Le sport au Bénin à l’heure de la Covid-19: La reprise en l’absence d’un protocole sanitaire spécifique

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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En l’absence d’un protocole sanitaire spécifique, la reprise des activités sportives au Bénin paraît un passage en force. Par rapport au respect des gestes barrières, la négligence constatée dans la plupart des stades de football, depuis le démarrage de la ligue professionnelle, n’est pas de nature à rassurer.

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Restés fermés pendant plusieurs mois, en raison de la Covid-19, les stades de football, salles de gymnastique, terrains et autres centres de sport au Bénin ont retrouvé leur animation depuis décembre dernier. Au football surtout, ce sont les clubs qui ont repris du service, à la faveur de la Ligue professionnelle au titre de la saison sportive 2020-2021 démarrée samedi 30 janvier dernier. Ceci, en présence du public mais sans le moindre protocole sanitaire spécifique.
En effet, avant la relance des activités sportives, un protocole était censé être proposé et suivi au niveau de toutes les disciplines sportives au Bénin. «Nous allons veiller à ce que le retour à la compétition ne soit pas l’occasion pour les gens de tomber malade. Donc, nous allons travailler avec le ministère de la Santé pour un protocole sanitaire», a annoncé en son temps le ministre en charge des Sports, Oswald Homéky. Cependant, ledit protocole continue de se faire désirer.
En attendant, dans la plupart des stades, tout se passe comme si le Bénin est épargné de la pandémie. A leur entrée, le contrôle du port de masque n’est souvent pas systématique. Il n’est également pas observé dans les gradins de leurs tribunes.
Et pourtant, à chaque match à domicile des Buffles du Borgou, des Panthères de Djougou et de Takunin Fc de Kandi, les stades débordent souvent de monde. Dépourvus de dispositifs de lavage de mains, ils sont pris d’assaut par un public qui n’accorde aucune importance au respect de la distanciation et des autres gestes barrières contre la Covid-19. Au mépris desdites mesures, les acteurs sportifs que constituent le public présent, les joueurs des équipes et les membres de leur staff technique et d’encadrement, se côtoient sans même se soucier des risques qu’ils courent. Toutefois, avant chaque match, joueurs et membres du staff d’encadrement ont parfois droit, à défaut de voir le club leur faire passer les tests, à une piqûre de rappel des mesures.

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Des saisons déclarées blanches

Face à l’augmentation du nombre de sujets contaminés, après que le premier cas a été confirmé au Bénin le 16 mars 2020, les autorités ont pris des mesures pour freiner la propagation du virus dans le pays. D’autres dispositions, notamment l’interdiction de regroupement de plus de dix personnes en tous lieux à l’exception des espaces marchands, avec obligation de respecter une distance d’un mètre minimum entre personnes, suivront le lundi 23 mars de la même année. Dans la foulée, le stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou de Cotonou et les stades départementaux ont été fermés et interdits d’accès. Ainsi, la Fédération béninoise de cyclisme a reporté le 8 mars 2020, son tour cycliste international à cause du coronavirus. Suivront les fédérations de basket-ball, de handball, de volley-ball et autres qui vont surseoir à leurs compétitions statutaires. Au même moment, toutes leurs activités sportives en cours ont également été suspendues. Finalement, toutes ces fédérations ont dû déclarer leur saison sportive blanche.
Dans la perspective d’une éventuelle reprise, les athlètes étaient obligés de se contenter des séances individuelles d’exercices physiques, en suivant les instructions de leurs encadreurs. C’est pour leur permettre de maintenir leur forme. Ainsi, il est fréquent de rencontrer le gardien de but des Buffles du Borgou, Chérif Dine Akakpo, Ismaël Sabi de Esae Fc, Mafouz Boateng des Panthères Fc de Djougou et d’autres joueurs des clubs évoluant en première ou deuxième division, en train de travailler leur condition physique. Comme eux, les athlètes des autres disciplines sportives n’ont également pas dormi sur leurs lauriers.
Soumis à l’épreuve du coronavirus, le sport béninois n’a pas fini de payer un lourd tribut. Il y a donc à craindre pour l’amélioration de son niveau, si la pandémie doit perdurer .

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