Journée mondiale de l’environnement: L’Onu lance la décennie pour la restauration des écosystèmes

Par Collaboration extérieure,

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Cette année, les Nations Unies ont décidé de lancer la décennie pour la restauration des écosystèmes à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement (5 Juin) dont le thème central est la revitalisation et la protection de nos écosystèmes. Selon le chef de l’Onu, c’est un ultime appel pour que nous soyons solidaires pour « soigner la terre ». La dégradation du monde naturel compromet déjà le bien-être de 3,2 milliards de personnes, soit 40 % de l’humanité. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) ainsi que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (Pnue) encouragent dans un rapport à réparer, d’ici 2030, divers écosystèmes dégradés de la planète pour une surface totale équivalente à la superficie de la Chine.

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Cela fait près de 50 ans qu’à travers la Déclaration de Stockholm (Suède) sur l’environnement, les États membres de l’Onu ont déclaré que les personnes ont un droit fondamental à « un environnement d’une qualité qui permette une vie de dignité et de bien-être ». Selon un groupe de plus de 50 experts indépendants des Nations Unies, il est temps que des mesures concrètes soient prises par le Conseil des Droits de l’homme et par l’Assemblée Générale de l’Onu. Sur les 193 membres de l’organisation, seuls 156 ont inscrit ce droit dans leur Constitution, leur législation et leurs traités régionaux. Les experts constatent que « le monde est actuellement confronté à une urgence climatique, à une pollution toxique omniprésente, à une perte dramatique de la biodiversité et à une recrudescence des maladies infectieuses émergentes d’origine zoonotique, comme la Covid-19. La crise environnementale a des effets négatifs sur la jouissance de multiples droits de l’homme, notamment les droits à la vie, à la santé, à l’eau, à l’assainissement, à l’alimentation, à un travail décent, au développement, à l’éducation, au rassemblement pacifique et les droits culturels, ainsi que le droit de vivre dans un environnement sain. »

Rapport de la Fao et du Pnue

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (Pnue) ont lancé le 3 juin un rapport qui rassemble l’ensemble des recherches récentes. Le Directeur du bureau de la Fao à Genève, Dominique Bourgeon, a déclaré « qu’il est absolument essentiel, et c’est tout l’enjeu de cette décennie, d’aller au-delà de la conservation des écosystèmes et de se diriger aussi vers leur conservation. Cela offre de multiples avantages et bénéfices au niveau de la santé, de la sécurité alimentaire, de la création d’emplois. A titre d’exemple il a expliqué « qu’en moyenne, chaque année, la planète perd quasiment 10 millions d’hectares de forêts. Pour mieux comprendre l’étendue des dégâts, sachez que la forêt française équivaut à environ 17 millions d’hectares».

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Importance de l’Afrique

« Le continent africain fait partie de l’équation », selon Dominique Bourgeon, « et est donc prise en compte durant les discussions». Des partenariats ont été signés dans le cadre du Fonds vert, initiative mondiale créée en 2010 par les parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Ccnucc). En République Démocratiques du Congo (Rdc) un programme a été mis en place pour lutter contre la dégradation des forêts (ramassage du bois de feu, meilleure agriculture) mais la Fao travaille également dans le cadre de l’Initiative de la Grande Muraille verte, projet de développement durable pour reverdir le Sahel. « On essaie de restaurer plus de 10 millions d’hectares par an car c’est une zone où vivent 230 millions de personnes », précise le chef de la Fao en Suisse.

Priorités selon l’Onu

Dans son message pour célébrer cette journée particulière le Secrétaire général de l’Onu, António Guterres, souligne que « nous atteignons rapidement un point de non-retour, concernant la planète ». Il déclare que « nos urgences, sur le plan environnemental, sont triples: perte de la biodiversité, dérèglements climatiques et pollution galopante ». Six domaines prioritaires dans l’action pour le climat durant la phase de relèvement après la Covid-19 ont été définis par l’Onu, à savoir : investir dans des emplois décents ; pas de plans de sauvetage pour les industries polluantes; ne plus subventionner les combustibles fossiles ; mettre fin aux investissements et à la construction de centrales électriques alimentées au charbon ; tenir compte des risques et des perspectives liés au climat dans l’ensemble des décisions financières et stratégiques; renforcer la coopération entre les pays ; assurer une transition juste qui ne fait pas de laissés-pour-compte. Lors de l’Accord de Paris, les pays ont pris acte de la nécessité d’un financement spécifique pour le climat. « Il faut rendre les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques ».

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Restauration des écosystèmes

Selon les données d’octobre 2019 provenant de la Banque mondiale, la planète devra consacrer des moyens considérables aux infrastructures dans les 15 prochaines années, environ 90 milliards de dollars, pour permettre la restauration des écosystèmes et particulièrement pour atteindre les objectifs de neutralité carbone que le monde s’est fixés. Mais, la transition vers une économie verte peut débloquer de nouvelles perspectives économiques et de nouveaux emplois. Un investissement de US$ 1 génère, en moyenne, un bénéfice de US$ 4. La transition vers des économies résilientes et sobres en carbone pourrait créer plus de 65 millions d’emplois nets dans le monde d’ici à 2030.

Nécessité de normes mondiales

L’Organisation Internationale de Normalisation (Iso) dont le secrétariat est basé à Genève, s’engage à jouer un rôle moteur avec de nouvelles normes et initiatives. Un comité technique a été créé récemment, afin d’élaborer des normes appelées à aider tous types d’organismes ainsi que les pouvoirs publics à contribuer aux efforts pour inverser la tendance actuelle. C’est ainsi que l’Union Internationale pour la conservation de la nature (Uicn) a élaboré des normes mondiales pour la préservation de la biodiversité, le standard mondial pour l’identification des zones importantes pour la biodiversité et le standard mondial pour les solutions fondées sur la nature.
La Covid-19 n’a pas arrêté le changement climatique et, bien que la pandémie ait entraîné une chute des émissions, cette baisse n’a été que temporaire et les émissions sont remontées à peu près là où elles étaient avant la pandémie. Elles sont en effet revenues à un niveau qui mènerait à des élévations de la température mondiale largement supérieures à l’objectif de 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris et qui aurait des répercussions bien plus désastreuses.
Les rivières et les lacs sont pollués, de nombreuses zones humides sont asséchées, on constate de la surpêche…ainsi, nous sommes confrontés à une forme de crise.

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Par Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse)