Lancement du projet Forêts classées du Bénin: 75 millions de dollars US d’investissement pour préserver les aires protégées

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Le projet Forêts classées du Bénin entre dans sa phase active. Il s’agit d’un investissement de 75 millions de dollars US pour préserver les aires protégées et lutter contre les effets néfastes des changements climatiques au Bénin.

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La gestion durable des forêts classées préoccupe les autorités béninoises. Le projet Forêts classées entré en vigueur le 1re octobre 2019 à la satisfaction du gouvernement, selon José Tonato, ministre du Cadre de vie et du Développement durable, a été lancé officiellement, mardi 25 février dernier à Cotonou.
D’un montant de 75 millions de dollars US dont une contrepartie nationale estimée à 14 millions de dollars US, le projet Forêts classées du Bénin couvre une période de sept ans, notamment octobre 2019-novembre 2026. Il prend en compte quatorze forêts classées localisées dans les départements de l’Atlantique, du Plateau, du Zou, des Collines, du Borgou, de la Donga, de l’Atacora, et de l’Alibori et une vingtaine de communes riveraines, d’après José Tonato.
L’objectif du projet,précise-t-il, est d’améliorer la gestion intégrée des forêts classées ciblées, de faciliter l’accès des principaux centres de consommation aux bois-énergie produits de manière durable et de promouvoir la chaîne de valeur des Produits forestiers non ligneux (miel et karité) ciblés pour améliorer les revenus des communautés dépendantes des forêts. D’après José Tonato, le projet va impacter la population locale estimée à un million d’habitants qui verront leurs conditions de vie améliorées par des opportunités d’emplois, de revenus, et un meilleur accès aux acteurs de production agricole.

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Projet novateur

Saluant le soutien financier de la Banque mondiale dans la mise en œuvre du Pfc, José Tonato a dévoilé l’utilité et l’importance des forêts dans la lutte contre les changements climatiques. «Le développement durable n’est possible qu’avec la gestion durable des ressources naturelles et en particulier des ressources forestières. Outre les produits forestiers ligneux et non ligneux, les forêts sont également de précieux écosystèmes capables d’absorber le gaz carbonique et donc d’épargner à notre univers plusieurs risques environnementaux, notamment le risque de changement climatique. Elles sont aussi les écosystèmes qui contribuent à la régulation des régimes hydrauliques de cours d’eau, à la recharge des nappes phréatiques, à la protection des sols contre divers types d’érosion et de dégradation », a expliqué le ministre.
D’importants efforts ont été accomplis par le gouvernement, grâce à l’appui des partenaires dont la Banque mondiale pour accompagner les communautés riveraines, dans la préservation des aires protégées, a martelé Atou Seck, responsable des opérations de la Banque mondiale au Bénin. Selon lui, point n’est besoin de rappeler que le Bénin est confronté à un recul inquiétant de ses forêts. La surface forestière est passée de 8,12 millions d’hectares en 2007 à 7,9 millions en 2016, soit un déclin de plus de 215000 hectares. « La pression démographique, les pratiques agricoles peu soucieuses de la protection des ressources forestières et de l’environnement ainsi que l’exploitation anarchique des forêts constituent de nos jours des phénomènes majeurs qui accentuent les extrêmes climatiques », a fait savoir Atou Seck, avant de suggérer un sursaut national pour assurer l’équilibre entre l’homme et son environnement, face à l’apparition des conflits sociaux autour de quelques écosystèmes naturels.
Atou Seck a, par ailleurs, souligné que le projet forêts classées mettra en place des mécanismes incitatifs en faveur des activités d’agroforesterie et d’intensification agricole et améliorera la maîtrise des feux de brousse, tout en développant des plantations pour la production de bois de chauffage sur des terres boisées dégradées afin de satisfaire les besoins énergétiques importants des centres urbains. Il s’emploiera également à accroître l’efficacité de la production de charbon de bois, à améliorer la gestion de la transhumance.