« Les coqs chantent de travers! Le discernement en question »: Au-delà d’un livre, le legs d’un patriarche !

Par Josué F. MEHOUENOU,

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L’ouvrage « Les coqs chantent de travers! Le discernement en question » publié par le docteur Basile Adjou-Moumouni il y a quelques semaines n’aurait certainement jamais existé, si cet homme, presque centenaire aujourd’hui n’avait pas rencontré sur son chemin, d’autres hommes pour tordre le coup à son destin, celui de présider aux destinées de son pays. Mais pour lui, peu importe ! Son rêve demeure intact, il le partage avec les générations actuelles et futures. «Les coqs chantent de travers! Le discernement en question» peut donc être vu comme l’héritage du sage, le legs du baobab.

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«Un vieux médecin non voyant, mais particulièrement clairvoyant et authentique trésor humain vivant invite la communauté béninoise au discernement, proposant l’éducation comme médicament du mal qui ronge notre pays déboussolé». C’est ainsi que le responsable de SPL Editions, Gratien Ahouanmènou, coéditeur de la dernière publication du docteur Basile Adjou-Moumouni interprète cette œuvre dont l’auteur a vu le jour en 1922 et qui est admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis 1982. Comme tout bon médecin, il s’est interdit le repos et se propose, malgré son âge avancé, de soigner la société béninoise et de la guérir de ses maux. Des maux multiples qui lui font dire alors que les coqs chantent de travers. A en juger, rien que par les titres contenus dans l’ouvrage, on comprend que le travers qu’évoque le docteur Basile Adjou-Moumouni est toujours d’actualité.

Le préfacier de l’ouvrage, le chroniqueur Jérôme Carlos lui trouve trois casquettes différentes. D’abord celui de l’éducateur «qui nous ouvre les portes de la vie», ensuite l’éducateur qui propose des leçons de vie et enfin «l’éducateur qui nous aide à changer notre vie et à changer de vie». Plus loin, il dira que l’auteur «ne s’est point voulu le contremaître distant qui vocifère des ordres ou qui brasse des principes». Suivra, sous la plume de l’auteur, le fil d’Ariane pour résoudre les études de cas et il y évoque les évidences existentielles comme la diversité, l’inégalité, le besoin de l’autre, les exigences citoyennes…
Au sujet des instruments de perfectionnement, le docteur Basile Adjou-Moumouni liste des notions comme «apprendre, éduquer».

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Leçons de vie !

Comme on peut le constater, cet essai publié il y a quelques semaines à Cotonou au cours d’une cérémonie à laquelle ont pris part de nombreuses personnalités est singulier dans son genre. Non pas pour dire que l’auteur soit un néo-écrivain, mais pour constater qu’au regard de sa riche bibliographie, il s’est donné des aises pour faire de cette ultime publication, un legs aux générations d’après lui, surtout celles actuelles afin qu’elles y puisent des notions pour redresser la pente sociale en déconfiture. «A travers les déviations et les incidents critiques, les cas proposés dans cet ouvrage dépeignent des situations réelles, parfois amusantes, souvent pénibles… et visent à réfléchir et déduire les conduites à tenir pour travailler sur soi-même ou pour aider d’autres à se redresser », écrit-il. Dans cette exhortation, chacun y trouve son compte. Qu’il s’agisse de l’enfant qui glisse vers l’adolescence, de l’adolescent qui frappe à la porte de la jeunesse, ou du jeune qui s’identifie à l’adulte, de l’adulte qui manque de se mirer dans la sagesse, sans oublier le citoyen peu conscient et le dirigeant sans boussole et sans repère, chacun y trouve son compte et se voit proposer la posologie pour guérir de son mal. En somme, une caricature sociale bien ficelée qui débouche sur le discernement.

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Le discernement, l’outil principal du dirigeant

A propos, le docteur Basile Adjou-Moumouni fait savoir entre les lignes de sa publication que «le discernement est l’outil principal du dirigeant parce qu’il forme son jugement de valeur. Sûr de son jugement, grâce au discernement qui est le sien, le dirigeant sait distinguer le bien du mal. La sagesse impose à l’homme de ne pas être péremptoire ni impulsif en prononçant son jugement. Les subtilités du langage permettent d’apporter les nuances adéquates pour la bonne expression du jugement, afin de ne pas susciter des effets contre-productifs. C’est l’art de communiquer que le dirigeant doit acquérir». Pour lui, «le jugement auquel un homme d’Etat a abouti ne saurait être exprimé inconsidérément ». Dans un extrait intitulé «Eduquer, base d’un sursaut national, l’auteur indique que « on a successivement martelé des slogans tels que Changement, Émergence, Refondation. Ces slogans resteront lettres mortes tant que l’éducation, l’institution sociale fondamentale qui forge le discernement, n’aura pas été scientifiquement, objectivement, résolument et courageusement implantée pour s’enraciner au fil du temps».
«Lorsque ces valeurs cardinales viennent à être galvaudées au niveau le plus élevé de l’organisation sociale, seuls l’éducation, la rééducation et la patriotisme peuvent apporter le redressement salutaire». Mais en attendant d’en arriver là, «les coqs chantent de travers!»