L’éditorial de Paul AMOUSSOU: On joue à qui perd gagne ?

Par Paul AMOUSSOU,

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L’éditorial de Paul AMOUSSOU

 

Démocratie tropicale, démocratie pagailleuse…Sur cette lancée, on aura du mal à s’arrêter tant est riche le lexique pour qualifier les processus électoraux et institutionnels qui ont cours en Afrique depuis les années 90. Effets induits des conférences nationales et de la conférence de La Baule, les régimes autocratiques ont dû, comme l’on sait, s’adapter à la nouvelle donne qui fait rimer désormais l’accessibilité au pouvoir d’État avec vote, élection…Chose avec laquelle nos satrapes se sont plus ou moins accommodés. Mais jamais la greffe n’aura vraiment pris. Entre bourrage d’urnes et arrangements peu orthodoxes dont certains régimes usent pour garder le pouvoir auréolé ainsi de l’onction ‘’’démocratique’’, il y a matière à critiquer le passage à l’ère démocratique.

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A chaque élection, en Afrique, son lot de récriminations, de dénonciations de dol, de hold-up électoral, sur fond de bonne et/ou aussi de mauvaise foi, car à bien des égards, les opposants font preuve également de manque d’objectivité, et se contentent de crier haro sur le baudet, de dénoncer la soi-disant ‘’mascarade électorale ‘’, et ce, parfois à tort, persuadés cependant que le monde ‘’démocratique’’ leur prête oreille, qu’il est acquis à leur cause, sous-entendu la cause démocratique qu’eux-mêmes en définitive portent si mal pourtant.
On en a eu la preuve, dès lors que les opposants d’hier prennent le pouvoir et s’illustrent dans sa gestion et dans la conduite des processus électoraux, de façon si délicate, si peu exemplaire, s’ils ne font pas pire que leurs prédécesseurs, par eux combattus. A ce titre, l’exemple le plus récent reste Alpha Condé.

Dans le registre de mauvais perdants ou d’opposants de mauvaise foi, une nouvelle espèce émerge. On peut les estampiller Trump ou Mélenchon ! Le phénomène, qui n’est plus seulement tropical, est devenu viral tel Covid-19 et s’est mondialisé. Untel qui va à l’assaut du Capitole pour contester les résultats d’une élection qu’il a perdue proprement, l’autre, leader de la ‘’France insupportable’’, qui grommèle, fait son Schtroumpf grincheux, convaincu de ce qu’aucun élu n’est légitime tant que ce n’est pas un élu de ses couleurs. C’est à qui perd gagne, un jeu auquel excellent bien certains politiciens en Afrique, qui manquent de travailler à leur réussite et préfèrent crier au voleur après coup. Le Bénin ne fait pas exception, avec le pic dramatique connu aux législatives de 2019. A l’orée des prochaines législatives, alors que des mouvements s’observent à cet effet, il faut espérer que toutes les parties prenantes s’y activent. Et que, victime de son immobilisme avant tout, personne n’en vient à se plaindre des résultats, frappant de la fleur de lys, de flétrissure, la belle démocratie béninoise en bonne marche. Ce serait honteux, une fois encore ! l

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