationale a célébré ce dimanche 11 juillet, la Journée mondiale de la Population. Occasion pour l’Organisation des Nations Unies (Onu), de s’attarder sur les vulnérabilités des femmes dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, dans un contexte de pandémie, ainsi que les actions à mettre en place pour assurer leur santé.

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La problématique de la santé sexuelle et procréative dans un contexte de Covid-19 est au cœur de la Journée mondiale de la population, édition 2021. A l’occasion, l’Organisation des Nations Unies note un fléchissement des efforts en matière de santé reproductive dans le monde. La cause, les restrictions dans le cadre de la lutte contre la pandémie qui induisent des flottements dans la livraison des services et produits de contraception.
« Alors que celles et ceux qui ont accès à ces services retardent habituellement les grossesses en cas d’incertitude économique ou de crise, on estime que les perturbations dans les livraisons de contraceptifs ainsi que les confinements vont provoquer une augmentation sensible des grossesses non planifiées chez les plus vulnérables », relève le Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa).
Le constat d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’Onu, est le même : « Alors que dans de nombreux pays, la population est confinée et le système de santé mis à rude épreuve, la santé sexuelle et procréative est reléguée au second plan et la violence de genre est en augmentation ».
Les violences basées sur le genre, les mariages infantiles et les mutilations génitales féminines ont pris de l’ampleur du fait de la perturbation des programmes destinés à éliminer ces phénomènes.
L’Unfpa alerte sur les conséquences futures si des mesures d’assouplissement ne sont pas envisagées pour rendre plus accessibles les prestations en matière de santé reproductive. Elle prévoit que, si les mesures de confinement accompagnées de perturbations majeures des services de santé devaient se poursuivre pendant encore six mois, ce sont quarante-sept millions de femmes qui, dans les pays à faibles revenus, risquent de ne pas pouvoir accéder à des moyens de contraception moderne. Ce qui entraînerait 7 millions de grossesses non désirées. Quelque trente-et-un millions de nouveaux cas de violences de genre pourraient également être enregistrés.

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Mettre en avant les droits

Plus illustratif sur les violences auxquelles les femmes et les filles sont exposées, le Rapport sur l’état de la population mondiale 2020, publié en mars dernier, indique comment les mesures de confinement motivées par la pandémie ne feront qu’aggraver la situation. « Plus de quatre millions de filles subiront, cette année, des mutilations génitales féminines et douze millions seront soumises à un mariage forcé », renseigne le rapport de l’Unfpa.
C’est pourquoi, le secrétaire général de l’Onu exhorte la communauté internationale à mettre en avant les droits sexuels et reproductifs des femmes.
« En cette journée mondiale de la population, faisons en sorte de préserver les soins de santé sexuelle et procréative, de protéger la santé et les droits des femmes et des filles et de mettre fin à la violence de genre. La pandémie a rendu notre tâche beaucoup plus ardue, mais nous devons persévérer », lance-t-il.
Pendant ce temps, l’Unfpa s’attarde sur la « nécessité de donner la priorité aux droits et à la santé procréative de toutes et de tous, en garantissant l’accès à l’information et aux services, y compris en cas de bouleversement démographique ou de changement de tendance dans la fécondité ».
La communauté internationale s’est engagée à assurer un accès universel aux services de santé sexuelle et procréative, à répondre aux besoins insatisfaits en matière de contraception et à mettre fin à toutes les formes de violences à l’égard des femmes à l’échéance 2030, conformément à l’esprit des Objectifs de développement durable et de la Conférence internationale sur la population et le développement (Cipd). Forts de cet engagement, les acteurs entendent mettre tout en œuvre afin d’éviter que la maladie à coronavirus anéantisse les progrès accomplis jusque-là.

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