Lancement du rapport 2014 sur la nutrition mondiale:Que faire pour améliorer les indicateurs ?

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Intégrer la nutrition dans les stratégies de lutte contre la pauvreté et dans la promotion du développement durable. C’est l’une des raisons fondamentales de l’organisation de la Table ronde sur le rapport 2014 relatif à la nutrition mondiale. Outre les experts régionaux en nutrition, la rencontre a réuni hier, jeudi 19 février, à Cotonou, les membres du Conseil national de la nutrition et de l’alimentation (CAN), des représentants d’ONGs, des chercheurs, des universitaires….

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Le constat est frappant. Les statistiques et données en matière de nutrition dans le monde ne sont pas reluisantes. Sur la question, la position du Bénin est loin d’être enviable. Le pays fait partie des mauvais élèves dans le classement mondial sur le plan nutritionnel.
45% des décès des enfants de moins de 5 ans sont liés à la sous-nutrition. Dans dix sept pays, on compte 468 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrant de retard de croissance, émaciation et surcharge pondérale.
Le Bénin n’est pas absent de ces listes. Dans 21 pays, on compte 2025 millions de personnes qui ne bénéficient pas de supplémentation en fer et en acide folique.
Au-delà de ces chiffres, la représentante de l’UNICEF au Bénin, Anne Vincent, fera également l’amer constat que le Bénin n’atteindra aucun objectif sur les six retenus mondialement et fixés par l’organisation mondiale de la Santé. Lesquels objectifs s’articulent entre autres autour de la « réduction de 40% du nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance», «la réduction de 50% de l’anémie chez les femmes en âge de procréer», «la réduction de 30% de l’insuffisance pondérale à la naissance», et «l’augmentation du taux d’allaitement exclusif pour atteindre au moins 50%».
Mais les conséquences de la malnutrition ne se limitent pas à ces domaines.
Selon le ministre en charge du Développement, Marcel de Souza, la malnutrition entraîne une perte de 11% du PIB résultant des pertes humaines, de mauvais rendements à l’école, d’une diminution des revenus au travail et d’absentéisme pour cause de maladies. Mieux, les mères sous-alimentées sont plus susceptibles de donner naissance à des bébés sous-alimentés, perpétuant ainsi une transmission intergénérationnelle de la pauvreté.

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Replacer la nutrition au cœur du développement
Même si, relève le chef de file des partenaires techniques et financiers, Anne Vincent, la prévalence de la malnutrition chronique est passée de 37% en 2008 à 32% en 2011, soit une diminution de 5% selon l’EMICOV, « le Bénin fait partie des pays les moins bien placés dans la réalisation de progrès en matière de nutrition ».

Pour elle, cette diminution est insuffisante et il urge de développer de nouvelles stratégies pour inverser la tendance. Les mesures qu’elle propose intègrent la prise en compte des atouts naturels dont dispose le Bénin, mais qui sont faiblement exploités. Elle cite en exemple les potentialités agricoles, qui pourraient servir dans la lutte contre la sous-nutrition.
«La nutrition ne doit pas être considérée comme une simple question d’accès à une quantité de nourriture suffisante, mais plutôt comme un accès aux nutriments adéquats, au moment opportun dans un environnement sain ainsi qu’un renforcement des soins de santé et de protection sociale, en particulier les 1000 premiers jours de vie», a-t-elle indiqué.
En effet, l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), arrive à terme sous peu. Mais les pays peuvent encore se rattraper.
C’est dans ce sens que le rapport 2014 sur la nutrition mondiale «apporte un soutien intrinsèque tout au long du cycle de vie et à travers les générations, favorise la résilience individuelle face aux chocs et aux incertitudes engendrés par le changement climatique et les fluctuations extrêmes des prix ».

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Il souligne « les progrès réalisés à l’échelle mondiale par les 193 Etats membres des Nations Unies en vue d’améliorer leur état nutritionnel ». Le document met également en lumière les possibilités d’intervention et contribue à renforcer la redevabilité en matière de nutrition à l’échelle nationale et mondiale. En un mot, il se propose de replacer la nutrition au cœur des questions de développement.