Le professeur Fabien Houngbè à propos de la préservation du bien-être: «Le Béninois n’a pas la culture du bilan de santé»

Par zounars,

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Dans la mentalité du citoyen apparemment bien portant, les hôpitaux et les médecins ne sont fréquentés qu’en cas de santé défaillante, hormis si l’on accompagne un patient. De ce fait, des pathologies profitent pour se développer alors qu’un simple bilan de santé suffit pour diagnostiquer le mal et vite le traiter. La culture du bilan de santé s’impose.

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« Le corps humain dans sa totalité est comme une entreprise. Comme tel il exige aussi un bilan de santé. Il s’agit de faire le point du fonctionnement des organes qui le composent». C’est ce qu’a indiqué le professeur Fabien Houngbè, chef service de médecine interne au CNHU de Cotonou. Selon lui, le bilan de santé constitue un examen médical à but préventif. «Il permet d’explorer, organe par organe, le corps humain pour relever les pathologies qui ne se manifestent pas encore, de saisir les anomalies et tares fonctionnelles susceptibles d’altérer la santé afin de vite réagir pour éviter le pire», a-t-il poursuivi.

Ainsi défini, le bilan de santé n’est pas un examen médical réservé à des malades avérés. Car, «Tout homme est un malade qui s’ignore», selon Fabien Houngbè. C’est pourquoi, rappelle-t-il, tout être humain bien portant doit faire un bilan de santé pour s’informer sur l’état de son organisme. Malheureusement, les populations attendent le déclenchement du mal pour se référer aux spécialistes. «Il y a des patients qui arrivent chez nous tardivement», se désole-t-il.
Faire un bilan de santé, c’est voir si on n’est pas un malade ambulant en ce sens qu’il permet de constater l’état de chaque organe, de vérifier l’effectivité de chacune de ses fonctions et d’en déceler les éventuels troubles et disfonctionnements. «Le bilan de santé permet par exemple de faire un dépistage précoce des cancers et de vite se faire prendre en charge. Il consiste en une suite d’examens auxquels est soumis celui qui le demande», renchérit Fabien Houngbè. Il peut s’agir entre autres du bilan biochimique avec un contrôle des taux de glycémie, de cholestérol et le bilan fonctionnel rénal.
Les médecins internistes sont les personnes habilitées à faire le bilan de santé. Ils prescrivent les examens à effectuer, après l’examen clinique du patient. Les examens sont prescrits en fonction du sexe et de l’âge de l’intéressé. «Pour une femme de 35 ans par exemple, un frottis cervico-vaginal, une mammographie sont nécessaires tandis que pour un homme de 70 ans, il s’agira de l’électrocardiogramme, du toucher rectal et d’une échographie de la prostate», ajoute Fabien Houngbè. Parfois, les cliniciens sont obligés de tenir compte de certains paramètres tels que la profession et les ressources financières du patient afin de lui permettre de faire son bilan de santé sans grandes difficultés. Toutefois, certains maux peuvent être pris en charge par le médecin interniste qui orientera le patient vers un spécialiste lorsque le mal est à un stade d’évolution dont le traitement ne relève plus de ses compétences.
«Mieux vaut prévenir que guérir», dit-on.
Le bilan de santé est annuel. Les populations ne s’y intéressent pas encore malgré son importance. «Les Béninois n’ont pas la culture du bilan annuel de santé. Souvent, ce sont les cadres et ceux qui ont des parents à l’extérieur qui leur en parlent qui viennent faire le bilan de santé», déplore Fabien Houngbè. Beaucoup de citoyens meurent ainsi faute de bilan de santé. Cela peut-être dû à la crainte du coût des analyses demandées. A cet effet, rapporte le professeur, «Certains corps de la société bénéficient d’une prise en charge jusqu’à un pourcentage par l’Etat». Mais n’est-il pas préférable d’avoir très tôt connaissance des maux dont on souffre et de se faire soigner, plutôt que d’attendre une dégradation de son état avant d’aller en consultation ? Une prise de conscience de cet examen médical s’impose pour la préservation du mieux-être.

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Par Bonaventure AGBON & Mariane GBOSSEMEDE (Stagiaires)