Lutte contre la chenille légionnaire: La Fao appuie le Bénin par un projet de 128 millions F Cfa

Par Bruno SEWADE,

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une chenille légionnaire dans du maïs

Le gouvernement béninois vient d’être appuyé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) pour lutter contre la chenille légionnaire. Il a été lancé, ce mardi 17 avril à Cotonou, au cours d’un atelier, le projet Tcp/Ben 3605 appelé « Assistance d’urgence pour la lutte contre la chenille légionnaire au Bénin ».

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Dans vingt-quatre mois, un diagnostic approfondi de la situation d’attaque et d’invasion de la chenille légionnaire au Bénin sera réalisé. Des méthodes alternatives de lutte contre cette espèce seront testées en milieu réel et diffuées ; les capacités des techniciens et des brigades phytosanitaires du Bénin, dans le domaine de cette lutte seront renforcées ; de même que le renforcement des capacités nationales pour la surveillance, le suivi et l’alerte précoce sur lesdites chenilles légionnaires. Ce sont les principaux résultats attendus du projet Tcp/Ben 3605 appelé « Assistance d’urgence pour la lutte contre la chenille légionnaire au Bénin », lancé ce mardi à Cotonou. 

Financé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), pour un montant de 256 000 Usd, soit environ 128 millions de francs Cfa, ce projet vise à protéger les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des populations des zones touchées par les chenilles légionnaires. Les activités du projet permettront également de renforcer les capacités des principales parties prenantes dans la surveillance, le suivi et la gestion desdites chenilles.  
A la cérémonie de lancement du projet, le directeur de la production végétale, du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Roland Zoglobossou, a rappelé l’origine de la chenille légionnaire qui, dit-il, vient de l’Amérique latine. Il a souligné que les efforts déployés jusque-là contre ces espèces ne sont que des actions d’appoint pour limiter les dégâts. C’est pourquoi, il salue cette contribution de la Fao au Bénin dans le cadre de la lutte contre cette chenille.
Pour sa part, le chargé de programme de la Fao au Bénin, représentant le représentant intérimaire de la Fao au Bénin, Jean Adanguidi, indique que ce projet s’inscrit dans le cadre des efforts constants de son organisation à contribuer à vaincre la faim et la pauvreté dans le monde. Il est aligné, explique-t-il, à l’objectif de la Fao intitulé « Améliorer la résilience des moyens d’existence face à des menaces ou en situation de crise ». Le projet, ajoute-t-il, s’aligne aussi au plan stratégique de développement du secteur agricole 2017-2025, notamment l’objectif 3, intitulé « Renforcer la résilience des populations vulnérables et plus précisément des exploitations familiales agricoles, pastorales et halieutiques ».

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40 000 ha de maïs attaqués

Jean Adanguidi rappelle qu’en Afrique, notamment dans les régions du Centre et de l’Ouest, la présence de la chenille légionnaire d’automne a été confirmée pour la première fois début 2016 puis signalée fin 2016 et en 2017, dans plus de trente pays africains. Aussi, au Bénin, depuis avril 2016, souligne-t-il, des attaques particulièrement sévères dans des champs de maïs par la chenille légionnaire ont été observées sur toute l’étendue du territoire national.
Pour le représentant du représentant de la Fao, l’incidence de l’attaque a été globalement estimée à près de 40 000 hectares de maïs, un aliment de base consommé par plus de 300 millions de familles de petits producteurs africains en général et par les populations du Sud et du Centre Bénin en particulier. Ce qui représente une menace importante pour la sécurité alimentaire, les revenus et les moyens de subsistance déjà fragilisés par les effets néfastes des changements climatiques.
En lançant le projet, le secrétaire général adjoint du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Innocent Togla, a dit que ce mardi 17 avril 2018 est un jour mémorable pour le secteur agricole béninois. Après avoir souligné les conséquences de ces espèces ravageuses en Afrique et particulièrement au Bénin, il a applaudi cet appui de la Fao au gouvernement béninois qui s’est engagé depuis un moment dans la lutte contre ces chenilles.