Journées nationales de la gouvernance édition 2018: Restaurer la crédibilité du Bénin à l’international

Par Bruno SEWADE,

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Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané

Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, représentant le président de la République, a lancé, ce jeudi 21 juin à Cotonou, les travaux de la deuxième édition des Journées nationales de la gouvernance. Ce rendez-vous de deux jours de haut niveau des différents décideurs vise à réfléchir autour de la question de la bonne gouvernance afin de restaurer la crédibilité du Bénin à l’international.

« Aller au-delà des sanctions administratives, civiles et pénales pour faire de la restitution des deniers et biens publics détournés, le leitmotiv de la lutte contre l’impunité ». C’est l’objectif des Journées nationales de la gouvernance édition 2018 (Jng 2018) qu’organise l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc) et le Front des Organisations nationales contre la corruption (Fonac), depuis ce jeudi 21 juin à Cotonou. 

« Si cet objectif était à vendre, notre gouvernement l’achèterait tout de suite », a déclaré le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, représentant le chef de l’Etat, à l’ouverture des travaux. Il félicite les deux structures qui ont offert l’occasion de changer de fusil d’épaule, d’être plus dissuasif, plus effrayant et plus coercitif dans la lutte contre la corruption.
Pour le ministre d’Etat, cette lutte ne peut s’autoriser d’aucune complaisance. L’enjeu, selon lui, n’est pas seulement national. La lutte contribue aussi à la restauration de la crédibilité du pays au plan international. « Les actions de salubrité que nous avons courageusement entamées depuis le 6 avril 2016 au plan de la gestion publique ont valu à notre pays quelques points sur le tableau des classements publiés chaque année par Transparency International », rappelle Abdoulaye Bio Tchané. En effet, selon l’Indice de perception de la corruption de Transparency International, le score du Bénin s’est légèrement amélioré en 2017 par rapport à l’année 2016. Ainsi, de la 95e place en 2016, le Bénin occupe la 85e place en 2017. Ce qui constitue, selon le représentant du président de la République, une avancée très remarquable de dix places. Malgré ces indicateurs de lutte contre la corruption, quelque peu rassurants, il regrette que le mal persiste et l’impunité en constitue le nid et le lit. « Cet amer constat doit nous amener à entrevoir la lutte sous un autre prisme », pense-t-il.

Même vision

Le représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement, coordonateur résident des Agences du Système des Nations Unies au Bénin, Siaka Coulibaly, a mentionné que les objectifs des Jng cadrent bien avec la vision du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres. Ce dernier, rappelle-t-il, considère que « La corruption et l’impunité sont corrosives, accroissent la frustration et annihilent les efforts de développement ». Par ailleurs, souligne-t-il, le développement socio-économique, par une meilleure mobilisation de ressources nationales, ne sera donc pas possible sans la réduction des diverses formes de corruption et de blanchiment d’argent qui réduisent considérablement la base des ressources taxables et l’atteinte des objectifs de développement durable.
Pour le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, Jean-Baptiste Elias, les Jng 2018 seront une occasion pour faire le point de la mise en œuvre des recommandations de l’édition 2017 avant d’en formuler d’autres au terme des travaux ce jour. En initiant les Jng, explique-t-il, il est question de faire du Bénin, un pays où la démocratie fonctionne bien avec la bonne gouvernance au point.
Il faut rappeler que l’organisation des Jng 2018 a connu la présence des représentants des structures de lutte contre la corruption des pays de la sous-région comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Togo, le Burkina Faso et de l’Union africaine.