L’éditoriale de Paul AMOUSSOU: Révolution culturelle

Par Paul AMOUSSOU,

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Un bien joli mot pour exprimer une réalité qui peut être brutale sur un fond faussement poétique, mais touchant, il est vrai, aux valeurs fondamentales d’une société. Valeurs à la fois culturelles et morales auxquelles, en y apportant des changements profonds, certaines nations ont opéré des revirements qualitatifs extraordinaires, des changements profonds de leurs modes de vie et de leur état d’esprit. L’exemple le plus marquant reste celui de la Chine, même si plus près de nous le Rwanda a également marqué les esprits et s’est positionné comme un modèle des transformations du genre. Le Bénin est également sur cette lancée depuis l’avènement de Patrice Talon à la magistrature suprême. Il est impulsé une rupture avec les pratiques aliénantes et le pays engagé sur la voie du développement à travers un nouveau départ synonyme de pratiques vertueuses et toutes dévouées à la bonne gouvernance. Tout est mis en œuvre à cette fin, sans exclure la répression, avec la Criet devenue l’épouvantail des margoulins de tout acabit. Mais cela suffit-il pour réaliser la plénitude des objectifs pouvant faire du Bénin l’Etat fort, structuré et accompli que nous voudrions ?

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Un ingrédient essentiel fait encore défaut, à l’étape actuelle, et sans lequel les efforts de redressement consentis seraient vains. Il s’agit de la nécessaire mutation culturelle. Elle doit amener à une appropriation et réappropriation des valeurs endogènes, surtout celles culturelles.
Le développement, c’est la route, c’est la mise en place des infrastructures sociales et économiques, mais il est avant tout culturel. En témoignent les modèles asiatiques, qu’il s’agisse du Japon, de la Corée du Sud, de l’Inde ou de la Chine, auxquels on peut ajouter d’autres comme ceux de la Turquie ou du Maroc. L’essor de ces nations, exemplaire, n’a pas été possible sans une révolution culturelle qui, loin de se vouloir incantatoire, a pris la forme d’une sublimation des valeurs endogènes. Et ceci, via l’art culinaire, le mode vestimentaire, le cinéma, la télévision, l’industrialisation à travers une structuration des transformations des productions primaires notamment, et qui estampillent leurs présences sur les marchés sur lesquels ils revendiquent aujourd’hui une plus-value certaine…C’est dire que le choix du gouvernement béninois de créer une nouvelle chaine, axée sur la promotion culturelle et dédiée à la promotion de l’image du Bénin, est une bonne trouvaille. Mais la qualité de son contenu suffira-t-elle à faire de nous des patriotards et non plus ces ‘’exilés médiatiques’’ tout acquis aux chaines étrangères dont nous sommes devenus dépendants, voire addictifs? Sortir de ce piège, du vide, est impératif, alors que la bataille pour la suprématie culturelle est entrée dans une nouvelle dimension, flattant le genre et les mutations sexuelles.

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