Le sport au Bénin de 1960 à 2021: La volonté politique plus manifeste sous la ‘’Rupture ‘’

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Stade de Comè

Le Bénin a célébré, ce dimanche 1er août, le 61e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. A l’heure du bilan, force est de constater que jamais, la volonté politique n’aura été aussi manifeste au service du développement du sport depuis 1960, si ce n’est pas sous l’ère du régime de la ‘’Rupture’’.

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Le premier fait d’armes réalisé par le sport béninois reste la première qualification de sa sélection nationale de football, à une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations. C’était à Tunisie 2004 et la toute première fois dans l’histoire du pays, depuis 1960. Et, ce n’est pas faute d’exploits réalisés au niveau des autres disciplines sportives. Jusqu’à un passé récent, avec les nombreux titres remportés sur le plan africain par ses pugilistes dont feu Aristide Sagbo alias Sowéto, Georges Boco « le roi des KO », Nazaire Kpadonou, Justin Savi, Victor Kpadénou, Ange Adjaho, le noble art n’était-il pas considéré comme la discipline de consolation avec les nombreux échecs du sport béninois ?
Aujourd’hui, avec la volonté politique devenue plus manifeste au service de son développement, le sport béninois est en droit d’espérer mieux. En témoigne le parcours des Ecureuils du Bénin, lors de leur participation à la dernière phase finale de la Can Egypte 2019. Ils ont été éliminés au stade des quarts de finale par les Lions de la Térenga emmenés par leur pléiade de stars dont Sadio Mané. Au cours de leurs précédentes participations à Tunisie 2004, Ghana 2008 et Angola 2010, ils n’avaient jamais remporté un seul match. C’est à l’actif du régime de la ’’Rupture’’ du président Patrice Talon.
En effet, outre les réformes initiées et qui ont conduit à la création de sociétés sportives et à la professionnalisation des compétitions au niveau des différentes fédérations, l’Etat a, sous la houlette du président Patrice Talon, énormément investi dans la construction d’infrastructures sportives à travers tout le pays. Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement (Pag), les travaux de construction ou de réhabilitation des 22 stades omnisports lancés le 2 juillet 2018 par le ministre des Sports Oswald Homéky ont presque tous arrivés à leur terme. Pour ce qui est des communes bénéficiaires desdits joyaux, il s’agit de Djougou, de Banikoara, de Bembèrèkè, de Kouandé, de Malanville, de Nikki, de Tanguiéta, d’Abomey, de Covè, de Ouèssè, de Savalou et de Toffo. Les communes d’Aplahoué, Comé, Djakotomey, Dogbo, Grand-Popo, Adjohoun, Avrankou, Kétou, Ouidah et Pobè sont également concernées.

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Des accompagnements de taille

