Levée de la motion du Front d’action des syndicats de l’éducation: Une décision diversement appréciée

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Bourse de Travail

Le Front d’action des syndicats de l’éducation a tenu une assemblée générale à la Bourse du Travail, lundi 23 avril dernier. Au cours de cette rencontre qui a porté sur le point de la grève dans le secteur de l’éducation, des secrétaires généraux du Front ont suspendu leur motion de grève. Mais d’autres ont une position tranchée par rapport à la décision de la majorité des syndicats présents à la séance, ce qui fait douter de la reprise effective des classes demain jeudi 26 avril.

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Les enseignants devraient retrouver le chemin des classes ce jeudi 26 avril, suite à la décision de suspension de la motion de grève du Front d’action des syndicats de l’éducation enclenchée depuis près de quatre mois. Mais dans les rangs des enseignants grévistes, certains ne se retrouvent pas encore dans cette décision.
Les responsables du Front qui regroupe plus d’une cinquantaine de syndicats d’enseignants, avait le dernier mot pour le dénouement de la crise dans le secteur de l’éducation. Au cours de l’assemblée générale de ce lundi, les participants ont affiché leur divergence face à la position de certains secrétaires généraux du Front engagés et déterminés à sauver l’année scolaire, pour ne pas endosser la responsabilité d’une année blanche. On retient qu’à l’issue de l’assemblée générale des membres du Front d’action des syndicats de l’éducation, la motion de grève de 96 heures lancée le 23 février 2018 tacitement reconductible toutes les semaines pour compter du mardi 6 mars 2018 a été suspendue. La déclaration du Front sera rendue publique ce mercredi à la Bourse du Travail, selon l’un des secrétaires du Front.
Cinquante-quatre syndicats ont signé la motion de grève au départ. Cinquante-et-un ont observé les mouvements jusqu’à la tenue de l’assemblée générale du lundi dernier. Parmi les secrétaires généraux membres du Front, trente-deux ont opté pour une suspension immédiate de la motion de grève, six ont donné leur accord pour une suspension après la reprise des classes, le jeudi 26 avril 2018, quatre d’entre eux se sont abstenus ; quatre autres ont opté pour la poursuite de la grève et cinq secrétaires généraux étaient absents à l’assemblée générale.
La majorité des secrétaires généraux ayant donné leur accord, la motion de grève du Front est suspendue. Mais depuis lors, des réactions font douter de la reprise effective des classes demain.

La base ne serait pas favorable

En effet, il est agité au sein des syndicats que la base détient les mouvements de grève et le sommet exécute. Cette base ne serait pas favorable à la décision du Front selon les explications de certains responsables syndicaux et militants de syndicats. Selon la secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb),
Mathurine Sossoukpè : « A la base, les enseignants disent qu’ils ne rouvriront pas les portes de l’école sans avoir obtenu satisfaction à leurs revendications ». Pour sa part, Alexandre Adjina, membre du Front, dit « regretter cette précipitation qui a caractérisé la suspension de la motion ». « Le Front devrait attendre la décision de la base avant de prononcer la suspension », estime-t-il.
Le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), Emmanuel Zounon, s’inscrit dans la même logique. Le mouvement syndical a encore du chemin au Bénin, selon ses propos. La procédure de prise de décision devrait emmener les responsables du Front à tenir compte de la position de leur base, rappelle-t-il.
Par contre, madame Judith Dègla, conseillère technique du ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle, se félicite de la sage décision du Front. « C’est une bonne décision », a-t-elle affirmé. «Je leur demande de mettre de l’eau dans leur vin à cause des enfants et de la souffrance des parents… », lance-t-elle.
Du réaménagement du calendrier

Le réaménagement du calendrier scolaire est envisagé par le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle. Visiblement, le gouvernement n’est pas dans la logique d’une année blanche. Mathurine Sossoukpè de la Cstb est aussi de cet avis. Si le gouvernement satisfait les revendications des enseignants, l’année scolaire peut se poursuivre jusqu’en août, selon elle.
Le calendrier réaménagé devrait être bientôt disponible, après une séance de travail avec les acteurs, d’après Judith Dègla, conseillère technique du ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique et professionnelle.
Mais pour les syndicalistes, ce n’est pas après quatre mois de grève qu’il faut sauver l’année scolaire. Au-delà d’un calendrier réaménagé, Mathurine Sossoukpè recommande de travailler pour sauver l’école au Bénin pour qu’il y ait un maximum d’enseignants de qualité dans les écoles, pour que les conditions d’études soient améliorées, pour que les enseignants aient le cœur apaisé lorsqu’on aura satisfait leurs revendications… « Tout cela consiste à sauver l’école et non sauver une seule année déjà catastrophique », a-t-elle affirmé.
Emmanuel Zounon, pour sa part, soutient qu’il faut éviter de sauver une année scolaire, mais sauver plutôt l’école des grèves à répétition pour une éducation durable et de qualité par une vraie revalorisation de la fonction enseignante.
A. M.

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