Littérature et histoire: Micheline Adjovi révèle la vraie identité des Xwéda et l’histoire de Ouidah

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Micheline Adjovi

Micheline Adjovi peut être désormais comptée parmi les rares natives de la cité de Kpassè à avoir mené des travaux de recherche assez poussés sur la vraie identité des Xwéda, leur origine et histoire. Au-delà de la littérature et de l’histoire, les trois ouvrages lancés, dimanche 5 septembre dernier par cette auteure inaugurent une ère nouvelle pour la connaissance du peuple Xwéda.

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« Ouidah, fille légataire de l’Égypte antique », « wéda vodoun dagbé, le python tutélaire du peuple Xwéda » et « Daath Kpa-Sê, le roi fondateur de Gléxwé et grande figure de la résistance à la traite négrière ». Ces trois ouvrages publiés sous la plume de Micheline Adjovi plongent dans l’histoire d’un peuple dont l’origine demeure peu connue à ce jour. « Je n’entends pas parler du peuple Xwéda dans les livres d’histoire, les chercheurs en histoire de nos universités en parlent peu… Beaucoup estiment que l’origine du peuple Xwéda est encore à chercher… » Autant de constats qui ont obligé l’auteure qui n’a de cesse de revendiquer ses origines à engager des recherches sur le peuple Xwéda. Au bout de nombreuses années de travaux, elle en vient à une série de conclusions consignées dans ses dernières publications. Une trilogie rendue publique dimanche dernier à l’occasion d’une cérémonie de lancement en présence de nombreux natifs de la cité des Kpassè.
Avec « Ouidah, fille légataire de l’Égypte antique », on découvre que Ouidah, est devenue par la force de l’histoire, une ville cosmopolite et œcuménique, une cité historique et mémorielle. Ensuite, « Xwéda vodoun dagbé, le python tutélaire du peuple Xwéda » qui plonge le profane dans un univers fantastique pour lui enlever le voile de l’ignorance autour du python, présenté comme tout un symbole. Enfin, « Daath Kpa-Sê, le roi fondateur de Gléxwé et grande figure de la résistance à la traite négrière». Cette autre œuvre porte le nom du roi fondateur de Gléxwé, véritable résistant. Ce sont là, quelques commentaires du professeur Augustin Anignikin sur les publications de l’auteure.
« Je suis fille du soleil. La Lune est ma mère. Le soleil, mon père et l’air m’a porté dans ses entrailles. La terre est ma nourrice, Xwéda Dagbé est mon totem, divine est mon identité». Ces notes introductives de Micheline Adjovi rappellent une fois de plus l’attachement de l’auteure à sa culture. Sauf que ses trois ouvrages vont au-delà de sa seule fierté de native de Ouidah. Elle les présente comme le fruit de ses recherches sur son identité. «Dans les grands livres d’histoire, on parle des autres peuples sauf des Xwéda, sinon très peu. Je me suis toujours demandé, mais qui sommes-nous ? Qui suis-je ? C’est pour avoir des réponses conséquentes et scientifiquement imbattables à mes questionnements que je me suis lancée dans la recherche». Désormais, elle dispose de réponses à la plupart de ses questionnements.

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Les Xwéda sont tellement puissants…

Non seulement elle apporte des précisions, clarifications et informations, mais elle va au-delà pour rendre aux Xwéda une certaine fierté. Elle révèle surtout que ce peuple vient de l’Egypte antique. « Ils sont foncièrement des prêtres, des prêtres théurges. Ce qu’ils disent de leur bouche, ce qu’ils professent par leur parole, leur verbe devient réalité. Ils sont des maîtres du verbe, ils sont Dènon, ils sont des prêtres kabbalistes », revendique-t-elle d’un ton assuré. Micheline Adjovi soutient en effet que « les Xwéda sont tellement puissants que leur verbe est source de guérison ». Le culte du python royal qu’ils pratiquent est un culte thérapeutique. D’ailleurs tout dans le python royal est symbole, enchaine-t-elle. « L’inoffensivité du Python royal montre que la vie est inoffensive. L’homme devrait vaincre les difficultés qui surviennent sur son chemin pour mûrir et évoluer. Et c’est pour cela qu’il est dit que la morsure du python royal immunise », enseigne-t-elle sous le regard médusé du public.
Pour elle, le Xwéda est consacré et divinisé et cette consécration est un prérequis qui lui assure l’exemption de certains rites initiatiques, en particulier, l’internement dans un couvent vodoun. « Nous portons le pentagramme dans le cercle du visage et nous avons l’hexagramme sur le corps. Personne ne nous apprend cela à l’école. Mais en tant que Xwéda, nous devons appréhender le sens intrinsèque de ces symboles, nous en approprier et nous comporter en tant qu’une référence », indique-t-elle. Malgré ces révélations, elle estime que « la problématique de l’origine des Xwéda est assez délicate et reste un vaste chantier où chaque chercheur doit apporter sa contribution afin que triomphe la vérité historique ». L’évidence, c’est que cette vérité historique si tant recherchée et jamais trouvée, les Xwéda l’ont minutieusement et précieusement archivée dans des supports immatériels, intemporels et immuables que seuls ne peuvent décoder que ceux qui ont la sagesse. La science incorporée dans la tradition Xwéda ne peut être perçue et comprise que par les initiés à partir de l’intérieur, tranche-t-elle. Les lignes des trois ouvrages en disent davantage et long…

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