Il s’agit de stades modernes avec l’aménagement d’aires de jeu de football en gazon synthétique répondant aux normes de la Fifa, des aires de jeux de handball, volley-ball et de basket-ball, puis des pistes d’athlétisme de huit couloirs. A cela s’ajoute la construction des tribunes, sans oublier l’éclairage de ces stades et l’aménagement de leurs parkings et des espaces verts. «Avec la construction des aires de jeu de handball, de basket-ball, de volley-ball, de la piste d’athlétisme, puis d’espaces pour le saut en longueur et les arts martiaux au niveau des stades en construction à Nikki et Bembèrèkè, ce sont toutes les disciplines sportives pratiquées par les jeunes de ces communes qui ont été prises en compte », se réjouit le directeur départemental des Sports du Borgou,
Massioudou Adamou Soulé.
En dehors de ces 22 stades, une autre preuve de l’accompagnement du régime de la ‘’Rupture’’ qui participe également de cette volonté politique, c’est la réhabilitation du stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou. Tombé sous le charme du joyau qu’il est devenu, le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (Caf) du président Patrice Motsepe n’a pas hésité à solliciter le Bénin pour que ce stade accueille la finale de la Coupe de la Confédération remportée par le Raja Casablanca du Maroc, devant la Jeunesse sportive de Kabylie de l’Algérie, samedi 10 juillet dernier.
Cette volonté politique s’est également traduite par l’octroi de subventions aux fédérations sportives par le gouvernement et dont les montants ont régulièrement augmenté depuis 2016. En 2017, c’est au total une enveloppe de 502 millions de francs Cfa qui a été remise à 29 fédérations sportives. Soit, encore une première en termes d’importance des fonds alloués. Il s’agit des fédérations de handball, basket-ball, volley-ball, athlétisme, tennis, pétanque, taekwondo, wushu, karaté, boxe, judo, natation, gymnastique, roller sport, scrabble, tennis de table, rugby, handisport, cyclisme, lutte, maracana, tir à l’arc, badminton, golf, escrime, haltérophilie, aviron, tchoukball et tonsimin ball. Lors de la quatrième édition de la remise de ces subventions en 2019, elles étaient 31 fédérations à se répartir une enveloppe de 655 millions de francs Cfa contre 553 millions en 2018. Pour le compte de 2021, une enveloppe de 1,153 milliard de francs Cfa leur a été allouée, y compris également la Fédération béninoise de football et ses clubs des Ligues 1, 2 et 3, puis les centres de formation et le Conseil national des supporters du Bénin. Les subventions, soutient le directeur des Sports d’élite, Bonaventure Codjia, sont destinées prioritairement au financement des activités statutaires des fédérations sportives aux plans national et international.
Justifiant le bien-fondé de ces accompagnements, le ministre des Sports, Oswald Homéky, fait observer que c’est pour matérialiser la volonté du chef de l’État de redonner espoir aux sportifs béninois. Il réitère l’engagement du gouvernement à toujours accompagner les fédérations et associations sportives. L’objectif est d’amener le Bénin à être présent aux grands rendez-vous sportifs. Il s’agit de favoriser l’émergence des talents sportifs.

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Du sport de masse…

En effet, indépendant depuis plus de soixante ans, le Bénin est toujours à la recherche d’une identité sur le plan sportif. Sans une organisation sérieuse, il a essayé d’exister. De 1960 à aujourd’hui, peu d’acquis sont enregistrés. La médaille de bronze remportée par l’équipe nationale de football du Dahomey en 1963, en Côte d’Ivoire, lors des Jeux de l’Amitié, relève désormais d’un passé très lointain. Il en est de même pour l’exploit réalisé par cette même sélection, au cours des éliminatoires de la Coupe du monde en 1964, face à la Tunisie aussi bien à Porto-Novo (2-2), qu’à Tunis (1-1), avant de se faire éliminer par un tirage au sort, après un match d’appui déplacé sur un terrain neutre à Casablanca, au Maroc et qui s’est soldé par un troisième nul (0-0). A cela s’ajoute la qualification des Dragons Fc de l’Ouémé pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des clubs vainqueurs de coupe, en 1987.
Il était temps, après plusieurs décennies de navigation à vue, de replacer le sport dans son contexte, de le considérer comme un important levier de développement. Ainsi, il aura fallu attendre 2016, pour que le régime du ‘’Nouveau Départ’’ démontre qu’il recèle un enjeu économique. On espère beaucoup de la nouvelle Charte des sports dont il a lancé le processus d’élaboration et qui deviendra sous peu réalité.
Mais avant que les dispositions nécessaires ne commencent par être prises aujourd’hui dans ce sens, qu’est-ce que le Bénin n’aura pas connu comme politiques sportives. Pendant la période révolutionnaire, les clubs comme Asso Porto-Novo, Asso Cotonou, Alliance et autres en football ont tout simplement été interdits. Ceux des autres disciplines sportives également n’ont pas été épargnés par cette mesure. Préconisé par la Charte de 1976, sous le régime de la Révolution marxiste-léniniste de 1972 à 1990, le « sport de masse » pour la formation de la jeunesse n’a rien arrangé. Il est resté un vain mot.
A l’avènement du Renouveau démocratique, les états généraux du secteur Jeunesse et sport tenus en 1991 ont abouti à l’adoption d’une nouvelle charte. Cette dernière a créé une rupture au niveau organisationnel, en confiant la gestion du sport aux acteurs sportifs regroupés en associations qui peuvent se constituer librement et former des ligues et leur fédération. Le « sport de proximité » prôné entre temps sous l’ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, Damien Zinsou Alahassa, n’a jamais quitté son berceau. Quant aux colloques, symposiums et états généraux initiés pour rendre compétitif le sport béninois, ils sont également loin d’avoir atteint leurs objectifs.

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