Littérature africaine d’expression française: De la fébrilité à la maturité

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Au fil des années, la littérature africaine a été marquée par un mimétisme découlant du colonialisme, une remise en cause née de la prise de conscience par les Africains de leurs valeurs, puis une maturité caractérisée par une certaine ouverture d’esprit. La médiathèque de l’Institut français de Cotonou a abrité, hier mercredi 17 mars, une causerie-débat sur la question. C’est dans le cadre de la célébration du mois de la Francophonie.

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Il existe aujourd’hui une identité littéraire noire qui trouve ses racines dans l’histoire des peuples noirs, dans leurs cultures et dans leurs valeurs, une littérature qui s’est affirmée au fil du temps et qui aujourd’hui se démarque. C’est un postulat qui se pose aujourd’hui en évidence. Face à des apprenants assidus et épris de la littérature africaine d’expression française, l’enseignante-chercheure Claire Ducournau rappelle que la littérature africaine a été marquée à ses débuts par l’influence de la colonisation. Au fil du temps, elle va se remettre en cause puis s’ouvrir. Dans le même ordre d’idées, l’écrivain Jérôme Tossavi va rappeler les trois périodes qui caractérisent la littérature africaine. Il faut notamment distinguer la période coloniale marquée par une littérature teintée de mimétisme, essentiellement inspirée du contexte colonial.

Au Bénin, on peut classer dans cette période les écrivains Paul Hazoumè avec son livre Doguicimi en 1838, Félix Kouchoro avec la publication de L’esclave en 1929… A partir des années 60, c’est l’époque des indépendances et la littérature africaine sera marquée par les dénonciations, les appels à la liberté et à la souveraineté nationale. Il y a eu des œuvres comme Soleil des indépendances de Hamadou Kourouma. Dès les années 80, la littérature africaine va beaucoup plus mettre l’accent sur les malheurs de l’Afrique indépendante gangrénée par la mauvaise gouvernance et les exactions.

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La troisième période littéraire, celle contemporaine est caractérisée par une littérature très ouverte, féconde en imaginations et de plus en plus adaptée à l’évolution de la société. Aujourd’hui, écrire c’est tenir compte de l’évolution de la société et des préférences du public-cible. « Si on se borne à la littérature francophone, la thématique la plus en vogue c’est la sexualité, les questions relatives au sexe. Cette approche est très captivante pour la jeunesse. C’est une thématique phare parce que le sexe est un sujet tabou mais reste au centre des curiosités», fait observer Jérôme Tossavi. Il reste convaincu que la littérature africaine, en l’occurrence celle du quartier latin de l’Afrique, reste un terrain fertile qui mûrit au fil du temps.