Lutte contre l’extrême pauvreté: Les recettes de la Banque mondiale contre les inégalités

Par LANATION,

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Une étude de la Banque mondiale, publiée le 2 octobre dernier constate un repli de l’extrême pauvreté dans le monde même. En même temps, elle suggère des stratégies pour contrer les inégalités dont le niveau reste toujours critique.

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L’extrême pauvreté est en recul dans le monde, conclut une nouvelle étude de la Banque mondiale. Le rapport intitulé ‘’Pauvreté et prospérité partagée’’ informe qu’environ 800 millions d’individus vivaient avec moins de 1,90 dollar par jour en 2013, soit moins de 100 millions de personnes de moins qu’en 2012. Dans 60 des 83 pays couverts par cette étude, le revenu moyen des 40% les plus pauvres de la population a augmenté entre 2008 et 2013, malgré la crise financière.

Les progrès enregistrés sur le front de l’extrême pauvreté découlent des performances de l’Asie de l’Est-Pacifique, notamment la Chine, l’Indonésie et l’Inde. Ces statistiques prometteuses au niveau mondial trahissent les réalités du continent africain qui abrite aujourd’hui le plus grand contingent de personnes pauvres. « Désormais, la moitié des individus extrêmement pauvres vivent en Afrique subsaharienne et un tiers en Asie du Sud», note le rapport.
Pour renverser la tendance à l’horizon 2030, la Banque mondiale estime que la réduction des fortes inégalités est un passage obligé. «À moins de parvenir à relancer la croissance mondiale et à réduire les inégalités, nous risquons de rater l’objectif que la Banque mondiale s’est fixé : mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030. Le message est clair : nous n’y parviendrons qu’en faisant en sorte que la croissance profite aux plus pauvres. Et, pour cela, il faut absolument s’atteler aux fortes inégalités, surtout dans les pays qui concentrent un grand nombre de pauvres», souligne Jim Yong Kim, le président du Groupe de la Banque mondiale.
Les recettes que proposent les chercheurs de la Banque pour agir sur les inégalités sont de plusieurs ordres. À partir d’un riche corpus de données probantes, ils ont identifié six stratégies qui ont toutes entraîné une hausse des revenus des pauvres ainsi qu’une amélioration de leur accès aux services essentiels et de leurs perspectives de développement à long terme.

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Des stratégies à efficacité probante !

La première stratégie consiste à développer la petite enfance et la nutrition. «Il s’agit d’aider les enfants au cours des
1 000 premiers jours de leur vie, puisque des carences nutritionnelles et un sous-développement cognitif pendant cette période peuvent provoquer des retards d’apprentissage et une moins bonne réussite scolaire plus tard», soutient le rapport. Secundo, les chercheurs préconisent la Couverture médicale universelle. Cette stratégie, défendent-ils, permettent à ceux qui en sont exclus d’accéder en temps voulu à des soins abordables réduit les inégalités et améliore les capacités d’apprentissage, de travail et d’épanouissement des individus. La troisième recette tient à l’accès universel à une éducation de qualité. «Maintenant que les efforts visant à améliorer la scolarisation dans le monde ont porté leurs fruits, il s’agit de s’assurer que chaque enfant bénéficie dorénavant partout d’une éducation de qualité. Cet enjeu rejoint le programme «Education pour tous» des Nations Unies qui met l’accent sur les apprentissages, les connaissances et l’acquisition de compétences comme sur la qualité de l’enseignement. Le rapport suggère aussi les transferts monétaires aux familles démunies. Ces programmes, expliquent les chercheurs, fournissent aux ménages pauvres un revenu de base qui permet aux enfants d’être scolarisés durablement et aux mères d’accéder à une prise en charge médicale essentielle. «Ils peuvent également les aider à acheter des semences, des engrais ou du bétail et à surmonter des chocs dévastateurs, comme les sécheresses, les inondations, les pandémies, les crises économiques… Il a été établi que ces programmes réduisent fortement la pauvreté et ouvrent des perspectives, pour les parents comme pour les enfants », ajoutent-ils.
Cinquième axe d’intervention, les infrastructures rurales, en particulier les routes et l’électrification. L’étude constate que les routes, quand elles existent dans les zones rurales, réduisent les frais de transport, relient les agriculteurs aux marchés qui peuvent y écouler leurs produits, facilitent les déplacements des travailleurs et améliorent l’accès aux écoles et aux dispensaires. Grâce à l’électricité, les petites entreprises familiales gagnent en viabilité et productivité, deux facteurs critiques dans les communautés rurales pauvres. Enfin, le rapport soutient la promotion de la «fiscalité progressive». Des impôts équitables et progressifs permettent de financer les politiques et les programmes publics requis pour équilibrer la donne et transférer des ressources aux plus pauvres, sachant que des régimes fiscaux peuvent être conçus pour réduire les inégalités tout en limitant au maximum les coûts d’efficacité. Loin de constituer des recettes miracles, la Banque mondiale, rassure que toutes reposent sur des données probantes qui ont impacté positivement les couches les plus vulnérables.

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