Le dramaturge Jérôme Tossavi à propos du Salon du livre de Genève : « Nous allons représenter le Bénin à un rendez-vous important…»

Par Arnaud DOUMANHOUN,

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Le dramaturge Jérôme Tossavi à propos du Salon du livre de Genève : « Nous allons représenter le Bénin à un rendez-vous important…»Jérôme Tossavi

Des échanges épistolaires entre écrivains sur leur vécu quotidien, le tout compilé dans un bouquin au terme d’une année littéraire. Jérôme Tossavi, écrivain-dramaturge, a relevé le défi à travers le projet GenevAfrica, mis en œuvre par Laboratorio arts contemporains. Il partage son expérience avant de s’envoler pour la Suisse mercredi 11 mai dernier.

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LA NATION : Que comprendre du projet GenevAfrica ?

Jérôme Tossavi : C’est un projet qui donne primauté à deux auteurs d’ici, en lien avec deux auteurs suisses, pour échanger durant toute une année. Il s’agit d’une année littéraire. Dans ce cadre, le promoteur Max Lobé, Grand prix Amadou Kourouma, m’a mis en lien avec une auteure de la Suisse qui a pour nom Marion Emonot. Avec elle, nous avons échangé une trentaine de lettres toute une année sur nos vécus quotidiens, nos milieux de vie, nos réalités culturelles, etc. Les échanges ont donné lieu à une publication d’anthologie qu’on va présenter à Genève dans le cadre du Salon du livre qui se déroule du 20 au 22 mai 2022.

Par quel canal les échanges ont-ils eu lieu ?

La primauté, c’est le genre épistolaire. Donc, ce sont des lettres. En principe, les lettres devraient transiter par la poste. Mais puisque nous sommes dans l’ère de la modernité, on a procédé par mail. Elle m’envoyait les lettres et je lui répondais au fur et à mesure sur les contenus. C’est purement et essentiellement par mail que tout s’est passé.

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Dans quel registre avez-vous échangé ?

Tous les registres. En fait, c’est dans le cadre d’une écriture automatique. Quand on parle d’écriture automatique, c’est une écriture systématique. Donc, on n’avait aucune contrainte. Pas de contrainte thématique et de forme. Il n’y a rien du tout. On était totalement libre. Parfois, on est dans le soutenu, parfois dans le familier et parfois dans le pathétique. La preuve, en cours de chemin, elle a perdu son mari par exemple. Cela nous a donné vraiment de la matière à écriture. Autour de cela, on a évoqué la question du deuil, de la mortalité, de la natalité… Donc, c’est toute une philosophie qu’on a essayé de tisser à travers ce projet.

Quelles sont les activités à mener en Suisse ?

C’est une programmation assez riche et très fournie. Je me demande même si on pourra tenir dans le temps. En fait, il y aura beaucoup de performances. D’abord, il y aura des conférences publiques autour du livre parce qu’il s’agit d’une publication. Le livre existe physiquement et sera présenté. Il regroupe les échanges entre le duo Jérôme Tossavi-Marion Emonot et celui de Djamile Mama Gao-Fabian Menor. Cela fait environ 60, voire 70 lettres de quatre personnes. Le livre est intitulé «Genève-Ouidah 2022» parce que la première édition, c’était «Genève-Kin 2020». Il y aura d’autres activités parallèles comme: des lectures à haute voix des extraits des lettres dans des espaces, des séances de dédicaces, des rencontres de libraires et d’écrivains.

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Quelles sont les perspectives au retour de ce voyage ?

Je reviendrai à Cotonou pour présenter ce livre au public cotonois. C’est un projet assez noble. Il va falloir le dupliquer au plan micro, au plan national. Pourquoi ne pas exécuter le projet avec des auteurs béninois, togolais et burkinabé. On peut donc prévoir sa forme micro. Nous allons présenter le livre aux acteurs de la chaîne du livre au Bénin parce que nous représentons le Bénin à ce grand rendez-vous de Genève. On peut éventuellement solliciter des audiences auprès des autorités béninoises pour leur présenter ce projet piloté par Laboaratorio arts contemporains, la structure partenaire de GenevAfrica au Bénin.

Quel sort pour les liens tissés avec votre duo ?

Ils sont devenus vitaux. Désormais avec Marion, c’est plus qu’une question de familiarité maintenant. Je sais que j’ai une famille d’accueil à Genève. D’ailleurs, elle y tient beaucoup. Après, elle pourra m’inviter à d’autres choses. C’est la famille littéraire qui s’agrandit ainsi. Ce projet nous a donné beaucoup d’ouverture.

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Quels sont vos sentiments avant ce voyage pour la Suisse ?

Ce sont des sentiments de fierté. Nous allons représenter le Bénin à un rendez-vous important comme le Salon du livre de Genève. Avec un projet aussi crédible, pour nous, c’est une grande chance. Le sérieux et le dynamisme me dopent le moral.