Journée nationale du Patrimoine immatériel: Sauvegarder l’héritage des contes et légendes

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Ce vendredi 14 août, le Bénin célèbre la Journée nationale du Patrimoine immatériel. Dans le cadre de la onzième édition de cette journée, l’Association Mémoires d’Afrique Bénin organise ce jour, une conférence sur le thème : « Héritage des contes africains : nécessité de transmission des valeurs face à l’offensive des médias de cultures étrangères».

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Fidèle à sa vocation et forte de son engagement constant depuis plus d’une vingtaine d’années, l’Association Mémoires d’Afrique Bénin n’entend pas passer sous silence la Journée nationale du Patrimoine immatériel. Même si la crise sanitaire et le souci de faire barrière à la propagation de la Covid-19 imposent l’annulation de la traditionnelle Nuit des contes sur toute l’étendue du territoire, Mémoires d’Afrique Bénin a décidé de célébrer, de façon sobre mais significative, la onzième édition de la Journée nationale du Patrimoine immatériel.C’est à travers l’organisation, ce vendredi 14 août 2020, d’une conférence de presse suivie d’une communication sur le thème :
« Héritage des contes africains: nécessité de transmission des valeurs face à l’offensive des médias de cultures étrangères ». Cette communication qui se tient à l’espace culturel Le Centre sera donnée par Soubérou Osséni, Doctorant et cadre de l’Ecole du Patrimoine africain.
En effet, l’Afrique est par excellence, le continent de l’oralité et la valeur des contes et légendes n’est plus à démontrer. Ils sont aussi révélateurs, inspirants, pédagogiques, qu’instructifs. Au Bénin, chaque culture, chaque ethnie, chaque région est un vivier de contes et légendes. Hélas, cette richesse culturelle est menacée de disparition faute d’intérêt de la jeune génération, spectatrice passive et absorbée par le processus de mondialisation. Comment aller plus loin, si l’on s’ignore, si l’on ne sait d’où l’on vient et où l’on va ? La maxime Connais-toi, toi-même, de Socrate est d’autant vraie que la prise de conscience de soi, de ses forces et de ses limites, devient un tremplin dans l’action et la connaissance de l’autre. Pour la préservation du patrimoine culturel oral, il devient urgent d’établir un pont entre les anciens, garants de la tradition et les plus jeunes, garants de l’avenir. Ce pont se veut fort, pour qu’à l’instar du cordon ombilical qui sert de fibre nourricière pour le bébé dans le sein de sa mère, ce lien puisse servir de canal de transmission entre les anciens et les plus jeunes. Mémoires d’Afrique Bénin reste convaincue que la culture est un vecteur inestimable de développement et le patrimoine culturel immatériel, une source intarissable d’enseignements. Toutes les actions de Mémoires d’Afrique Bénin restent ancrées dans cette conviction qui, plus que la vision d’une fédération, se veut la flamme qui se communique à l’Afrique entière afin qu’elle rayonne davantage à la face du monde.

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A propos de Mémoires d’Afrique et de Mémoires d’Afrique Bénin

Sauvegarder et faire vivre le patrimoine culturel africain, ainsi se résume l’ambition de Mémoires d’Afrique. « Il s’agit de préserver, par écrit ou par tout autre moyen, la mémoire d’un peuple, de rassembler les personnes qui désirent la transmettre et de la faire connaitre à d’autres peuples, de créer les conditions qui permettent aux Africains de prendre conscience par eux-mêmes de l’importance revêtue par les contes et légendes dans leur propre culture, de contribuer à maintenir un lien fort entre les anciens, gardiens de la tradition, et les jeunes, garants de l’avenir; de sorte que les Africains, prenant eux-mêmes en charge leurs intérêts se joignent au processus de mondialisation non en tant que victimes mais en tant qu’acteurs». Pour relever ce défi, Mémoires d’Afrique entend organiser dans plusieurs pays africains, de grands concours nationaux de collecte de contes et légendes pour permettre aux populations de participer elles-mêmes à la préservation et à la transmission de leur mémoire collective, gage d’authenticité. Une fois recueillis, ces contes et légendes sont destinés à publication dans des ouvrages en langues locales, en français et en anglais.
« Afin de «fixer sans figer», ces contes et légendes pourront revivre grâce à l’instauration d’une nuit des contes dans ces pays ». Le Bénin est le premier pays à avoir accueilli ce projet, qu’il expérimente avec succès. La nuit des contes est reconnue par les autorités béninoises et organisée chaque année depuis 2006. Et depuis plus d’une dizaine d’années, la nuit des contes se tient dans le cadre de la Journée nationale du Patrimoine immatériel, célébrée le 14 août. Par ailleurs, de la collecte des contes et légendes au Bénin, Mémoires d’Afrique a déjà publié quelques ouvrages.
A noter que Mémoires d’Afrique Bénin est une association culturelle, membre de la fédération Mémoires d’Afrique. Elle tire sa source, sa vision, sa mission et ses objectifs de cette fédération. L’idée de fédération est récente mais l’institution de Mémoires d’Afrique est plus vieille. Portée par le père lsraël Mensah et Mgr Isidore de Souza, Mémoires d’Afrique est née de la volonté d’œuvrer à la préservation du patrimoine immatériel africain et au dialogue des cultures. C’est ainsi qu’avec le concours de quelques amis acquis à la cause, les pères fondateurs ont créé l’Association Mémoires d’Afrique en octobre 1998. Ce n’est qu’en 2018, après 20 ans d’activités, que les membres de Mémoires d’Afrique ont décidé, après une étude approfondie, que Mémoires d’Afrique devienne une Fédération regroupant des associations nationales. Mémoires d’Afrique Bénin en est devenue la fille aînée.