Ludgero Mendes, directeur du festival international de Santarem: «Le Bénin est le meilleur des groupes reçus ces dernières années sur notre festival»

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le Ballet national du Bénin a pris part du 1er au 7 septembre dernier dans la ville de Santarem au Portugal à la 56è édition du festival international de folklore Celestino Garça. Une expédition qui a permis de faire parler la culture béninoise, et qui a suscité, côté portugais, beaucoup d’émotions et une satisfaction qu’évoquent à travers cette interview, le directeur dudit festival, Ludgero Mendes.

La Nation : Le festival international de folklore Celestino Garça en est cette année à sa 56è édition. Parlez-nous-en un peu !

Chaque année, notre festival mobilise au moins 12 groupes pour représenter un tout petit peu le monde. Nous essayons à travers le folklore, de démontrer qu’il est possible que les gens se respectent et pour que les différences, quelles soient idéologique, religieuse, de contextes socio-économique et culturel, ne constituent pas des barrières pour empêcher les peuples de se respecter et que l’amitié soit un instrument pour améliorer le monde.
Nous faisons tout cela avec des groupes qui viennent des différents continents, et avec leurs arts, leur musique et leurs coutumes pour démontrer que nous pouvons être différents, mais nous sommes égaux. Avec ce Festival, nous avons toujours essayé d’offrir à la population de notre ville la connaissance des différentes cultures du monde, des différentes représentations artistiques et nous faisons des options qui peuvent représenter la culture traditionnelle de chaque pays et région. Ce sont ces raisons qui nous amènent à organiser ce Festival tous les ans.

Cette année, votre hôte de marque a nom «le Ballet national du Bénin» !

Oui, c’est la première fois que nous recevons le Bénin. Mais de toutes les façons, nous avions déjà eu la participation d’autres groupes africains. Pour nous, ça a été une grande option parce que nous ne connaissions pas la tradition et la culture du Bénin. Maintenant, grâce à ce Festival, nous pouvons dire qu’il y a beaucoup de choses très intéressantes dans la culture du Bénin, lesquelles nous enseignent à vivre l’esprit, la joie, la jeunesse, l’énergie, le dynamisme. Un tel peuple peut traverser des difficultés, mais peut trouver des solutions avec la musique, la danse, la joie de vivre. Notre pays par exemple est en difficulté, il y a des problèmes économiques au Portugal. Mais grâce à notre culture et aux autres cultures, nous pouvons trouver un chemin pour faire l’avenir avec les bonnes choses de la vie, parce que si on pense toujours aux problèmes, on ne peut pas bien vivre. Et nous ne résoudrons pas les problèmes de toutes les façons. Il faut donc avoir l’espoir dans la vie, et travailler tous les jours pour résoudre les problèmes que nous avons, chacun de nous, dans notre famille, notre vie et notre pays. Avec la participation du Ballet national du Bénin, nous avons appris que la façon de vivre, d’intégrer la vie est toujours un message et que la joie est un élément qui nous aide à bien vivre. Je crois qu’il y a eu ce message très important que mon staff et moi nous avons appris avec le Bénin

Il paraît qu’en tant qu’organisateur, vous aviez eu un feedback impressionnant des prestations du Bénin. Que vous a-t-on dit à ce propos ?

Je peux vous dire que le public qui a assisté aux spectacles du Ballet national de votre pays est parfaitement radieux de la qualité de vos danses et de la diversité des chorégraphies. L’énergie, le rythme, la cadence de la musique, l’énergie des artistes sont autant d’éléments qui ont été très appréciés. J’ai reçu quelques messages des spectateurs qui viennent au festival tous les ans et qui m’ont dit que le Ballet national du Bénin est l’un des meilleurs groupes de ces dernières années. C’est pourquoi nous ne pouvons que féliciter aussi bien les artistes du ballet que leurs encadreurs et le directeur. Pour un festival comme le nôtre, c’était très honorable d’accueillir un groupe d’aussi grande qualité.

Comment arrivez-vous à mobiliser autant de moyens pour organiser le festival ?

Nous avons quelques appuis de la Municipalité, des entreprises privées et des personnes et amis du groupe qui se trouvent à la tête de l’organisation. Nous avons une chose qui est très intéressante, c’est que nous avons un groupe de bénévoles qui travaillent pour le festival sans rien percevoir. Ils nous aident beaucoup et leur apport ou contribution n’est pas quantifiable. Certes, nous parvenons à mobiliser beaucoup de moyens, mais nous investissons aussi beaucoup parce que nous avons par exemple l’obligation de payer ceux qui travaillent avec nous, l’hébergement, les repas, les transports, les coûts des groupes.
Le groupe qui organise le festival a déjà 60 années d’activités. Nous sommes déjà à la troisième génération des personnes qui ont déjà participé à l’avènement du groupe. Il y a des danseurs, des musiciens et des chanteurs. Nous avons des familles qui sont aussi très proches de notre groupe. Il y a quelques-unes qui sont disponibles et nous aident à faire le travail. De toutes les façons, il était difficile d’obtenir ces appuis, mais nous avons des personnes, des familles, des composantes, des groupes qui nous aident beaucoup en travaillant sans recevoir de l’argent…

Avez-vous une idée des pays ou troupes qui participeront à la prochaine édition ?

Je ne sais pas encore quels seront les pays. Mais je peux vous dire que nous voulons 13 troupes pour tout le Festival : un groupe d’Afrique, un groupe d’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Pérou,…), deux groupes d’Europe, et si possible un groupe d’Asie. Nous voulons toujours pratiquer cette formule, parce que c’est la manière pour nous de montrer le monde à notre population. Et après, nous aurons des groupes du Portugal pour montrer la diversité de notre culture et de notre tradition.
Nous aurions pu faire l’option de recevoir plus de troupes, mais nous limitons le nombre au regard de nos conditions financières et logistiques pour accueillir tout le monde avec dignité. Notre option, c’est de bien recevoir le nombre de pays que nous sollicitons dans les conditions optimales.

Si le Bénin manifestait à nouveau le désir de participer au festival de Santarem, sera-t-il possible ?

Oui. Je crois que ce sera possible, avec le succès que le groupe a connu cette année. La prochaine année, il n’y aura pas un festival international. Nous allons célébrer le 60è anniversaire de notre groupe et nous ferons seulement avec des groupes portugais. Mais en 2017, s’il y a opportunité pour nous, nous accueillerons le Ballet national du Bénin avec beaucoup de fierté et de chaleur. Nous avons établi désormais de très bonnes relations avec le Ballet national du Bénin. Et nous aurons aussi eu le plaisir et l’honneur de recevoir le ministre en charge de la Culture et donc, nous sommes en condition de soutenir ces relations, et de travailler ensemble avec le ministre et les responsables du ballet. J’ai la conviction que si nous annonçons désormais le Bénin, ce sera une bonne nouvelle pour notre public qui a beaucoup apprécié le spectacle de son Ballet national.