Légalisation de l’avortement : Les députés se prononcent  

Par Fulbert Adjimehossou,

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AVORTEMENT LEGALISE

Les regards sont tournés au parlement. Dans quelques instants, les députés devront décider de la modification de la loi N° 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et la reproduction en République du Bénin, et par conséquent de la légalisation ou non de l’avortement. C’est la dernière étape d’un processus qui a démarré depuis quelques semaines. En effet, en prélude à l’examen de la loi, des députés étaient en atelier de renforcement de capacités sur l’éducation à la santé sexuelle sur initiative de l’Association béninoise pour la promotion de la Famille (Abpf). La Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme a par la suite reçu le mardi 12 octobre 2021, la société civile représentée par l’Abpf et le collectif des gynécologues-obstétriciens du Bénin.

Ceux-ci, compte tenu des statistiques liées à la mortalité maternelle, ont plaidé pour que « tous les besoins en planification familiale soient couverts et que l’avortement soit encadré, puisque constituant la troisième cause de la mortalité maternelle au Bénin. Lorsqu’on prend la loi en question en l’état, nous constatons qu’il y a impossibilité pour une frange de jeunes filles ou de femmes qui, pour une raison ou une autre, ne désirent pas garder leur grossesse quand elles tombent enceintes alors que la solution pour elle est d’avorter. La conséquence est que n’ayant pas le droit d’avorter, on assiste à des avortements clandestins et c’est la mort qui s’en suit », avait déclaré Judith Maffon Gbèhinto, présidente nationale de l’Abpf.

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En revanche, l’Église Catholique s’y oppose. Dans une déclaration en date du 19 octobre 2021, les évêques soulignent que la loi portant modification de la loi n°2003-4 du 03 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction, « n’est rien d’autre qu’une légalisation pure et simple de l’avortement ». Raison pour laquelle ils « rappellent à tous le respect inconditionnel du caractère sacré et inviolable de la vie, surtout celle de l’innocent ». La Conférence épiscopale du Bénin supplie donc les députés de dire un « NON » à la culture de la mort. La position du parlementaire ne tardera pas à être connue.